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Compositeurs

Elliot Goldenthal  
Né le 2 mai 1954 à New-York (États-Unis).

Elliot Goldenthal

Ancré dans le courant de la musique contemporaine américaine, Elliot Goldenthal se démarque par la froideur de sa musique mais surtout sa violence, son atonalité et son travail sur le son. C'est une des plus grandes personnalités de la musque de film américaine des années 90 et 2000.

Incontournables du compositeur

Bio/Portrait

Elève de John Corigliano et d'Aaron Copland, Elliot Goldenthal a passé la majeure partie de sa vie à New York avec la musique et la composition comme seul but. Largement reconnu dans le milieu du théâtre, il arrive au cinéma en 1979 avec les très seventies Cocaine Cowboys et Blank Generation. Si cette expérience ne lui ouvre pas les portes du cinéma, il continue à écrire pour la scène.

1988 est l'année de Goldenthal : non content d'écrire une pièce symphonique somptueuse pour l'anniversaire de Leonard Bernstein (« Shadow Play Scherzo », malheureusement jamais édité), il écrit avec sa femme (Julie Taymor, future réalisatrice de Titus et de Frida) une pièce étrange et musicale : Juan Darièn : A Mass Carnival qui reçoit de nombreuses distinctions. Grâce à cet aura, Goldenthal est rappelé au cinéma pour écrire Pet Semetary (fortement inspiré par Amityville de Lalo Schiffrin) et Drugstore Cowboy (de Gus Van Sant, avec le tout jeune Matt Dillon à contre-emploi).
A partir de ce moment, Goldenthal va doucement se faire un nom dans le milieu du cinéma et après deux courtes compositions pour le cinéma et la télé (Criminal Justice en 1990 et Grand Isle en 1991), il est engagé pour marcher dans les pas de Jerry Goldsmith et de James Horner pour le film Alien3 réalisé (ou presque) par David Fincher. Son score, reconnu comme son chef d'œuvre par de nombreuses personnes, est peut être ce qu'il a fait de plus complexe et de plus difficile d'accès pour un blockbuster.

Commence alors la période dorée d'Elliot Goldenthal. En 1993 il se retrouve sur Demolition Man, film d'anticipation avec Sylvester Stallone et Sandra Bullock, et propose ici un score mélant diverses origines : rap, techno, orchestre. Goldenthal puisera souvent ses idées dans ce score lorsqu'il devra composer pour des films très chers et mauvais. Puis en 1994, après avoir signé la musique atmosphérique du documentaire sur l'extra-terrestre trouvé à Roswell, Goldenthal signe Cobb qui reste un de ses scores les plus intéressants et les plus méconnus. Il commence à utiliser certains accents musicaux qui referont surface pour A Time To Kill. Mais 1994 c'est surtout l'année de Interview with the Vampire, remplaçant George Fenton et composant en 14 jours le score qui rendit Goldenthal célèbre : 14 jours qui prouvent que ce n'est pas seulement le temps qui compte, c'est aussi le talent ! Le score est nominé aux Golden Globes et aux Oscars.

Après le sous-estimé et inconnu Voices, Elliot est engagé pour travailler avec Michael Mann et surtout reprendre la relève de Danny Elfman : Heat, qui est un score terriblement intéressant qui n'a pas reçu l'édition CD qu'il méritait malgré les problèmes entre Mann et Goldenthal. Il commence par ailleurs ici à mélanger clairement l'orchestre, possédant une écriture ancienne, avec des techniques et des instruments d'aujourd'hui, qu'on reverra dans In Dreams par exemple.

Batman Forever en 1995 est l'hideuse suite des deux films de Burton, mis en musique par Elfman. Goldenthal s'en sort plutôt bien mais surtout se permet de donner aux personnages et aux actions un coté grotesque ou exagéré... qu'on retrouve dans la mise en scène. A noter ici que les inspirations classiques se font beaucoup plus claires : Wagner pour le thème de Batman par exemple et une ribambelle de variations sur des thèmes ou des motifs déjà connus (valse, fox-trot...).

En 1996, il continue à travailler avec Joel Schumacher et Neil Jordan sur (respectivement) le noir A Time to Kill et l'irlandais Michael Collins. Si le second est bien connu, le premier reste mystérieux. Pourtant ce score permet encore une fois à Goldenthal d'innover, d'expérimenter en faisant jouer certains instruments au délà de leur limite d'aigu, créant ainsi un son gênant et déplaisant. Michael Collins offre au compositeur l'occasion d'utiliser à contre emploi les codes de la musique dite "irlandaise", offrant de superbes morceaux, intrigants.

Toujours avec les deux mêmes compères, il signe en 1997 Batman & Robin malheureusement jamais édité et qui offrait la possibilité avec Goldenthal de faire des morceaux d'action comme rarement entendus ! Les thèmes foisonnent dans ce score qui restera dans l'ombre. Butcher Boy, peut être l'un des meilleurs films de Neil Jordan, s'inspire quant à lui du jazz, du blues et du rock des années 60 laissant la porte ouverte aux variations classiques cher à Goldenthal : ici il reprend la fameuse « Lettre à Elise », la transformation en musique sale, lourde, glauque qui définit un personnage méchant et nauséabond. En 1998, il compose la bande originale du film de science-fiction Sphere avec Dustin Hoffmann et Sharon Stone. Il se lâche complétement, donnant une couleur propre à chaque monstre : certains groupes d'instruments (les vents deviennent les serpents, par exemple) deviennent agressifs et quasiment dangereux pour l'auditeur !

La grande année de Goldenthal semble être 1999. Devant travailler sur Titus, il ne peut pas composer la musique du film End of an Affair de Neil Jordan, qui sera faite par Michael Nyman. Goldenthal travaille donc sur le film de sa femme, Julie Taymor et crée une bande originale multiethnique : jazz, samba, grande musique classique, underscore léger, techno... A l'image du film, ce mélange gêne, dérange et crée une ambiance unique et atypique. Il finira l'année 1999 par le nouveau film de Neil Jordan : In Dreams (Prémonitions). Débridant à l'excès l'orchestre, le laissant allez hors des sentiers battus, rajoutant guitares électriques, saxophones aigus et faux, Elliot Goldenthal nous offre un voyage hors du commun dans la folie.

2001 : le chef d'œuvre de Goldenthal est né. Il s'appelle Final Fantasy. Brillante réutilisation de toute son œuvre passé, un thème formidablement dévoilé tout le long de l'album et du film, violences orchestrales dépassant parfois en puissance Alien3, Final Fantasy est peut être ce que Goldenthal a fait de mieux sur un blockbuster. L'année suivante il collabore à nouveau avec Neil Jordan avec son The Good Thief où il utilise des objets de tous les jours pour innover, et incorpore à sa musique les inspirations du film : raï, rock, musique orientale.

En 2003, il travaille à nouveau avec sa femme Julie Taymor et reçoit enfin son premier Oscar et son premier Golden Globe pour Frida. Collant encore une fois sa musique au ton et à l'ambiance du film, il transforme un biopic déjà hors du commun en un véritable tour de force musical. Sans parler de la chanson finale, belle et mélancolique à souhait !

Malheureusement, depuis tout ça, pas grand chose... à par le sympathique S.W.A.T. où il transforme un score classique et orchestral en bouillonnement musical à grand renfort de batteries et de guitares saturées. Sans être follement original, le score place clairement Goldenthal dans la case des compositeurs à succès. Mais il préfère prendre un peu de temps pour travailler sa prochaine œuvre : un opéra, écrit avec sa femme qui s'intitulera Grendel. Prochaines nouvelles durant l'année 2005...

 


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