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Compositeurs

John Williams  
Né aux États-Unis en 1932.

John Williams

Sa première oeuvre remarquée est "Comment voler un million de dollars" (William Wyler, 1966). Il clôture l’oeuvre d’Hitchcock avec "Complot de famille" en 1976. Il collabore avec les grands cinéastes modernes Robert Altman et Arthur Penn puis rencontre Steven Spielberg pour "The Sugarland Express" (1974) qu’il ne quitte plus. C’est avec Spielberg ("Jaws") et Georges Lucas ("Star Wars") qu’il invente des thèmes qui vont marquer durablement le cinéma américain de divertissement. Il détient le record de nominations aux Oscars : une quarantaine.

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Bio/Portrait

John Williams est aujourd'hui le dernier vétéran incontesté de la musique de film américaine (il détient le record de nominations aux Oscars : une quarantaine !). Probablement aussi un des plus grands compositeurs du XXème siècle, dans le sens où beaucoup de ses oeuvres sont aussi connues que les films auxquels il a participé. Un seul mot pourrait résumer sa carrière : mythique ! Films mythiques, musiques mythiques... Il a contribué à faire de la musique de film un genre à part entière, et une musique populaire dans la tradition de la composition classique pour orchestre. C'est lui qui a popularisé tous les codes de la musique hollywoodienne actuelle, en approfondissant le travail des compositeurs du Golden Age américain, codes que l'on retrouve encore et toujours au cinéma aujourd'hui. A plus de 74 ans désormais, John Williams demeure le compositeur de musique de film américain le plus respecté et le plus connu dans le monde.

A son palmarès, plusieurs immenses sagas devenues de véritables icônes de la culture américaine : l'inévitable Star Wars (épisodes IV, V et VI, puis les épisodes I, II et III), mais aussi Indiana Jones, ou encore Harry Potter (du premier au troisième opus) . Outre être très apprécié de George Lucas (l'auteur des Indiana Jones et de tous les Star Wars), John Williams est surtout connu pour être le compositeur attitré de Steven Spielberg. A deux exceptions près (Duel et La Couleur Pourpre), toutes les musiques des films de Spielberg sont signées Williams (le formidable thème d'Indiana Jones, l'extraordinaire score de Jurassic Park, la bouleversante musique de La Liste de Schindler (oscarisée en 1993 !), ou encore l'hymne de Il faut sauver le soldat Ryan, etc...). Mais il a également produit quelques merveilles en-dehors de ces collaboration régulières, avec notamment Furie de Brian De Palma (1978), Les Sorcières d'Eastwick de George Miller (1987), ou encore J.F.K d'Oliver Stone (1991), pour ne citer que ceux-là.

John Williams est un habitué des récompenses : à son actif, cinq Oscars, dix-sept Grammys Awards, quatre Golden Globes, deux Emmys Awards et cinq BAFTA Awards de l'académie britannique du cinéma et de la télévision. Plus connu pour ses musiques de film et ses musiques de cérémonies, Williams est également un compositeur de concert remarquable et un chef d'orchestre renommé.

Le petit Johnny Williams est né à New York en 1932. A l'âge de 16 ans, il déménage à Los Angeles avec sa famille. C'est là qu'il intègre l'UCLA et étudie la composition avec Mario Castelnuovo-Tedesco, son professeur particulier. Après son service dans l'Armée de l'Air, le jeune Johnny Williams revient à New York pour intégrer la prestigieuse Juilliard School, où il étudie le piano avec Rosina Lhevinne. C'est à cette époque qu'il gagne sa vie en tant que pianiste de jazz, dans les clubs new-yorkais et en jouant pour des enregistrements. Il revient alors à Los Angeles, pour entamer sa carrière dans l'industrie du cinéma : il parvient à intégrer la principale agence hollywoodienne de l'époque et devient assistant de compositeurs tels que Bernard Herrmann, Alfred Newman, et Franz Waxman (excusez du peu). Il commence rapidement à écrire de la musique pour de nombreuses émissions télévisées dans les années 60, gagnant dans la foulée deux Emmy Awards pour ce travail.

Parmi ses premières oeuvres pour le petit écran, on peut citer La Grande Caravane (1957), Echec et mat (1960), Le Virginien (1962), La route des rodéos (1962), Haute Tension (1963), L'île aux naufragés (1964) ou Perdus dans l'espace (1965). Il compose sa première oeuvre pour le cinéma en 1958 pour Daddy-O. Mais sa première oeuvre remarquée est How To Steal a Million (Comment voler un million de dollars) en 1966 de William Wyler. On peut citer vers la même époque Valley of the Dolls (Vallée des poupées) et Fitzwilly en 1967, où son amour pour le jazz se fait encore ressentir. Il enchaîne ainsi les musiques de comédies et de petits films dramatiques, parfois musicaux (Goodbye Mister Chips, The Reivers...) ou de westerns (The Cowboys de Mark Rydell, avec John Wayne en 1972), avant de composer une "oeuvre OVNI" pour Images de Robert Altman, où il développe un sens de la musique atonale qu'on lui connaissait peu, maniant avec brio les techniques les plus avant-gardistes de la musique contemporaine, comme le fit vers la même époque Jerry Goldsmith sur Planet Of The Apes. Ce sera par ailleurs la quatrième et ultime collaboration entre Williams et Altman.

C'est en ce début des années 70 qu'il entame une série de plusieurs films catastrophes, tels que The Posedion Adventure (L'Aventure du Poseidon, 1972), Earthquake (Tremblement de Terre, 1974), The Towering Inferno (La Tour Infernale, 1974), pour en arriver à l'inévitable Jaws (Les Dents de la Mer, 1975), pour le second film de Steven Spielberg (ils avaient déjà fait ensemble The Sugarland Express en 1973). Il s'agit là de son premier succès international : la simple répétition de deux notes (symbolisant les mâchoires du requin) fait sensation et participe pour beaucoup du succès du film. Avec un minimalisme cru, John Williams réinvente la musique de film : sa fonction n'est plus seulement illustratrice, elle évoque musicalement des sensations et des émotions que l'image ne font que suggérer, et ce avec une efficacité redoutable. Pour la petite histoire, lorsque Williams joua au piano le thème de Jaws devant Spielberg, ce dernier rétorqua simplement : "c'est tout ?". Il n'y croyait pas une seconde, mais pourtant, force est de constater que sur les images, ce thème est devenu culte. Cette musique lui vaut un deuxième Oscar, après celui reçu en 1971 pour Fiddler in the Roof.

En 1976, il retrouve le western sur The Missouri Breaks pour le film d'Arthur Penn (avec Marlon Brando et Jack Nicholson), signant l'une de ses partitions les plus minimalistes mais aussi parmi les plus inventives. Il entame alors sa courte période "films de guerre" en composant le score de Midway (La Bataille du Midway, avec Charlton Heston et Henry Fonda), puis revient au film catastrophe avec Black Sunday (Dimanche Noir de John Frankenheimer, 1977), partitions développant son penchant pour les orchestrations massives et sombres. C'est aussi à cette époque qu'il collabore avec le grand Alfred Hitchcock, mettant en musique le tout dernier film du maître, Family Plot (Complot de famille, 1976), avec une musique toute en ironie. Il succèdera aussi à Bernard Herrmann (compositeur historique d'Hitchcock) sur The Fury de Brian De Palma en 1978.

Il enchaîne alors en mettant en musique le second film d'un certain George Lucas (ami de Francis Ford Coppola et de Steven Spielberg) : un film de science-fiction fait de bric et de broc naïvement titré Star Wars, auquel personne ne croit hormis son auteur et quelques membres de la bande de Coppola (dont faisait aussi partie Martin Scorsese, qui fût l'un des premiers à lire le script). John Williams se trouve malgré tout inspiré par l'histoire, les personnages et le visuel du film, et écrit une ouverture triomphante sans le moindre second degré : le succès est total. En 1977, la carrière de John Williams est à son apogée : le thème de Star Wars (La Guerre des Étoiles) devient un succès planétaire et est même remixé en tube disco pour être dansé dans les clubs de vacances pendant l'été 77 ! Il reçoit par la même occasion un troisième Oscar pour cette musique, deux ans seulement après Jaws.

La même année, il signe la musique du quatrième film de Steven Spielberg, Close Encounters of the Third Kind (Rencontres du troisième type), où il développe un motif mystérieux et entêtant de cinq notes, qui dispose une fois de plus d'une grande place dans le film (c'est le "signe" des extra-terrestres). Le reste de la partition (l'une de ses meilleures) est un véritable tour de force orchestral, développant une ambiance dérangeante et étrange (qu'on retrouvera trente ans plus tard dans La Guerre des Mondes). En 1978, il compose plusieurs autres partitions majeures, telles que The Fury (Furie) pour Brian De Palma, où il remplace au pied levé Bernard Herrmann récemment disparu, et écrit une partition sombre et grandiose (parmi les plus réussies de cette époque), mais aussi Jaws 2 (musique de grande facture pour un film qui l'est moins), ainsi que le fameux Superman de Richard Donner, dans la veine des thèmes héroïques dont il est désormais le spécialiste. L'année suivante, il écrit une nouvelle partition spectaculaire dans le style de Furie pour le Dracula de John Badham (1979), partition gothique et torturée. Il enchaîne une nouvelle collaboration avec Steven Spielberg sur 1941, en écrivant une musique toute aussi délirante que ce film méconnu (l'un des plus drôles de Spielberg), pleine de clins d'oeils, où sa marche militaire très "second degré" rend le film assez cynique.

En janvier 1980, John Williams est nommé dix-neuvième chef d'orchestre du Boston Pops Orchestra. Il assumera ce titre jusqu'en décembre 1993.

Il signe alors la partition du second volet de la trilogie Star Wars : The Empire Strikes Back (L'Empire Contre-Attaque). Réalisé par Irvin Kershner, ce film charnière de la trilogie donne une profondeur insoupçonnée au récit de George Lucas, et offre l'occasion à John Williams d'écrire une partition d'une rare complexité, sombre et déchaînée. Il s'agit sans aucun doute de sa plus grande réussite musicale pour la saga, tant les motifs sont nombreux, profonds et complexes : c'est aussi l'apparition du célèbrissime thème de l'Empire, illustrant Darth Vador, l'un des personnages le plus charismatiques de l'histoire du cinéma.

En 1981, il retrouve Spielberg sur un tout nouveau projet d'aventures écrit par George Lucas : Raiders Of The Lost Ark (Les Aventuriers de l'Arche Perdue). Ce concept fraîchement nouveau de film d'aventures à l'ancienne mêlant action et archéologie fait immédiatement fureur : John Williams compose pour l'occasion une fanfare héroïque mémorable, devenu véritable hymne du cinéma d'aventures à l'américaine. Ce score, particulièrement inspiré, développe également de nombreux motifs secondaires brillants, tantôt romantiques, tantôt mystérieux, et des passages d'action d'une virtuosité à couper le souffle. La même année, Williams signe la musique intimiste et pour le moins curieuse de Heartbeeps (avec Andy Kaufman en guest star), score électronique très atypique du compositeur, pour une histoire de robots décidés à fonder une famille... Un autre OVNI dans sa carrière !

En 1982, John Williams signe un nouveau succès pour Steven Spielberg : le célèbrissime E.T. the Extra-Terrestrial (E.T. l'extra-terrestre), où Williams compose un thème bourré de malice et d'aventures, symbolisant une amitié sans limite. Ce score, loin d'être naïf pour autant, comporte d'excellents passages intimistes et des morceaux d'action extraordinaires (une fois de plus !). C'est un nouveau succès planétaire pour le désormais célèbre tandem Spielberg / Williams, et un quatrième Oscar de la meilleure musique pour le compositeur. L'année suivante, John Williams achève la première trilogie de Star Wars avec The Return Of The Jedi (Le Retour du Jedi, 1983), où il développe les motifs précédents avec brio, mais en crée assez peu de nouveaux.

En 1984, John Williams signe la suite des aventures d'Indiana Jones dans Le Temple Maudit (Indiana Jones & The Temple of Doom) : tantôt purement ludique, tantôt terriblement sombre (la scène du sacrifice, illustrée de choeur ténébreux, marquera longtemps les esprits), ce score se démarque une fois de plus par ses morceaux d'action exemplaires. Malheureusement le CD est assez difficile à trouver aujourd'hui, et beaucoup de fans en attendent une réédition plus complète.

Après une apparition musicale sur les chaînes télévisées dans la série Amazing Stories (aux côtés de Georges Delerue et de nombreux autres compositeurs américains prestigieux), Williams revient à la science-fiction avec Spacecamp (mais le résultat n'est pas très convainquant), et s'attaque de nouveau à la comédie avec The Witches Of Eastwick (Les Sorcières d'Eastwick de George Miller, 1987), avec un score inspiré et étonnant, réédité en CD en 2006 après avoir été introuvable pendant des années.
La même année, il retrouve Spielberg sur The Empire of the Sun (L'Empire du Soleil) et écrit une fanfare chorale mémorable pour ce film poingant se déroulant durant la seconde guerre mondiale. Enfin, en 1989, il compose la troisième partition de la trilogie Indiana Jones : Indiana Jones et la dernière croisade. Une fois encore, les cabrioles d'Harrison Ford inspirent hautement le compositeur américain : il signe ici la meilleure partition de la trilogie, et ce que beaucoup considèrent comme son chef-d'oeuvre des années 80 : humour, action, romantisme, mysticisme, grandeur, mystère, tout y est ! Un classique indémodable qui fait merveille à l'écran.
La même année, il entame une collaboration avec le réalisateur Oliver Stone, sur Born On The Fourth of July (Né un 4 Juillet). Le thème composé par Williams sur ce film est terriblement poignant : l'un des plus beaux mais aussi des plus sombres qu'il ait créé.

En 1990, il compose l'un des scores de comédie les plus mémorables de sa carrière : Home Alone (Maman, j'ai raté l'avion) pour Chris Colombus (ainsi que sa séquelle Home Alone 2 : Lost in New York, tout aussi excellente - 1992), puis Hook en 1991, considéré à juste titre comme l'une de ses musiques plus riches et les plus inspirées. Il faut dire que les principales mélodies de Hook ont mûries depuis une dizaine d'années déjà par Williams, qui envisageait d'écrire une comédie musicale sur Peter Pan avec Spielberg à la mise en scène. Ce projet deviendra le film que l'on connaît. Ce score, réputé pour comporter près d'une quinzaine de motifs différents, donne un souffle magique et fantastique sans précédent au film de Spielberg : une fois de plus, l'osmose est parfaite et le succès est total. Le film suivant du célèbre tandem est du même topo : Jurassic Park est une nouvelle fois un exemple de thèmes efficaces, tantôt subtils et majestueux, tantôt trépidants et terrifiants. Williams signe avec Jurassic Park (et sa séquelle The Lost World) des passages orchestraux dignes des plus grands films horrifiques. Un autre classique du maître.

Toujours en 1991, il retrouve Oliver Stone sur J.F.K, et compose une musique d'un suspense redoutable et à l'orchestration fine et subtile, mêlant passages atmosphériques flippants et morceaux à l'écriture quasi-expérimentale, avec un soupçon de grandeur sur le final. Un score étonnant et particulièrement inspiré. Quatre ans plus tard, le tandem Stone / Williams réitèrera sur Nixon (1995), un peu dans le même style, évoquant les films complotistes des années 70 mis en musique par David Shire ou Michael Small (Les hommes du président, Klute). Une veine que l'on retrouvera dans Munich.

Mais ce n'est pas fini : en 1993, John Williams écrit également la musique de Schindler's List (La Liste de Schindler) pour la fresque de Spielberg : le thème principal, interprété par le violon bourré de sensibilité d'Itzhak Perlman, est d'un impact absolu dans le film. L'académie des Oscars récompensera Williams d'une fameuse statuette pour cette leçon de musique magistrale, bourrée de sensibilité et de subtilités. Ce sera son cinquième et dernier Oscar à ce jour.

Après quelques partitions pour d'autres réalisateurs (Sabrina pour Sydney Pollack en 1995, Sleepers pour Barry Levinson en 1996, Sept ans au Tibet pour Jean-Jacques Annaud en 1997, Les Cendres d'Angela d'Alan Parker en 1999), qui permettent de découvrir la facette plus intimiste du compositeur, John Williams retrouve Spielberg en 1997 sur le plutôt réussi Jurassic Park II : Le Monde Perdu, puis en 1998 sur Saving Private Ryan (Il faut sauver le soldat Ryan), pour lequel il compose un hymne solennel magnifique en mémoire des soldats américains morts sur les plages normandes. En 1999, il retrouve également George Lucas sur Star Wars: Episode I - The Phantom Menace, et développe plusieurs nouveaux motifs pour la saga, notamment le mémorable "Duel of the Fates" avec ses choeurs d'hommes grandioses qui devient un nouveau "tube de la BO".

En 2000, il collabore avec Roland Emmercih sur The Patriot, partition mineure d'inspiration très américaine, puis accouche d'un nouveau chef-d'oeuvre pour un film de Spielberg : A.I. Artificial Intelligence (2001). Si le film divise par sa mièvrerie, la musique demeure subtile et profonde, très respectueuse des idées originales de Kubrick autour de l'idée d'un enfant-robot désireux de trouver l'amour et le réconfort des sentiments.

C'est également en 2001 qu'il entame une nouvelle saga désormais célèbre : Harry Potter. Le premier opus, réalisé par Chris Colombus, laisse entrevoir un univers riche et fouillé, extraordinairement bien pensé musicalement : la plupart des motifs présents dans les épisodes suivants sont déjà entendus en filigrane dans le premier opus. Le second film développe ces motifs, et en apporte un nouveau : le magnifique thème du phoenix, probablement l'un des plus émouvants composés par la maître. Le dernier score composé par Williams pour la série en 2004, Harry Potter & The Prisoner of Azkaban, est quand à lui une merveille absolue de la musique de film : jonglant avec une aisance déconcertante avec tous les styles abordés par Williams au cours de sa carrière (jazz, action, mélodies dramatiques, thèmes héroïques), c'est un must du genre, qui sera unanimement acclamé par de nombreux fans partout dans le monde.

Parallèlement, il continue sa collaboration régulière avec Steven Spielberg (plus prolifique que jamais) sur l'excellent Minority Report (2002), puis Catch me if you Can (Arrêtes-moi si tu peux, 2003) et Le Terminal (2004) où il remet au goût du jour respectivement son style action/SF, son écriture de jazz pour film intimiste, et son style de comédie dramatique. Des musiques inspirées et variées, toujours très adaptées aux films, et souvent étonnantes.

En parallèle de ses travaux pour Spielberg, John Williams continue à signer pour George Lucas les épisodes suivants de la prélogie Star Wars. En 2002, il délivre une partition plutôt inspirée pour Star Wars: Episode II - Attack of the Clones. Si l'ensemble demeure peu étonnant, le score recèle beaucoup de subtilités en filigrane, et développe un thème romantique particulièrement mémorable. Du vrai travail de professionnel, plutôt jouissif dans son genre, qui annonce un Episode III encore plus sombre et complexe. Musique qu'il achève et enregistre à Londres au début de l'année 2005, et qui fait sensation dès la sortie (très attendue) de l'ultime volet de la saga. On dit alors que John Williams n'aurait accepté de mettre en musique l'ensemble de la prélogie qu'à la seule condition de pouvoir s'offrir cet Episode III. Véritable chef d'oeuvre, Star Wars: Episode III - La Revanche des Sith est sûrement l'une des musiques de la saga Star Wars les plus abouties, mélodiquement et stylistiquement, achevant avec grandeur et génie l'une des plus grandes saga que le cinéma nous ait donné à voir. Bourré de thème grandioses et mémorables, alternants passages d'actions à l'orchestration virtuose ("General Grevious"), duels dantesques ("Anakin vs. Obi-Wan") et séquences d'émotion déchirantes ("Padmé's Lamentations"), cet ultime musique de John Williams pour la saga de George Lucas est un véritable coup de maître, qui restera certainement longtemps inégalée.

L'année 2005 sera effectivement l'année des coups de maître, que John Williams enchaînent les uns après les autres avec une facilité déconcertante. En juin, il enregistre le score de La Guerre des Mondes de Steven Spielberg, pour ce qui demeure l'un des plus impressionnants films du cinéaste américain. Le musicien accouche d'une partition ultra-sombre, aux sonorités abrubtes et radicale inspirées du Sacre du Printemps de Stravinsky. C'est peut-être l'une de ses musiques les moins accessibles (Williams, spécialiste du leitmotiv, n'en compose ici presque pas), mais aussi l'une des plus intéressantes de son oeuvre, tant la musique prends aux tripes. En septembre, il met en musique Mémoires d'une Geisha pour Rob Marshall (film produit par Spielberg qui envisageait de le réaliser), en délivrant un score orientalisant doux et subtil, d'un raffinement extrême (qui lui vaudra un quatrième Golden Globe). Chose rare, Williams a demandé lui-même à faire ce film voyant ici l'opportunité de s'approprier des instruments asiatiques. On y retrouve quelques échos d'Images d'Altman où il utilisant déjà des percussions japonaises. Enfin, toujours en 2005, il compose dans la foulée Munich pour Spielberg, qui enchaîne lui aussi les chef d'oeuvres avec une rapidité étonnante. Avec Munich, John Williams n'étonne pas, mais il émeut. Profondément. Retrouvant momentanément sa verve torturée pour les thrillers politiques d'Oliver Stone (JFK, Né un 4 Juillet), il sait également émouvoir par un thème lyrique déchirant de beauté et de profondeur, ou avec un simple solo de guitare. Tantôt lyrique et romantique, tantôt radical et expérimental, John Williams, qui n'a plus rien à prouver, nous délivre depuis quelques années de véritables bijoux, preuves d'une extrême matûrité musicale, qui font véritablement honneur à la musique comme au cinéma.

Après deux ans d'absence sur le grand écran, John Williams revient finalement en 2008 avec l'une des suites les plus attendus des années 2000 : Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, où il retrouve Steven Spielberg pour la 23ème fois (ainsi que la saga Indiana Jones 19 ans après le dernier film). Les fans sont mitigés bien que le compositeur délivre un score d'une grande virtuosité, et de nouveaux thèmes mémorables (le malicieux thème de Mutt, le thème langoureux de Irina, le motif inquiétant du crâne de cristal). Désormais, John Williams se fait rare, ne travaillant pour le cinéma qu'avec Steven Spielberg. Entre temps, il fait quelques apparitions publiques lors de concerts aux Etats-Unis et compose des oeuvres de célébration (notamment "Air and Simple Gifts"  pour l'investiture d'Obama en 2009), des concertos et des oeuvres de musique de chambre.

Il faudra donc attendre 2011 et l'adaptation de Tintin par Spielberg pour entendre une nouvelle partition du maître au cinéma, sa première pour un film d'animation (qui n'en est pas vraiment un, puisque réalisé en performance capture avec des comédiens). Le musicien signe un score malicieux et vivace, très dynamique, d'une immense virtuosité d'écriture, bourré de thèmes subtils. Les motifs sont moins évidents que par le passé, John Williams enfouis davantage les mélodies, les décompose, mais elles sont toujours bien là. Très vite, John Williams et Steven Spielberg reviennent au cinéma traditionnel avec War Horse (Cheval de Guerre, 2012), véritable hommage aux grandes fresques du technicolor. La collaboration entre les deux hommes atteint ici des sommets dans la fusion et l'impact à l'image, la subtilité de la musique répondant à la virtuosité du montage et à la beauté des images. Williams et Spielberg ne collaborent plus ensemble, il forment un couple harmonieux qui se comprends sans se parler. Cela se ressent directement dans les images qui, comme la musique, évoquent aux sens du spectateur le ressenti du cheval dont on nous raconte l'histoire, sans pathos, sans fioriture. De l'émotion pure, avec un cinéma dépouillé dans sa plus simple expression.

Que dire, au bout de ces quelques quarante ans de carrière, si ce n'est que John Williams est incontestablement le plus réputé et le plus impressionnant de tous les compositeurs de musique de film encore vivants ? Mais c'est surtout un musicien de génie qui sait sans cesse renouveler et approfondir son style orchestral, et créer des partitions mémorables avec parfois peu de choses. Respect total.

Sylvain Rivaud

Hormis les musiques de film, il a aussi composé pour des cérémonies (telles que SUMMON THE HEROES pour les J.O d'Atlanta en 1996, ou WE'RE LOOKING GOOD pour les olympiques spéciales en 1987). Il a également composé de la musique classique (2 symphonies et 2 concertos). Ayant dirigé de nombreux orchestres (tels que le Boston Pops Orchestra) et ayant obtenu de nombreux diplômes, John Williams s'est forgé une immense et riche carrière musicale. Bon nombre de compositeurs ont essayés d'imiter son style, mais en vain. Peu de compositeurs lui arrivent à la cheville...

Quentin Billard

 


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© Photo en médaillon : Sylvain Rivaud (Cinezik.fr)


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