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Compositeurs

Gabriel Yared  
Né en 1949 à Beyrouth.

Gabriel Yared

En près de 25 ans de carrière, il s'est imposé comme l'un des compositeurs de musique de film les plus demandés à l'étranger. Il a signé de nombreuses partition hollywoodiennes, dont celle du PATIENT ANGLAIS (Oscar en 1996).

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Bio/Portrait

Pas de grandes universités ni d’illustres professeurs pour Gabriel Yared ! 

Né à Beyrouth, il doit se débrouiller par lui-même et seul son immense amour de la musique va lui permettre de devenir l’un des compositeurs français les plus recherchés dans le monde.

Agé de 4 ans, le petit Gabriel entre aux Jésuites en pensionnat. Rapidement, et de sa propre initiative, il s’intéresse à la musique. Il passe son temps à la bibliothèque musicale et n’hésite pas à jouer sur l’orgue de l’école. C’est ainsi que le futur compositeur parviendra à apprendre – seul ! – le solfège en déchiffrant l’œuvre des grands maîtres. Remarquant son attrait pour la musique, son père lui offre des cours d’accordéon. Mais alors qu’il a neuf ans, son professeur estime n’avoir plus rien à lui apprendre. Le jeune garçon passe alors à la vitesse supérieure en prenant des cours de piano, instrument qu’il a du mal à apprivoiser, de son propre aveu. Il préfère, et de loin, continuer à étudier les partitions. Il y passe tout son temps, n’hésitant pas à sacrifier ses récréations. Gabriel Yared a 14 ans lorsque son professeur décède. Il prend tout naturellement sa place comme organiste de l’université St Joseph. Il écrit alors sa première composition, une valse pour piano.

Pourtant, ses parents n’envisagent pas de lui donner une formation musicale classique. Le jeune homme commence son droit, où il doit apprendre en français et en arabe. Le fait de devoir écrire dans les deux sens, gymnastique particulière, lui sera d’un grand secours pour la rédaction de partitions. L’accès à la musique reste cependant délicat chez les Yared. Seul L’ORTF diffuse des tubes de variété française. Il en va de même pour les partitions classiques, même si son père lui en ramène de temps en temps de ses nombreux voyages. A 17 ans, le jeune Gabriel compose un chœur mixte d’après un poème de Paul Valéry. A 19, un trio pour piano, violon et violoncelle. Il commence à donner des concerts et s’intéresse aux Beatles et à Marvin Gaye.

Gabriel Yared arrive en France en 1969. Il étonne d’emblée ses professeurs de l’école Normale de musique où il suit les cours libres malgré son manque de bases. Ces derniers le pousse à suivre une formation plus académique. En 1971, c’est l’aventure brésilienne. Le jeune homme rejoint son oncle pour 15 jours… Il y reste 18 mois et tombe amoureux de ce pays dont il apprend la musique et les rythmes. Il décide de s’y installer, obtenant même un permis de travail. Il retourne au Liban dire au revoir à ses parents, repasse par Paris… Et s’y installe en devenant orchestrateur ! Il travaille pour Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud. Ces multiples expériences lui permettent de faire beaucoup d’expérimentations. Mieux : grâce à l’argent récolté, il s’achète – enfin – toutes les partitions dont il rêve afin de continuer à étudier. Il devient aussi compositeur de chansons pour Françoise Hardy, Michel Fugain ou encore Michel Jonasz pour qui il continuera à orchestrer (la sublime chanson « Les lignes téléphoniques », entre autres…) et travaille pour la publicité et la télévision. Le générique du journal télévisé de TF1, c’est lui ! Le musicien se lance même dans la chanson en sortant un album. Expérience qui restera sans suite, même si Yared avoue adorer chanter. Gabriel Yared fait un break en 1979 afin de se perfectionner, encore et toujours. Il suit des cours de contrepoint et de fugue au conservatoire de Paris. Entre temps, il a déjà composé une musique de film pour Samy Pavel : Mis O Ginie ou les hommes fleurs en 1975.

Mais c’est en 1979 que débute réellement sa carrière de compositeur pour l’image. Paradoxalement, et de son avis même, Yared n’aime pas le cinéma ! Jacques Dutronc lui présente Jean-Luc Godard. Ce dernier désire plus une orchestration autour d’un thème existant qu’une BO ! Las d’orchestrer, le compositeur envoie Godard sur les roses ! Ce dernier, amusé, revient pourtant à la charge, et l’expérience s’avère exceptionnelle pour Yared. Il ne verra pas une seule image du film, et c’est bien ainsi qu’il conçoit alors son travail. Gabriel Yared n’aime pas être soumis aux images. Il préfère que son imagination travaille seule. Il considère ainsi Sauve qui peut, la vie comme sa première véritable musique de films. Durant les années suivantes, le musicien adoptera la même ligne de conduite : moins il en voit, mieux c’est ! Il débute ainsi en 1983 une collaboration avec Jean-Jacques Beineix (La lune dans le caniveau), et signe des partitions marquantes pour Christian de Challonge (Malevil, 1981) Jean-Pierre Mocky (Agent trouble, 1987) ou Bruno Nuytten (Camille Claudel, 1988). Ce n’est qu’en 1992 que le compositeur change sa façon de travailler sur L’amant de Jean-Jacques Annaud. Il accepte de composer sur le film terminé. Ce revirement lui permettra sans aucun doute d’avoir une ouverture sur le marché international. Il procède en effet de même sur Le Patient Anglais de Anthony Minghella en 1996 et obtient un Oscar dans la foulée !

Dès lors, Gabriel Yared partage son temps entre la France et Hollywood mais semble surtout composer pour le marché américain ces derniers temps, nous offrant quelques scores excellents : Message in the Bottle de Luis Mandoki en 1999, Le Talentueux Mr Rypley la même année, et Cold Mountain en 2003, toujours pour Minghella.

Sa récente – mauvaise – expérience sur Troy de Wolgang Petersen où son sublime score sera rejeté au profit de celui de James Horner, n’entame en rien sa popularité toujours croissante, puisque Gabriel Yared a remporté l’année dernière au festival de Gand (Belgique) deux « World Soundtrack Awards », dont celui de compositeur de l’année !

Parallèlement à son travail pour le cinéma, Yared travaille sur de nombreuses musiques de ballet, notamment pour Carolyn Carlson et Roland Petit qui lui permettent de laisser libre cours à son imagination, puisqu’il n’y a pas le support image. Constamment en mouvement, Yared se définit encore aujourd’hui comme un « autodidacte ». Pour notre plus grand plaisir.

Christophe Olivo

© Photos : Benoit Basirico, Cinezik


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