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Edward aux Mains d'Argent  (1991)

Edward Scissorhands

MCA Records (11 décembre 1990) - 0:52:20 - en digital | Original Score [musique originale]


Danny Elfman retrouve Tim Burton après "Pee-wee's Big Adventure" (1985), "Beetlejuice" (1988) et le succès de "Batman" (1989).

[© Texte : Cinezik]
Edward aux Mains d'Argent

Tracklist

1. Introduction (Titles) (2:36)
2. Storytime (2:35)
3. Castle On The Hill (6:25)
4. Beatiful New World / Home Sweet Home (2:05)
5. The Cookie Factory (2:14)
6. Ballet De Suburbia (Suite) (4:17)
7. Ice Dance (1:45)
8. Etiquette Lesson (1:38)
9. Edward The Barber (3:19)
10. Esmeralda (0:27)
11. Death! (3:29)
12. The Tide Turns (Suite)
(5:31)
13. The Final Confrontation (2:17)
14. Farewell... (2:46)
15. The Grand Finale (3:26)
16. The End (4:47)
17. With These Hands * (2:43)

* Performed by Tom Jones

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Pour sa quatrième collaboration à un film de Tim Burton, Danny Elfman a écrit une partition magnifique pour « Edward Scissorhands », musique est féerique et poétique, à la fois riche, belle et entraînante, remplie de cette magie unique qui fait de la musique de film une expérience musicale à part entière ! Le compositeur articule ainsi sa partition autour du thème d'Edward, sorte de valse lente et mélancolique très célèbre, débutant sur une partie de célesta quasi mécanique, le célesta apportant ici une couleur véritablement féerique et poétique à l'histoire, tout en rappelant l'univers de « conte » et de « fable » du film (à noter que c'est Shirley Walker qui s'est occupé de la direction d'orchestre, Danny Elfman ayant déjà collaboré avec elle sur « Batman »). Le thème de la valse est alors développé par les cordes et un choeur d'enfants magnifique, le choeur apportant ici une véritable magie poétique à la partition d'Elfman (tout en rappelant le côté parfois enfantin d'Edward qui, bien qu'adulte, est resté un enfant qui découvre progressivement la vie). Le thème d'Edward se veut à la fois triste et lent, une mélodie gracieuse et envoûtante illustrant la fragilité d'un être qui découvrira la vie avec ses bons et ses mauvais côtés, en faisant successivement l'expérience de l'amour et de la haine. « Introduction » plonge à merveille le spectateur au coeur même de l'histoire. Annoncé avec beaucoup de sensibilité, le thème d'Edward, intimement poétique, mélancolique et raffiné, cède ensuite sa place à une chorale quasi féérique qui renforce à la perfection la douce tristesse de cette introduction : un grand moment de musique dans la filmographie de Tim Burton, preuve que Danny Elfman possède aussi une certaine sensibilité qu'il n'avait jusqu'à présent pas vraiment eu l'occasion d'exprimer dans ses films précédents.

Danny Elfman est effectivement connu comme un compositeur fantaisiste et hors norme, capable des pires excentricités dans sa musique - c'est en ce sens où sa collaboration avec Tim Burton est unique à plus d'un point, les deux compères partageant ainsi le même goût pour l'anti-conformisme et la fantaisie. La musique de « Edward Scissorhands » témoigne avec brio du style original et rafraichissant de la personnalité musicale hors normes de Danny Elfman, mais aussi d'une sensibilité plus profonde. Beaucoup considèrent d'ailleurs que la partition d'Edward Scissorhands constitue un des plus beaux exemples du talent du compositeur, un talent évoque ici sous toutes ses formes. On retrouve effectivement toutes les différentes facettes de la personnalité musicale de Danny Elfman dans ce film : la tristesse suave et la sensibilité poétique du thème d'Edward, la tendresse et le lyrisme poignant du thème romantique et ses choeurs féériques entendus lors de la séquence où Edward taille un bloc de glace avec ses mains ciseaux, répandant dans tout son entourage de la neige (« Ice Dance »), symbole de la présence d'Edward (une scène purement féérique d'une grande beauté !). On retrouve aussi dans cette partition une facette plus sombre et amère, constituée de tension, avec la peur et la haine qui finissent par s'emparer d'Edward après que ce dernier ait été maltraité par l'ex-petit ami de Kim, sa dulcinée (Winona Ryder). On retrouve aussi cette ambiance plus sombre et agressive lors de la séquence finale où Edward affronte cet ignoble individu dans « Final Confrontation », un morceau dans lequel on retrouve le style « thriller » plus agressif et dissonant de Danny Elfman (qui rappelle ici certaines mesures de la partition colossale pour « Nightbreed »). Enfin, on retrouve aussi la fantaisie ironique et grinçante si chère au compositeur à travers le délirant « Ballet de Suburbia », dans lequel Elfman illustre avec un certain humour noir les commérages des voisines à travers tout le quartier. Elfman fait intervenir de manière inattendue l'accordéon et compose pour l'image une sorte de ballet fantaisiste qui accompagne les allers et venues des voisines qui gesticulent dans tous les sens à travers les rues du quartier pour cancaner à propos du nouveau venu, Edward.

La partition de « Edward Scissorhands » tire surtout son épingle du jeu dans le fait que Danny Elfman nous y réserve quelques petites surprises, comme le fantaisiste « Ballet of Suburbia » ou le merveilleux « Farewell », sans oublier le grandiose « The Grand Finale ». Danny Elfman articule donc l'essentiel de sa partition autour de l'orchestre symphonique habituel accompagné par une chorale quasi angélique qui représente à la fois les sentiments naissants d'Edward et sa rencontre avec le monde et la magie qu'il apporte aux gens de son entourage qui finissent par l'aimer et l'accepter tel qu'il est. Les choeurs apportent ici une véritable magie poétique et féerique à l'histoire d'Edward, mais aussi de son expérience de l'amour avec Kim. Danny Elfman utilise ici quelques instruments de façon plus fantaisiste comme c'est le cas de l'accordéon ou du saxophone dans « Ballet of Suburbia » avec ses orchestrations ultra inventives, sans oublier la partie virtuose du violon soliste du très coloré et frénétique « Edward The Barber », qui imite avec brio le style de certains « Capriccio » de Paganini - chose véritablement étonnante pour un compositeur autodidacte et sans réelle formation classique comme Danny Elfman, preuve de l'imagination fertile et du talent incroyable du compositeur. Concernant « Ballet of Suburbia », il est assez amusant de remarquer à quel point le musicien joue ici constamment sur des différentes couleurs instrumentales d'une fluidité étonnante, des couleurs qui renvoient clairement à l'écran aux figures ultra colorées de la banlieue de Suburbia. Cet aspect fantaisiste et coloré revient ainsi dans tous les morceaux évoquant les dons et les exploits d'Edward : « Edwardo the Barber » par exemple, avec son violon quasi tzigane d'une virtuosité incroyable, sans oublier les rythmes fantaisistes et les orchestrations débridées de « The Cookie Factory » pour une scène évoquant une nouvelle invention du créateur d'Edward, morceau typique de Danny Elfman. A noter d'ailleurs que l'album d'Edward Scissorhands se construit astucieusement sur deux parties bien distinctes, intitulées respectivement dans l'album : « Edward Meets the World » et « Poor Edward ! ». Danny Elfman a tenu à séparer la partie plus fantaisiste et poétique du début avec la partie plus sombre et dramatique de la fin.

« Edward Scissorhands » demeure encore aujourd'hui l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de Danny Elfman, une partition d'une richesse exemplaire, d'une beauté qui semble sans limite, franchissant toutes les barrières pour toucher le coeur de tous. Féérique, magique, poétique, inventive, drôle, mystérieuse, inquiétante, mélancolique, il y aurait tant de qualificatifs pour décrire la prodigieuse musique qu'a écrit Danny Elfman pour le film de Tim Burton ! Sa partition est en osmose totale avec les images, apportant une ambiance magnifique et féerique aux images du film, une partition d'exception dans la collaboration des deux complices et une oeuvre de choix pour Danny Elfman, une partition qui connut d'ailleurs un très grand succès par la suite et qui reste encore aujourd'hui l'une des oeuvres les plus influentes de la musique de film contemporaine. Un trésor de la musique de film, incontournable et indispensable, à découvrir d'urgence si ce n'est pas déjà fait !

Quentin Billard

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