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Le Monde de Narnia : Chapitre 1 - Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique  (2005)

The Chronicles of Narnia : The Lion, the Witch and the Wardrobe)

Walt Disney Records (12 décembre 2005) - CD et Digital | Original Score [musique originale]


Harry Gregson-Williams retrouve le réalisateur de SHREK sur cette superproduction adaptée des romans de C.S. Lewis, à l'univers voguant entre celui du SEIGNEUR DES ANNEAUX et celui de HARRY POTTER. Une partition "new age" qui mêle orchestre symphonique grandiose et lumineux, passages épiques pour choeurs et voix solistes élégiaques. Le compositeur s'affirme pleinement et crée la surprise.

[© Texte : Cinezik]
Le Monde de Narnia : Chapitre 1 - Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique

Tracklist

1. The Blitz, 1940 (2:32)
2. Evacuating London (3:38)
3. The Wardrobe (2:54)
4. Lucy Meets Mr. Tumnus (4:10)
5. A Narnia Lullaby (1:12)
6. The White Witch (5:30)
7. From Western Woods to Beaversdam (3:34)
8. Father Christmas (3:20)
9. To Aslan's Camp (3:12)
10. Knighting Peter (3:48)
11. The Stone Table (8:06)
12. The Battle (7:08)
13. Only the Beginning of the Adventure (5:32)
14. Can't Take It In (4:42)
Performed by Imogen Heap
15. Wunderkind (5:19)
Performed by Alanis Morissette
16. Winter Light (4:13)
Performed by Tim Finn
17. Where (1:54)
Performed by Lisbeth Scott

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La partition débute de manière sobre et reposée, avec des cordes angéliques, des choeurs lointains. Nous sommes dans un autre espace et un autre temps. Nous sommes comme dans un conte. Pas le moindre changement dans le style jusqu'à une 8ème piste au titre révélateur du genre : "Father Christmas" avec des notes à faire tomber les flocons sur le sapin. Puis la partition devient assez originale, avec des sonorités inédites, comme ces sons étranges de "The Stone Table" dans un mélange de percussions tribales, de voix et de cordes. Ce morceau présage du suivant, "The Battle", plus thématique (à la "manière de Media Ventures"), avec des choeurs plus affirmés, une mélodie aux cordes, des cuivres soutenus, puis la piste évolue dans un rythme plus agité représentant la bataille du titre, où les choeurs s'agitent à leur tour et quelques sonorités électroniques viennent s'imiscer dans l'orchestre de manière incongrue. Cette musique originale s'achève sur une note de lyrisme avec laquelle elle avait débutée ("Only the Beginning of the Adventure").

Benoit Basirico

Comme on pouvait s’y attendre, la musique d’Harry Gregson-Williams apporte à The Chronicles of Narnia sont lot d’émotion avec une nouvelle partition symphonique solide, dans la continuité de l’épique Kingdom of Heaven ou de l’aventureux Sinbad (à noter qu’Harry Gregson-Williams a écrit la musique de Shrek et Shrek 2, ce qui explique le fait qu’Andrew Adamson l’ait à nouveau choisit pour Le Monde de Narnia). Cela fait maintenant depuis quelques années qu’Harry Gregson-Williams semble sortir petit à petit de l’ombre de Hans Zimmer en s’affirmant de plus en plus comme un compositeur à part entière et non comme un obscur compositeur de musique additionnelle travaillant à Remote Control (alias Media-Ventures). En ce sens, The Chronicles of Narnia devrait rallier les fans à sa cause, tant le score de Gregson-Williams est synonyme de magie, d’aventure épique et d’émotion.

Si le début surprend par son côté action brutal inattendu ("The Blitz, 1940"), avec son ostinato rythmique de cordes, ses cuivres massifs et ses petites rythmiques électroniques accompagnant la scène du bombardement sur Londres dans le prologue du film, la suite se veut plus rassurante et plus adaptée à l’esprit du film d’Andrew Adamson. "Evacuating London" apporte une certaine mélancolie à la scène où les quatre enfants quittent leur mère pour partir habiter chez le professeur Kirke. Gregson-Williams nous dévoile ici son premier thème, une mélodie élégante et mélancolique confiée à un piano sur fond de cordes chaleureuses et de vents tendres et nostalgiques évoquant la séparation. La seconde partie du morceau change radicalement de style et annonce un premier thème du score, accompagné par une rythmique électronique, des cordes et la voix de la soliste Lisbeth Scott (qui, coïncidence, était déjà soliste sur la BO de Passion of the Christ de John Debney) dans un style un peu new-age/pop plus typique du style moderne du compositeur, le thème annonçant à l’avance le début d’une grande aventure alors que le train qui emmène les enfants se dirige vers le manoir du professeur Kirke.

"The Wardrobe" dévoile quand à lui le thème de Narnia confié à une flûte celtique et un choeur d’enfants magique lorsque Lucy découvre Narnia pour la première fois. On ressent ici toute la magie et la féerie de ce monde enchanté prisonnier du maléfice de la Sorcière Blanche. "Lucy Meets Mr. Tumnus" fait appel à un nouveau soliste, le violon électrique d’Hugh Marsh alors que le compositeur dévoile le très joli thème intimiste associé à Mr. Tumnus, le Faune qui devient le nouvel ami de Lucy. Le timbre du violon électrique apporte ici une certaine chaleur au morceau, agrémenté d’une cithare, tandis que le piano ponctue le morceau de quelques accords sur fond de nappes de synthétiseur. L’utilisation de l’électronique reste ici discrète, Gregson-Williams jouant avec ses différentes sonorités afin de créer un univers sonore à la fois traditionnel (l’orchestre, les voix, les choeurs, les solistes, etc.) et moderne (les synthétiseurs, les rythmiques, etc.), un univers sonore associé au monde de Narnia, le compositeur en profitant pour rappeler le thème de Narnia à la fin de "Lucy Meets Mr. Tumnus", toujours porteur d’une certaine émotion liée au dépaysement et à l’émerveillement.

Un nouveau thème fait ensuite son apparition dans "A Narnia Lullaby", une mélodie/berceuse jouée par le duduk arménien accompagné par un bourdon (une note tenue indéfiniment). La simplicité mélodique de cette berceuse que joue Mr. Tumnus à Lucy afin de l’endormir est très vite pervertie par un environnement orchestral/choral plus sombre et inquiétant qui évoque la présence maléfique de la reine. En l’espace de quelques morceaux, Harry Gregson-Williams pose le ton de sa partition en insistant sur l’utilisation adroite des différents solistes et un travail autour des sonorités acoustiques/électroniques qui réussit beaucoup au film, même si, comme toujours, on regrette le manque d’originalité de l’ensemble qui rappelle encore beaucoup certaines anciennes partitions orchestrales d’Harry Gregson-Williams (à commencer par Kingdom of Heaven). A noter que la Sorcière Blanche (évoquée dans "The White Witch") n’a pas de thème particulier, mais plus des sonorités sombres et dissonantes qui évoquent son côté maléfique.

Si la musique met un peu de temps à décoller durant toute la première partie du film malgré la présence de quelques thèmes fort sympathiques, l’aventure débute enfin dans le puissant "To Aslan’s Camp" alors que les quatre héros viennent enfin de rejoindre le camp d’Aslan. C’est là que le dernier thème du score fait son apparition, un superbe thème héroïque typique du côté aventureux de la musique d’Harry Gregson-Williams. Ce formidable thème héroïque parcourt l’ensemble de la dernière partie du score, dont la puissance s’en trouve soudainement décuplée comme si la musique se décidait enfin à devenir vraiment passionnée et mémorable. Le thème héroïque est entendu pour la première fois dans le film lorsque Peter sauve Lucy, Susan et Edmund de la noyade grâce à son épée magique. "To Aslan’s Camp" apporte à la musique un sentiment de majestuosité et de puissance alors que les héros rencontrent enfin le grand Aslan en personne. Mais "The Stone Table" vient rompre ce côté chevaleresque et entraînant en imposant un ton plus dramatique pour la scène du sacrifice d’Aslan. Il se dégage de cette musique un certain sentiment de gravité alors que Gregson-Williams utilise choeurs d’hommes graves et percussions exotiques pour illustrer la sinistre cérémonie du sacrifice.

Puis l’on revient finalement dans l’épique avec le colossal "The Battle", accompagnant la séquence de la bataille finale avec panache et puissance. Le thème héroïque chevaleresque refait ici son apparition, toujours joué par les cuivres et agrémenté d’un choeur épique puissant synonyme de bravoure et de dépassement de soi. Pendant plus de 7 minutes, Harry Gregson-Williams apporte enfin le souffle épique nécessaire à la partition et que l’on attendait depuis longtemps (il est quand même dommage que l’on soit obligé d’attendre la fin de la BO pour enfin entendre la musique décoller pour de bon et nous emporter avec elle). Gregson-Williams nous ressert ici ses rythmes action frénétiques et ses choeurs massifs hérités des passages d’action de Kingdom of Heaven, une influence incontestable ici pour le compositeur. C’est le côté héroïque, noble et épique de "The Battle" qui fait ici toute la force de la musique à l’écran, apportant une émotion considérable à cette séquence, avec, au passage, la présence de quelques rythmes électroniques chers au compositeur. "Only The Beginning of the Adventure" conclut finalement le film en beauté avec une reprise des principaux thèmes du score, incluant entre autre le thème de Narnia, le thème de Mr. Tumnus et bien sûr, le superbe thème héroïque repris dans toute sa splendeur à la fin du morceau, concluant le score sur une ultime touche épique et chevaleresque.

Au final, The Chronicles of Narnia est quand même loin d’être le nouveau chef-d’œuvre d’Harry Gregson-Williams, mais rien que pour sa dernière partie épique et captivante, cette partition mérite qu’on s’y intéresse, même si l’on regrettera beaucoup le manque d’originalité et de personnalité de cette musique qui aurait mérité à s’affirmer plus radicalement au lieu de recycler les formules musicales habituelles. Le monde de Narnia avait besoin d’un univers sonore et musical vraiment unique, un peu comme celui imaginé par Howard Shore pour la trilogie des Lord of the Rings. Ici, malgré la présence de solistes et d’un mélange intéressant orchestre/synthé, le mélange opère nettement moins bien et de façon peu inspirée, même s’il faut bien reconnaître que le compositeur nous offre un travail solide et exécuté avec brio. Après tout, Harry Gregson-Williams est là pour répondre aux demandes du réalisateur, et si ce dernier n’est pas capable de vouloir une musique plus ambitieuse pour son film, c’est fort regrettable. Néanmoins, ne soyons pas trop sévère, car le score de The Chronicles of Narnia n’en demeure pas moins un travail de qualité qui, malgré son manque flagrant d’originalité et de fantaisie, apporte une émotion considérable au film d’Andrew Adamson. On en vient cependant à se demander si Harry Gregson-Williams était le choix idéal pour ce type de film, là où un compositeur plus "classique" d’esprit comme John Williams aurait certainement imaginé une musique bien plus adaptée à l’univers magique et fantaisiste de Narnia. Le résultat final est malgré tout très convaincant et nous transportera dans une grande aventure épique et magique teintée d’héroïsme et de bravoure.

Quentin Billard

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