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Oliver Twist

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Oliver Twist

The Film Music Of Sir Arnold Bax

Chandos (Octobre 2003)
Catégorie : Réédition

Ce CD de la célèbre firme Chandos, spécialisée depuis longtemps dans différentes éditions prestigieuses de musique savante de compositeurs d'outre-manche, offre pour la première fois une vraie intégralité de la partition symphonique réenregistrée du Oliver Twist d'Arnold Bax (pour le film de David Lean) avec un final alternatif et des mesures jamais éditées auparavant.

Il ne s'agit pas d'une première en CD car le score avait déjà fait l'objet de nombreuses éditions ou réenregistrements plus ou moins complets : d'abord en 78 tours à l'époque du film (avec Harriet Cohen au piano), puis sous forme de diverses suites symphoniques (par Muir Mathieson qui dirigeait la bande originale de 1948, et même Bernard Herrmann qui était un grand connaisseur de la musique britannique), avec plus récemment un CD beaucoup plus complet à l'occasion d'un autre réenregistrement dirigé par Kenneth Alwyn à la tête du Royal Philharmonic Orchestra et paru chez Cloud Nine Records en 1986. Le CD de 2003 chroniqué ici est, comme la plupart des autres CDs de la collection Chandos Movies, interprété par le BBC Philharmonic sous la baguette du jeune et dynamique chef Rumon Gamba.

 

Le film de David Lean (futur réalisateur du Lawrence d'Arabie et du Pont de la rivière Kwaï ) est une adaptation du célèbre roman Les aventures d'Oliver Twist (1846) de Charles Dickens. Il est considéré pour beaucoup, comme non seulement un authentique chef d'oeuvre du septième art mais également comme l'adaptation la plus fidèle du roman décrivant le “libéralisme” avant-coureur des balbutiements de la révolution industrielle londonienne du 19ème siècle, monde rude et sans pitié dans lequel un jeune orphelin baptisé du prénom d'Oliver va être plongé. Il faut noter cependant que le roman fit l'objet d'une précédente adaptation cinématographique en 1909 par Stuart Blackton avant d'être repris notamment sous forme de comédie musicale en 1968 ; suivirent deux adaptations télévisuelles et finalement un autre long-métrage réalisé par Roman Polanski en 2005.

Sir Arnold Bax (1883-1953) est quant à lui, un vénérable compositeur de musique savante très prisé dans son pays et qui n'a plus grand chose à prouver quand il accepte de marquer de son empreinte l'illustration musicale de deux documentaires et d'un long-métrage. Quelques mots sur ce musicien finalement peu connu de ce côté ci du “channel” : natif de Grande-Bretagne (dans la banlieue londonienne) et ayant étudié à Londres au sein de la Royal Academy of Music, Arnold Bax a été anobli en 1937 après avoir composé une importante oeuvre pour le concert (7 symphonies, 2 ballets, plusieurs poèmes symphoniques, oeuvres concertantes dont un concerto pour violon, un concerto pour violoncelle, Winter Legends pour piano et orchestre, quatre sonates pour piano et des mélodies).

Parfois teinté de folklore populaire (notamment irlandais) ou de subtil et discret impressionnisme, l'esthétique d'Arnold Bax reste globalement entièrement néo-romantique, dans la lignée de compatriotes contemporains comme Ralph Vaughan Williams ou William Walton. Son travail pour Oliver Twist (1948) est un bon exemple de sa grande maîtrise orchestrale et de son élégance classique qui reste toutefois sans surprise pour un film de cette époque. A noter que pour le thème de l'aube du Dawn After the Murder d' Oliver Twist , le maître n'hésite pas à piocher dans son énorme répertoire puisqu'il recycle une ancienne mélodie composée en 1916 pour In Memoriam (pour orchestre).

Le néo-romantisme très ample et lisible de Bax éclate dans le thème cuivré du médaillon (bijou contenant le portrait de la mère d'Oliver qui mourra à la naissance de l'enfant au tout début du film) joué par le pupitre des trompettes dans le Prelude . On retrouvera plus tard ce thème du médaillon dans Oliver's Birth (lorsqu'il est volé par une vieille femme après la naissance du petit Oliver), dans le Oliver as Funeral Mute , Death of Mrs. Thingummy (où il est énoncé par la voix mélancolique d'un cor anglais) sur Oliver at Play (joué cette fois ci par des cuivres munis de sourdines) et bien sûr dans le triomphant Finale dont la noblesse se souvient à la fois d'Elgar et de Wagner.

Le thème central et essentiel d'Oliver apparaît lui aussi dès le Prelude où il est joué par les violons dans leur registre aigu, il reviendra régulièrement dans la partition, notamment sur Oliver at Mr. Brownlow's House (où l'on entend une série de variations sur ce thème), sur Mr. Brownlow's Grie et Nancy's Hysterical Outburst joué finement par le pianiste Paul Janes.

La partition n'échappe toutefois pas aux clichés des scores des films des années 40 et au surlignement un peu pléonastique de l'action par l'orchestre (le fameux “Mickey mousing” typique de l'écriture d'un Max Steiner ou d'un Franz Waxman). C'est le cas sur la plupart des passages mouvementés du film comme sur The Storm , The Fight , The Chase et Oliver's Abduction dans lequel l'orchestration est souvent touffue, ou par exemple sur la piste Oliver Sent to Bed Among the Coffins quand les pizzicati des cordes et les “fusées” de bois suivent le mouvement d'Oliver qui souffle sur sa bougie avant de s'endormir, et aussi dans Oliver Faints in Court lorsque Oliver simule un évanouissement illustré par un beau phrasé de basson précédant un glissando de violoncelle.

Parmi les passages les plus étonnants, on note une fine influence de Paul Dukas pour la marche grinçante du Picking Oakum , une orchestration plus moderne sur le Oliver Sent to Bed Among the Coffins dans lequel Bax se sert de cordes sul ponticello (archet joué près du chevalet) dont la sonorité étrange et inquiétante évoque les atmosphères plus sourdes de certains passages caverneux du Citizen Kane (1941) de Bernard Herrmann. On note aussi l'utilisation d'un xylophone pour l'évocation des cercueils près desquels Oliver est obligé de coucher.

Mais le meilleur de la partition se trouve assurément dans les moments les plus lyriques du film comme dans le Oliver's Birth au violon solo, bois graves et cor anglais, le mélancolique Oliver as Funeral Mute et surtout l'émouvant Oliver at Mr. Brownlow's House qui prend des accents très Schumannien et parfois Debussyste.

Le CD propose une Finale alternative d' Oliver Twist plus apaisée et légèrement plus douce (rapportée aux bois, harpe, cordes et cuivres) avec également en bonus la seconde partie de la musique originale de Malta, GC (1942), musicalement un peu moins intéressante qu' Oliver Twist .

Malta, GC est un documentaire consacré au bombardement aérien et à la reconstruction de l'île de Malte, réalisé pour l'Unité cinématographique de la Couronne. La piste Quiet Interlude de Malta, GC propose de fort belles mesures dans une veine bucolique et impressionniste qui décrit finement l'affairement des femmes dans une cuisine communale, Work and Play est plus syncopé, guerrier mais recèle quelques moments non dénués de fraîcheur, et le score se conclue de façon plus convenue avec une marche triomphale à la Elgar et sans surprises.

Le livret richement illustré en noir et blanc, commenté et traduit en trois langues, ainsi que le son 24 bits extrêmement transparent et le remarquable travail de l'ingénieur du son Stephen Rinker et du producteur Mike George rendent pleinement justice à ce classique de la BO britannique

Christian Texier



 OLIVER TWIST - Roman Polanski Vu hier, avec Fluxus... Je n'ai pas vraiment aimé, le film ne m'a pas transporté. J'ai failli dormir... J'ai trouvé les personnages fades et caricaturaux (pour Oliver, c'est normal, mais pour les autres, bof...), les acteurs franchement pas bons (mais point positifs : ils ont presque tous de ...
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 Oliver Twist pour tous les fans de Polanski (dont je suis ;-)), je leur signale la sortie en octobre de "Oliver Twist" (avec une superbe affiche) mais la musique est de Rachel Portman, il n'a pas pris Kilar, quelle mouche lui a piqué ??? (producteurs ?, choix délibéré ?, lubie soudaine comme à l'époque de Phil ...
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