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Les Visiteurs  (1996)

Polydor / Remark (1993) - 40:22 | Original Score [musique originale]


Une musique à l’éclectisme délirant, qui résume à elle seule toute l’histoire de la musique : musique grégorienne (« Cantique »), musique romantique (un extrait du Concerto pour violon et orchestre en mi mineur de Félix Mendelssohn), une vision romantique du classicisme viennois (la Symphonie Ecossaise de Félix Mendelssohn), la musique religieuse (« Funerals »), la musique de film hollywoodienne...

Les Visiteurs

Tracklist

01. Overture (:46)
02. Concerto Pour Violon et Orchestre - Mi Mineur* (1:23)
03. Enae Volare - Générique Fin+ (1:33)
04. Funerals (1:18)
05. Le Chevalier de Montimrail (2:15)
06. Le Roi (1:01)
07. Le Convoi Et La Sorcière (:59)
08. Enae Volare+ (3:30)
09. Witch Trick** (:18)
10. Hallucinations*** (:43)
11. L'Ours Et La Flèche (:33)
12. Cantique+ (:35)
13. Maybe Baby++ (4:12)
14. Le Livre Des Montmirail (:20)
15. Où Vit l'Enchanteur (:34)
16. C'est Diablerie (3:15)
17. La Forêt Interdite (1:12)
18. Messe Noire+ (1:12)
19. Rendez-Vous Secret (1:04)
20. Symphonie Ecossaise* (:27)
21. Le Banquet de Frénégonde+++ (:46)
22. Chez l'Enchanteur** (1:05)
23. Transformation** (2:00)
24. 1993! (:22)
25. Cavalcade (1:00)
26. No Way Out** (:17)
27. Dragonal (1:06)
28. Mille Ans Nous Séparent** (:27)
29. Le Sceau des Montmirail** (:41)
30. Adieu Dame Bétrice (1:10)
31. Le Chant du Temps** (:24)
32. Les Oubliettes** (2:01)

*(Félix Mandelssohn)
+(Guy Prothéroe - Eric Lévi)
**(Eric Lévi - Frédérik Rousseau)
***(Yvan Cassar)
++(Adam Lawson - Eric Lévi)
+++(Frédérik Rousseau)

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Nos articles sur cette BO

Tout a été dit sur le film de Jean-Marie Poiré, devenu l’un des plus grand succès cinématographique français de tous les temps. En effet, cette comédie hilarante, qui raconte les péripéties de Godefroy de Montmirail et de Jacquouille la Fripouille, propulsés par erreur à la fin du XXème siècle, et qui a contribué à populariser des comédiens comme Isabelle Nanty, ne se prête pas réellement à l’analyse, son ambition étant avant tout de faire rire et non pas de réfléchir sur l’évolution de notre civilisation depuis le règne de Louis VI Le Gros.

Pourtant, très peu de choses ont été dites sur la musique composée par Eric Lévi, occultée on ne sait pourquoi par les béophiles, comme si le caractère comique des VISITEURS avait rendu peu probable l’intérêt de la BOF, alors que celle-ci, au contraire, dans le sillage du film qu’elle illustre, avait tous les atouts pour devenir culte.

Si la musique des VISITEURS a permis au grand public de découvrir le compositeur Eric Lévi, elle a également plus ou moins révélé le compositeur Frédérik Rousseau, ancien assistant de Vangelis et de Jean-Michel Jarre, qui a contribué ici à la conception des atmosphères, le chef de chœur Guy Protheroe, et l’arrangeur de variété Yvan Cassar, devenu aujourd’hui l’un des compositeurs de film français les plus prometteurs de sa génération.

Ce quatuor de choc a offert à Jean-Marie Poiré une musique à l’éclectisme délirant, qui résume à elle seule toute l’histoire de la musique : musique grégorienne (« Cantique »), musique romantique (un extrait du Concerto pour violon et orchestre en mi mineur de Félix Mendelssohn), une vision romantique du classicisme viennois (la Symphonie Ecossaise de Félix Mendelssohn), la musique religieuse (« Funerals »), la musique de film hollywoodienne (« Le Chevalier de Montmirail », un morceau dont l’extrême parenté avec le thème de ROBIN HOOD de Michael Kamen a paraît-il donné lieu à un procès), le rock (« Maybe Baby », une chanson interprétée par Adam Lawson, et qu’on entend dans le récepteur radio de la fourgonnette du postier) et la dance (un genre dominant à l’époque, illustré par le kitchissime « C’est Okay », dont le seul intérêt est de faire entendre les dialogues du film).

Compte tenu du film, procéder à une analyse conceptuelle de la musique des VISITEURS est un piège dans lequel nous nous garderons de tomber. Pour autant, Eric Lévi et ses acolytes n’ont pas cédé à la facilité et au burlesque et ont préféré suivre le conseil de Danny Elfman, pour qui la musique d’une comédie, pour être efficace, ne doit pas être humoristique, mais au contraire, prendre totalement le contre-pied du film afin d’accentuer le comique des situations. Le sérieux est donc de rigueur. Tour à tour, la musique des VISITEURS prend des accents épiques avec l’orchestre (« Le Chevalier de Montmirail », qui présente pendant le générique Godefroy Le Hardi, Jacquouille La Fripouille et Frénégonde, « Le Roi », « Enae Volare », générique de fin, « Cavalcade » qui accompagne l’étonnante chevauchée de Godefroy le Hardi sur l’autoroute, avec en toile de fond des pylônes électriques, etc…), se drape de tonalités mystérieuses, obtenues grâce aux synthétiseurs de Frédérick Rousseau et à des textures instrumentales (« Hallucinations », bijou d’orchestration composé par Yvan Cassar pour souligner les hallucinations des sbires de Godefroy,« Messe Noire » reprise hallucinée du thème du principal, « C’est Diablerie », « La Forêt Interdite », « Les Oubliettes », etc…) ou tente le registre lyrique afin d’émouvoir le spectateur (un registre dans lequel Eric Lévi et ses comparses ne sont visiblement pas très à l’aise), comme « Adieu Dame Béatrice ».

Néanmoins, c’est la collusion entre le savoir-faire classique et le savoir-faire moderne qui marque LES VISITEURS. Tandis que Godefroy Le Hardi et Jacquouille La Fripouille se trouvent confrontés à une nouvelle civilisation, celle de leurs descendants, la musique qui illustre leurs aventures est un mélange détonnant de musique orchestrale et vocale, et de musique électronique : les chœurs grégoriens de « Cantique » côtoient ainsi les guitares électriques et les nappes synthétiques. Le thème du film, l’« Enae Volare», est l’illustration la plus parfaite de ce parti pris : des chœurs mystérieux chantant dans une langue inconnue qui fait penser au latin (on entend les mots Ameno, Domine, Diabole, etc…) sont accompagnés par des rythmiques rocks, des sonorités électroniques et des soli de guitare électrique à la Hendrix. Cette combinaison propre à la musique new-age (ce morceau sera repris dans l’album new-âge « Era », dont la qualité est soit dit en passant très contestable) achève magistralement le film.

La majorité des thèmes du film ont été repris dans LES VISITEURS 2 : le morceau « Adieu Dame Béatrice » a ainsi été rallongé et est devenu un très bel adagio.

Damien Deshayes

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