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Cannes 2017 / 4 superviseurs musicaux ont 2 films chacun sur le festival : Ian Herbert, Martin Caraux, Thibault Deboaisne, Elise Luguern.
#Cannes2017,

par Benoit Basirico - Publié le 23-05-2017
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Le superviseur musical est la personne sur un film qui intervient dans le choix des morceaux préexistants, et en négocie les droits d'utilisation. Sur le Festival de Cannes 2017, 4 d'entre eux ont deux films en sélection (Ian Herbert, Martin Caraux, Thibault Deboaisne, Elise Luguern), des oeuvres où circule la musique, d'un statut original ou préexistant, d'illustration narrative ou présente à l'image.

L'américain Ian Herbert a travaillé sur "Le Musée des merveilles" de Todd Haynes et "The Meyerowitz Stories" de Noah Baumbach, deux B.O riches en surprises musicales. Pour ces deux films, il a pu associer une musique originale à des titres existants, tout en proposant des "cover", des reprises savoureuses.
Ainsi, la B.O du "Musée des merveilles" est d'abord constituée de la partition originale de Carter Burwell, qui retrouve Todd Haynes après "Velvet Goldmine" (1998), "Mildred Pierce" (TV, 2011) et "Carol" (2015). Ses cordes amples au motif répétitif envoutent tandis que l'apport d'une guitare electrique créé la surprise en faisant le lien avec les années 70 convoquées par les chansons utilisées. On y entend ainsi une version chorale de David Bowie ("Space Oddity" par des choeurs d'enfant), une sorte d'hommage pour le cinéaste qui lui avait consacré un film (Velvet Goldmine). Quant à la version jazz par Deodato du morceau "Also Sprach Zarathustra" de Richard Strauss, il est diffusé dans une boutique où l'enfant entre. La musique est à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'image. Le talent du superviseur est d'instaurer une harmonie et une cohérence entre musiques originales et d'emprunt, tout en décalant les "standards" par des versions parallèles. Tracklist complet 

Pour "The Meyerowitz Stories" de Noah Baumbach, Ian Herbert propose le même mélange entre une musique originale (le compositeur Randy Newman propose du piano-jazz pour l'humeur de comédie du film - dont le statut n'est jamais certain, on a souvent l'impression que ce piano est joué dans la scène), des titres préexistants (dont "Old Man" issu d'un album du même Randy Newman), et des covers, lorsque le compositeur est là encore mis à contribution pour les chansons qu'interprètent le casting du film, dont Adam Sandler chantant au piano. On pense à Woody Allen dans cette façon de faire jongler les musiques pour lesquelles les acteurs sont pris à partie.

Un superviseur musical doit épouser la vision d'un cinéaste, une vision très musicale dans les cas évoqués ici. Pour Elise Luguern, qui a travaillé sur "Barbara" (Un Certain Regard) de Mathieu Amalric, et "Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc" (Quinzaine des réalisateurs) de Bruno Dumont, il s'agissait d'être "une sage femme, pour faire accoucher les choix des réalisateurs". Cela consiste à la négociation des droits, obtenir les autorisations, même si pour "Barbara", les ayant droits étaient solidaires du projet. En revanche, pour les choix artistiques, Mathieu Amalric comme Bruno Dumont savaient précisément ce qu'ils voulaient. Pour ces films musicaux, il y a une nouvelle fois un mélange entre l'existant et la création nouvelle. Pour "Barbara", les anciennes chansons originelles se font entendre aux côtés de nouvelles interprétations de Jeanne Balibar (spécialement enregistrées pour le film), avec l'apport de l'accordéon de Vincent Peirani qui propose quelques nouvelles compositions. Le film passe du visage de Barbara à celui de Balibar, dans une continuité entre le passé et le présent dans un esprit de documentaire. Pour "Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc", ce sont à partir des poésies de Charles Péguy que la musique de Igorrr s'est construite.

Citons deux autres superviseurs :

Thibault Deboaisne (qui revient à Cannes après "Victoria", "Rester Vertical" et "Apnée") s'est chargé de la supervision de "Alive in France" (Quinzaine des réalisateurs), documentaire musical de Abel Ferrara où l'on voit ce dernier faire des concerts au chant, en compagnie de son compositeur Joe Délia, et de son acteur Paul Hipp, certaines chansons appartenant à sa propre filmographie. Et pour la fiction, il a supervisé la B.O de "Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" (Sélection ACID) de Ilan Klipper, pour lequel un mélange s'instaure entre la musique empruntée et des performances live (IN) du chanteur et guitariste franco-américain Frank Williams dont "Ophélie" qu'il interprète à l'image avec sa simple guitare acoustique.


Et Martin Caraux revient après "Grave" et "Divines" avec "Nothingwood" (Quinzaine des réalisateurs) de Sonia Kronlund et "Ava" (Semaine de la Critique) de Léa Mysius.

Extrait B.O de AVA : 

On revient en interview sur "Ava", "Jeannette", "Barbara", "Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête".

 

par Benoit Basirico - Publié le 23-05-2017

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