
Introduction
- Conférence de Christopher Young
- Table ronde : Hans Zimmer et Harry Gregson-Williams
- Concert de Harry Gregson-Williams
- Entretien avec Harry Gregson-Williams
- Entretien avec Lisbeth Scott
- Concert de Trevor Jones
- Deux questions à Trevor Jones

La conférence qui suit celle de Christopher Young concerne alors le duo Hans Zimmer / Harry Gregson-Williams. Les deux complices paraissent relativement détendus, même si Gregson-Williams semble légèrement plus distant que Zimmer (qui, soit dit en passant, a pris pas mal d’embonpoint !). Assis tout deux dans des fauteuils aux côtés de l’un des organisateurs du festival, ils répondent aux diverses questions du public. Zimmer et Gregson-Williams parlent alors de leurs collaborateurs (Lisbeth Scott, Martin Tillman, etc.) et précisent au passage que tout ceux qui travaillent avec eux sont aussi des amis (c’est la "Media-Ventures family" pourrait-on dire). Puis, Harry Gregson-Williams se souvient de ses débuts lorsqu’il rendit visite pour la première fois à Hans Zimmer dans son studio à l’époque où il commençait déjà à écrire des musiques de film. Il se souvient du plaisir que semblait prendre Zimmer au moment où il composait ses œuvres, ce qui l’a finalement décidé à écrire à son tour des musiques de film pour le compte de Media-Ventures. Pour eux, tout n’est qu’un processus de collaboration, sans aucun doute le mot qui est revenu le plus fréquemment durant cette conférence. Il y a ainsi la collaboration entre le compositeur, le réalisateur, l’équipe du film, les producteurs, etc.
Harry évoque alors sa formation classique (à l’inverse de Hans, en partie autodidacte) et souligne la différence de points de vue musicaux entre les différents compositeurs, une différence propice aux échanges et aux débats selon les deux compères. Gregson-Williams en profite ainsi pour nous parler brièvement de sa participation à THE PRINCE OF EGYPT de Zimmer, pour lequel il a écrit un morceau à partir des mélodies de Hans. Pour lui, c’est toujours une collaboration, dans laquelle il apprécie échanger des idées, confronter différents points de vue et s’inspirer des autres. Hans prend le relais en évoquant à son tour sa façon de composer, travaillant la plupart du temps à l’instinct, à partir de démos réalisées sur des synthétiseurs ou ordinateurs. Il se souvient qu’à ses débuts, la communication avec les réalisateurs n’était guère aisée et qu’il était loin de posséder la maîtrise d’une collaboration idéale comme celle de John Williams avec Steven Spielberg (exemple qu’il cite lui même). Puis, c’est l’occasion pour les deux compositeurs de parler de leurs différents projets. Ainsi, Gregson-Williams évoque sa participation au western SERAPHIM FALLS de David Von Ancken (un genre tout nouveau pour le musicien !) et au nouveau film d’animation de chez Dreamworks, FLUSHED AWAY, tandis que Zimmer parle de sa partition pour PIRATES DES CARAÏBES 2, autre gros projet pour le compositeur teuton.

Le duo répond ensuite à une question qui concerne les genres de films qu’ils préfèrent mettre en musique (action, comédie, drame, etc.). Harry Gregson-Williams précise tout d’abord qu’il apprécie écrire la musique de film d’animation et qu’il aime bien varier les genres et multiplier les défis. De son côté, Hans Zimmer explique qu’il aime bien à peu près tout, que ce soit les comédies, les films d’action ou les films d’animation. Il essaie de faire des choses différentes à chaque fois quand il en a l’occasion. Harry Gregson-Williams prend ensuite le relais et parle de sa collaboration avec Ridley Scott sur KINGDOM OF HEAVEN, collaboration qu’il met en parallèle avec celle de Tony Scott, le frère du célèbre réalisateur anglais, ce qui nous vaut au passage une petite touche d’humour au sujet de l’attitude très contrastée des deux frangins (selon Harry, Tony serait un type très direct tandis que Ridley serait beaucoup plus gentleman et retenu, du genre : "Voulez-vous un cigare ?"). Il conclut en parlant de sa participation prochaine à THE CHRONICLES OF NARNIA : PRINCE CASPIAN, toujours réalisé par Andrew Adamson.
Vient alors la question provoc’ la plus gratuite de toute la conférence, lorsqu’un espagnol se lève et s’adresse à Hans Zimmer en lui expliquant qu’Ennio Morricone aurait soi-disant sévèrement critiqué Media-Ventures et l’industrialisation de leurs musiques dans une récente interview. Apparemment, la question n’a pas été correctement formulée puisqu’il a fallut que ce soit un traducteur qui prenne le relais pour s’adresser quasiment en tête à tête à Hans, micro coupé, comme si le public ne devait pas entendre ce qu’il se dit. On flaire alors l’embrouille. Puis, Zimmer répond d’une façon très calme et réfléchie en expliquant qu’il connaît bien Ennio Morricone et qu’il admire son travail, et qu’il sait pertinemment qu’ils ont deux façons de travailler totalement différentes. Par exemple, Morricone dit qu’il est indispensable pour un compositeur de savoir orchestrer soi-même ses propres musiques. Hans a un profond respect pour le maestro italien duquel il admire son génie et sa maîtrise technique, mais que ce qui compte avant tout pour lui, c’est la qualité des mélodies et des musiques, peu importe la méthode de composition. En tout cas, Hans a répondu avec tact à cette question totalement gratuite, visiblement ouvert au débat. Une dernière intervention du public permet de rappeler en conclusion que Hans Zimmer a beaucoup aidé les jeunes compositeurs grâce à l’édition de ses librairies de samples (Hans Zimmer Guitars Vol 1 et 2 chez Spectrasonics).
La conférence se termine très simplement. Malgré quelques remarques intéressantes de la part des deux complices, cette conférence paraît alors bien terne en comparaison de la glorieuse intervention de Christopher Young quelques heures avant. Les deux compositeurs étaient plantés dans leurs canapés et ne semblaient pas vouloir en bouger ni même faire entendre de la musique. Christopher Young, Roque Baños et Trevor Jones ont tous fait entendre quelque chose (que ce soit en projection ou au piano), mais le duo Zimmer / Gregson-Williams est resté bien statique et extrêmement monotone. On se serait attendu à plus d’animation et de vivacité de la part des deux compères qui, bien que détendus et ouvert aux plaisanteries (surtout entre eux deux), semblaient s’ennuyer un petit peu durant cette conférence. Du coup, on en ressort alors avec une impression très mitigée, d’avoir assisté à une conférence sympathique mais somme toute plate, monotone et peu vivante. Dommage qu’il n’y ait pas eu plus d’initiatives de la part du duo, qui s’est uniquement contenté de répondre à des questions.