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Mychael Nyman

(Par Julien Mazaudier)

"Michael Nyman a apparemment découvert comment avoir un pied dans le 18e siècle et un autre dans le 20e siècle".
(Peter Greenaway)

Ses musiques pour le cinéma sont probablement l'un des aspects les plus connus du travail de Michael Nyman qui commençe à composer dans les années 70 . Ce n’est qu’au début des années 80 qu’il se fait connaître quand il écrit la musique du film Meurtre dans un Jardin Anglais, du réalisateur Gallois Peter Greenaway. Il gagne la reconnaissance du public avec la bande originale de La Leçon de Piano, long-métrage réalisé par Jane Campion en 1992.

 

LES FILMS DE PETER GREENAWAY

La première collaboration de Michael Nyman avec Peter Greenaway s’établit sur des courts métrages expérimentaux non narratifs tels que, Five Postcards from Capital Cities (1967), Tree (1968), One to one Hundred (1975), une musique additive basée sur le début de la valse de Johann Strauss, Le Beau Danube Bleu et Vertical Features Remake (1977).

A Walk Through H (1977) La Réincarnation d’un Ornithologiste.

A Walk Through H (Promenade à travers H) est un moyen métrage en 16mm réalisé en 1978. Il s’agit de la présentation d’une série de 92 cartes de pays imaginaires qui mènent l’âme défunte d’un ornithologue vers sa prochaine vie, si l’on croit en la réincarnation. Un voyage labyrinthique qui le conduit jusqu’aux profondeurs du paradis ou de l’enfer. Dans le dictionnaire anglais, la lettre H étant la première lettre d’Heaven (Paradis) et Hell (Enfer). Durant tout le film, la caméra parcourt, sur les murs d’un musée les tableaux cartographiques (peints par Greenaway) morcelés par le cadrage. Le réalisateur inclus en insert, des images d’oiseaux filmés dans les paysages splendides de la région du Wiltshire. La composition de Michael Nyman qui illustre ces cartes est utilisée comme un aspect structurant du montage. Le réalisateur avait demandé à Nyman de composer 5 musiques pour 5 lieux différents comme la campagne, la ville ou le désert. Pour respecter la structure du film, chaque morceau devait être lui-même subdivisé en 10.
Durant la présentation des cartes par le narrateur Colin Cantlie (en off) la musique est très inspirée par la Musique Minimaliste et certaines des premières pièces de Terry Riley dont In C (pour la rythmique des cuivres) ou celle de Philip Glass, Music in Similar Motion (pour la partie jouée au piano). Elle utilise par contre, à la différence de ces compositeurs, de fréquents changements harmoniques ce qui convient parfaitement à la construction du montage étroitement lié au thème musical. A chaque changement correspond un nouveau plan, celui de la découverte d’une nouvelle carte.
Dans l’ouvrage collectif qui lui est consacré, Peter Greenaway. Edition Dis Voir (1987), le réalisateur s’explique sur cette méthode :
"Il existe une première manière d’employer la musique au Cinéma : pour créer une atmosphère, pour amplifier un sentiment. C’est son emploi habituel. Mais ça ne me paraît pas suffisant. La musique doit faire plus. Dans mes films, la musique de Michael Nyman crée l’ambiance, mais elle est aussi une structure du film : elle organise l’information."
Ce qui différencie également Michael Nyman des grandes figures de la musique contemporaine du minimalisme est le lyrisme romantique qu’il intègre à l’orchestre. Le superbe enchevêtrement des cuivres et du piano qui illustre le début du parcours de l’ornithologiste est en ce sens particulièrement révélateur et anticipe déjà sur les futures compositions "habitées" de La Leçon de Piano ou La fin d’une Liaison.

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