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Compositeurs

Harry Gregson-Williams  
Né au Royaume-Uni en 1961.

Harry Gregson-Williams

Longtemps acolyte des autres compositeurs du studio MEDIA VENTURES créé par Hans Zimmer, il s'est forgé depuis une solide expérience dans le genre électro-orchestral, comme John Powell. Aussi à l'aise sur les films d'action, les comédies, les drames, que sur les films d'animation, il est devenu l'une des valeurs sûres de la musique de film américaine actuelle.

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Incontournables du compositeur

Le concert d’Harry Gregson-Williams au Teatro Monumental de Madrid était sans aucun doute l’un des grands évènements du Festival Soncinemad. L’éternel complice de Hans Zimmer n’avait encore jamais vraiment eu l’occasion de jouer sa musique en concert. C’est maintenant chose faite. Le Chamartin Symphonic Orchestra & Talia Choir, crée en Espagne dans les années 1993, est essentiellement composé de jeunes musiciens, tous particulièrement dévoués à leur tâche. Effectivement, malgré un manque flagrant d’expérience et de technique durant certaines interprétations des œuvres jouées ce soir-là, les musiciens ont malgré tout manifesté une vive passion pour la musique d’Harry Gregson-Williams. Ce qu’ils n’avaient pas forcément en technique, les musiciens le compensaient très nettement en interprétation, nous offrant pour la plupart des performances remarquables, vivantes et passionnées. Ceci étant dit, pour être plus précis, le véritable bémol venait en réalité du pupitre des cuivres, qui a multiplié les couacs tout au long du concert, seul véritable point négatif dans ce concert extrêmement remarquable. Signalons avant de commencer le nombre total d’interprètes, assez saisissant : 160 musiciens au total, avec l’orchestre et les chœurs. N’oublions pas non plus la présence très remarquée ce soir là des habituels solistes de la bande à Zimmer : Martin Tillman et son violoncelle électrique, Hugh Marsh et son violon électrique, la célèbre chanteuse Lisbeth Scott ainsi que Chris Bleth, spécialiste du duduk et des flûtes ethniques. Que du beau monde, en somme !


Harry Gregson-Williams et Hans Zimmer.

La première partie du concert était dirigée par Silvia Sanz Torre, jeune chef d’orchestre dynamique qui avait visiblement un très bon contact avec ses musiciens. Le programme débuta avec le thème de CHICKEN RUN, sans aucun doute l’une des meilleures BO écrites par Harry Gregson-Williams (en compagnie de John Powell, qui ne faisait pas partie des invités du Festival) pour le film d’animation des studios Aardman produit par Dreamworks. L’orchestre se lance alors dans un prologue brillant et fébrile, dominé par les cuivres, les cordes, les vents et les percussions. Puis, les piccolos entament alors joyeusement le thème sur un rythme de marche hérité du fameux THE GREAT ESCAPE d’Elmer Bernstein (CHICKEN RUN n’est d'autre qu’une parodie de ce film). Les chœurs enchaînent en sifflant et s’emparent de leur kazoos pour nous offrir une performance teintée d’humour et de jovialité. Les applaudissements ne se font pas attendre, ce premier morceau (malgré un couac des cuivres et un passage quasiment entièrement décalé vers la fin de la pièce) cassant littéralement la baraque comme on dit habituellement ! On aurait ensuite dû entendre la musique de ANTZ (Fourmiz) mais il a finalement été décidé de ne pas jouer le morceau (probablement à la dernière minute). Du coup, on est passé directement à SPY GAME, l’un des piliers musicaux de ce concert et un grand moment d’émotion, avec la présence d’un choeur dramatique poignant et de solistes remarquables. Force est de constater qu’une fois encore, la musique de SPY GAME conserve une beauté intrinsèque qui en fait l’une des œuvres maîtresses du compositeur (et l’une des BO les plus appréciées par les fans du compositeur). On continue ensuite avec la musique plus légère et sautillante de THE TIGGER MOVIE (Les aventures de Tigrou), sympathique et agréable sans être forcément le moment le plus inoubliable du concert (les quelques pains des cuivres n’arrangeant rien à l’affaire). En revanche, la première partie du concert se conclut sur une série de morceaux tirés de KINGDOM OF HEAVEN, sans aucun doute l’un des moments forts de ce concert. L’orchestre, les chœurs et les différents solistes nous plongèrent pendant plus de quinze minutes dans un autre univers, mélangeant sonorités médiévales, orientales et orchestrales avec des moments d’émotion spectaculaire. Les musiques des scènes de bataille étaient interprétées ici avec virtuosité (un travail remarquable de la part de ces jeunes musiciens) tandis que le chœur chanta avec passion les différentes variantes du thème principal ou les parties de style "choral" de Bach. Seule ombre au tableau : le superbe "Ibelin" était absent de la sélection. A la fin de cette première partie, le public se leva spontanément, la salle étant très vite envahie par un tonnerre d’applaudissements. Avec le climax que représente KINGDOM OF HEAVEN, judicieusement placé dans le programme, les fans d’Harry Gregson-Williams étaient déjà aux anges !


Martin Tillman et son violoncelle électrique.

La seconde partie du concert, dirigée cette fois-ci par Harry Gregson-Williams en personne (que l’on sentit très tendu tout au long de la soirée), débuta alors sur le brillantissime SINBAD THE LEGEND OF THE SEVEN SEAS, dont on regrettera l’absence du fameux thème principal (un ou deux morceaux de plus auraient été la bienvenue, mais le compositeur a choisi de ne faire jouer que le morceau final du film). Hélas, les cuivres ont encore fait entendre quelques couacs regrettables vers la fin du morceau, trop court et un peu frustrant, alors qu’il s’agit sans aucun doute là aussi de l’une des meilleures BO du compositeur anglais ! On continue dans un registre plus intime et doux avec THE MAGIC OF MARCIANO, petite partition moins connue d’Harry Gregson-Williams écrite pour un petit film indépendant avec Nastassja Kinski et Robert Forster. Visiblement, le compositeur était fier de pouvoir jouer ce soir là cette musique méconnue qui n’a d’ailleurs jamais été éditée officiellement, une musique placée sous le signe de l’émotion et de la tendresse. D’émotion, il était justement question pour la suite du programme puisque l’orchestre entama alors la musique pour les deux films de SHREK, autre grand classique du compositeur (le premier opus ayant été écrit là aussi en compagnie de John Powell). Cette suite de morceau tiré de SHREK et SHREK 2 était placée sous le signe de la magie et de l’émerveillement. Le chœur, féerique à souhait, semblait touché par la grâce, comme la plupart des musiciens qui ont interprétés ces morceaux quasiment à la perfection ! Puis, on termina finalement cette seconde partie avec le très attendu THE CHRONICLES OF NARNIA : THE LION, THE WITCH & THE WARDROBE, autre grand moment du concert réunissant orchestre, choeurs et solistes (Chris Bleth nous ayant offert au passage un superbe solo de duduk pour l’un des morceaux du score). Entendre jouer en live la musique de la bataille finale fut assurément l’un des moments les plus épiques et les plus puissants du concert donné ce soir là au Teatro Monumental de Madrid. Le programme se termina finalement sur une pièce plus tendre et mineure du compositeur, BRIDGET JONES 2, idéal pour apaiser les esprits.


Chris Bleth, Harry Gregson-Williams, Hugh Marsh, Lisbeth Scott et Silvia Sanz Torre.

Les applaudissements envahirent alors très rapidement la salle. Le bis ne se fit alors pas attendre et l’orchestre entama comme on aurait pu s’y attendre une reprise de CHICKEN RUN, toujours interprété avec autant de brillance, de dynamisme et d’humour sous la direction de Silvia Sanz Torre, mais hélas avec toujours le même passage décalé vers la fin du morceau (un problème au cours de l’apprentissage de la pièce probablement ?). Néanmoins, on termina malgré tout sur une très bonne impression, la sensation d’avoir assisté à un concert monumental, épique et émouvant à la fois, traversé de moments puissants et de parties plus intimes et retenues. Avec une sélection juste et équilibrée, Harry Gregson-Williams a démontré ce soir là l’étendue de ses talents de compositeur, et, que l’on apprécie ou non sa musique, difficile de ne pas se laisser entraîner par la fougue de CHICKEN RUN, l’émotion de SPY GAME ou la grandeur de KINGDOM OF HEAVEN. Harry Gregson-Williams a réussit à transposer sa musique de l’écran pour la salle de concert avec brio, les musiciens ayant véritablement fait honneur à ses œuvres (par la suite, Gregson-Williams a tenu à signaler dans l’interview qu’il a accordé à Cinezik.org que les musiciens ont travaillé dur au cours des répétitions pour pouvoir nous livrer une performance remarquable ce soir-là). Il restera donc de ce concert la sensation d’avoir voyagé dans une série d’univers, revisitant l’âme des films concernés par le programme à travers une série d’émotion parfois très contrastées, mais toujours intimement liées à ce qui était véritablement au cœur de ce festival : la musique de film !

Quentin Billard

NOS PHOTOS DU CONCERT DE HARRY GREGSON-WILLIAMS :

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© Photo en médaillon : Sylvain Rivaud (Cinezik.fr)


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