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Lucas, fourmi malgré lui  (2006)

Antz Bully

Varese Sarabande (1er août 2006) | Original Score [musique originale]


 

Le prolifique John Debney (LA PASSION DU CHRIST, SIN CITY) met en musique ce film d'animation en 3D produit par la Warner et Tom Hanks. La musique apporte son lot d’action, d’aventure et d’émotion au film d’animation de John A. Davis, une musique énergique qui à défaut de révolutionner le genre, obtiendra très rapidement l’adhésion des fans de John Debney et de ses partitions pour des films d’animation !



[© Texte : Cinezik] •
Lucas, fourmi malgré lui

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Parade Of Ants (1:01)
2. Destroyer (2:05)
3. Sad Lucas (0:59)
4. Zac Attempts Potion (1:43)
5. Head Of Council (1:07)
6. Parents Leave On Trip (0:41)
7. Zac Makes Potion (0:56)
8. Colony Floods (0:47)
9. Colony Destroyed (1:27)
10. Mommo Awakens (2:05)
11. The Queen (2:11)
12. Team Competition (2:47)
13. Wasp Attack (3:58)
14. Honeydew Feast (2:25)
15. The Ant Mother (2:25)
16. Sneaking Home (1:20)
17. Hang Gliding (2:01)
18. Jellybeans (1:23)
19. Frog Attack (2:15)
20. Zac And Lucas (2:17)
21. Exterminator Arrives (3:02)
22. Asking For Wasp Help (1:37)
23. Launching The Attack (1:47)
24. Assault On Stan (6:05)
25. Lucas Gets Named (2:12)
26. Home Coming (1:13)
27. Bullies And Sweet Rock (4:58)

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Après Jimmy Neutron, le réalisateur John A. Davis fait à nouveau appel au décidément très prisé John Debney qui nous livre un nouvel opus symphonique pour les aventures du petit Lucas au pays des fourmis. Le score de The Ant Bully ne s’éloigne donc guère du style des récentes partitions de John Debney pour les films d’animation Chicken Little ou Jimmy Neutron. On y retrouve cette même énergie orchestrale, des morceaux d’action tonitruants, un thème accrocheur et agréable, etc. Le film débute en grande pompe sur ‘Parade of the Ants’ alors que l’on voit les habitants de la fourmilière s’activer sur fond de rythmes exotiques (associées à la colonie des fourmis), d’un orchestre ample avec cuivres et choeurs à l’appui et un premier thème puissant illustrant la grandeur de la fourmilière. ‘Destroyer’ est quand à lui le premier gros morceau d’action du score de The Ant Bully, un déchaînement orchestral de près de deux minutes qui nous permet de retrouver le grand John Debney de l’époque de Cutthroat Island, maîtrisant l’orchestre et les rythmes martiaux à l’instar de sa partition pour le film de pirate de Renny Harlin. ‘Destroyer’ accompagne avec force la scène où "Lucas le destructeur" écrase les fourmis. Les choeurs achèvent de rendre le morceau quasi épique bien qu’un peu trop bref. Visiblement, Debney prend son rôle très au sérieux et nous promet une aventure agitée, tour à tour massive et épique, puis par moment plus douce et intime comme le confirme le léger ‘Sad Lucas’ qui met l’accent sur les vents et les quelques touches de mickey-mousing chères au compositeur. ‘Zac Attempts Potion’ se veut plus sombre et mystérieux avec l’utilisation d’un choeur pour évoquer la potion magique que prépare Zac pour rétrécir Lucas. ‘Parents Leave On Trip’ permet à Debney de s’amuser un peu en brisant la routine orchestrale habituelle avec une brève touche d’exotisme avec petites percussions d’Amérique du sud, guitares et saxophone alors que les parents de Lucas partent en vacance. La partie finale se veut alors plus proche du mickey-mousing habituel, dans lequel John Debney est passé maître depuis belle lurette (près de 20 ans au service de Disney, ça aide !).

Debney nous propose alors quelques bons morceaux d’action tonitruants à souhait comme le massif ‘Colony Floods’ durant la scène de l’inondation de la fourmilière (morceau d’action qui rappelle les moments les plus enragés de Zathura), ‘Mommo Awakens’ évoquant le moment où Mommo, l’excentrique grand-mère de Lucas, se réveille après la disparition de son petit-fils miniaturisé qu’elle a vu se faire emporter par des fourmi, sans oublier le déchaîné ‘Wasp Attack’ durant la scène de la très spectaculaire attaque des guêpes, quatre minutes d’action pure et dure que les fans de Debney apprécieront à juste titre, et qui apporte une énergie et une force considérable aux images du film (à noter ici aussi le rôle majeur des choeurs qui renforcent le caractère spectaculaire du morceau tout en évoquant l’immensité menaçante des guêpes). Comme toujours chez Debney, les orchestrations, assez soignées, font la part belle aux cordes/cuivres/choeurs/percussions durant les grands moments d’action tandis que les passages plus calmes se réservent les bois (flûte, clarinette, hautbois, basson, etc.), comme le touchant ‘Zac and Lucas’ ou le mickey-mousing ‘Jellybeans’. A noter un morceau aux effets plus particuliers, ‘The Queen’, scène avec la reine des fourmis, qui, après un début tout à fait banal, utilise par la suite un choeur féminin plus onirique avec des effets de souffle d’une flûte assez étonnant de la part de Debney, créant une ambiance toute particulière pour représenter la reine mère. Evidemment, l’histoire possède aussi ses moments plus doux, sereins et optimistes comme l’entraînant ‘Team Competition’ durant la scène de l’entraînement des deux équipes auquel participe Lucas. Le morceau met l’accent sur un rythme martial soutenu pour évoquer le duel entre les deux équipes, dans un genre qui n’est pas sans rappeler certains passages du fameux ‘Little Giants’ (l’un des scores clé du compositeur). A noter que le très aventureux et héroïque ‘Hang Gliding’ développe l’excellent thème principal associé à Lucas et ses amis durant la scène de l’exploration de sa maison en quête des bonbons dont raffolent les fourmis, thème ample et héroïque soutenu ici par des choeurs majestueux.

Puis, la dernière partie du film nous permet d’entendre une succession de morceaux d’action particulièrement jouissifs, à commencer par l’excitant ‘Frog Attack’ pour la scène de l’attaque des grenouilles, accompagnée par des percussions électroniques du plus bel effet avec cuivres massifs et rythmes syncopés du plus bel effet (on est proche par moment ici du style de certains passages action de ‘My Favorite Martian’). Dommage que dans ces gros passages d’action la musique ait tendance à être sous mixée dans le film, même si elle parvient malgré tout à apporter suffisamment d’excitation et d’énergie à ces scènes d’action. ‘Asking For Wasp Help’ est l’un des rares passages plus atonal et sombre du score, avec des sonorités dissonantes et menaçantes tendance musique de thriller entendues durant la scène où Lucas et ses amis partent demander de l’aide aux guêpes alors que l’exterminateur arrive et menace de tout détruire sur son passage. Debney continue donc de prendre cette histoire très au sérieux et nous offre une série de morceaux d’action jouissifs à souhait tel que ‘Launching the Attack’ (envoi des escadrilles de guêpes contre l’exterminateur à la fin du film), héroïque à souhait et très inspiré du score de Atlantis The Lost Empire de James Newton Howard (conséquence probable des temp-tracks du film !), suivi du non moins excitant ‘Assault on Stan’ et ses envolées héroïques à grand renfort de cuivres et de percussions électroniques frénétiques (à 1.11, on pourra même apprécier une brève pause jazzy particulièrement délirante) alors que les guêpes foncent sur l’exterminateur à la recherche d’un point stratégique où utiliser la potion magique de Zac pour le rétrécir et le vaincre définitivement. Après ces 6 minutes d’action quasi non-stop, ‘Lucas Gets Named’ nous permet d’apprécier une atmosphère de triomphe total alors que Lucas retourne à la fourmilière en héros après la défaite de l’exterminateur. Le thème de la colonie revient ici, joué par une flûte exotique avec orchestre et choeurs majestueux pour illustrer la victoire finale. Finalement, ‘Bullies and Sweet Rock’ conclut l’aventure sur une ultime reprise des deux thèmes principaux, le thème de la colonie et le thème de Lucas dans une conclusion épique et héroïque absolument savoureuse, marquée par le retour des percussions exotiques de ‘Parade of Ants’ et une utilisation remarquable des choeurs dans toute leur splendeur pour cette conclusion intense et grandiose, idéal pour finir l’aventure en beauté.

Si vous avez appréciez les récents efforts de John Debney dans le domaine des films d’aventure familiaux comme Zathura et des films d’animation comme Chicken Little, The Ant Bully devrait vous séduire amplement par sa puissance orchestrale, ses touches de mickey-mousing fraîches et ses deux thèmes mémorables sans être d’une folle originalité. A vrai dire, comme toujours chez John Debney, l’ensemble demeure totalement dénué de la moindre once d’originalité et sent même par moment le réchauffé (‘Launching the Attack’ inspiré de James Newton Howard) mais le score demeure pourtant suffisamment entraînant et énergique pour pouvoir susciter l’attention du public, même si le mixage de la musique dans le film est comme toujours assez peu flatteur pour l’oeuvre de John Debney, surtout lors des gros passages d’action (une constante à Hollywood, hélas !). La musique apporte donc son lot d’action, d’aventure et d’émotion au film d’animation de John A. Davis, une musique énergique qui à défaut de révolutionner le genre, obtiendra très rapidement l’adhésion des fans de John Debney et de ses partitions pour des films d’animation !

Quentin Billard

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