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Après Mai  (2012)

Columbia (12 novembre 2012) - 1:05:57 | Album



Pour son film dont l'action se déroule dans les années 70, le cinéaste Olivier Assayas utilise des musiques de l'époque : Syd Barrett, Nick Drake, Captain Beefheart...

[© Texte : Cinezik] • 0886443702257

Après Mai

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1 Terrapin (5:01) - Syd Barrett - Syd Barrett - Syd Barrett 
2 Green Onions (2:54) - Booker T. & The MG's - Booker T. & The MG's - Booker T. & The MG's - Steve Cropper - Steve Cropper - Al Jackson Jr. - Al Jackson Jr. - Lewie Steinberg - Lewie Steinberg
3 Strings In The Earth And Air (4:10) - Dr. Strangely Strange - Ivan Pawle
4 Two Dances: Almaine/Bransle for My Lady's Delight (1:57) - Amazing Blondel - Edward Baird - Bransle
5 Know (2:22) - Nick Drake
6 Air (3:14) - The Incredible Street Band - Mike Heron
7 Sunrise of the third system (4:24) - Tangerine Dream - Christoph Franke - Edgar Froese - Steve Schroeder
8 Fantasia Lindum 00:20:22) - Amazing Blondel - John Gladwin 
9 Decadence (6:56) - Kevin Ayers
10 Abba Zaba (2:42) - Captain Beefheart & His Magic Band - Don Van Vliet - Richard Perry
11 Queen Of Scots (1:41) - Amazing Blondel - Edward Baird
12 Fare Thee Well Sweet Mally (4:31) - Robin Williamson
13 Ballad Of William Worthy (3:18) - Johnny Flynn - Phil Ochs

Autour de cette BO


Tracklist - Musiques présentes dans le film 

Musiques de premier plan (par ordre chronologique) : 

TERRAPIN - Syd Barrett
(Un personnage  met un vynile)
 

GREEN ONIONS - Bookert & The Mg's
(Les personnages partent en Italie) 
 

BRANSLE FOR MY LADY'S DELIGHT QUEEN OF SCOTS - Amazing Blondel
(Peintures et sculptures dans un temple) 

KNOW - Nick Drake
(Le personnage peint dans son atelier)
 

ABBA ZABA - Captain Beefheart & His Magic Band
(Lors de la fête avec la prise d'opium) 
 

WHY ARE WE SLEEPING - Soft Machine
(Lors de la fête avec la prise d'opium 2°) 
 

SUNRISE OF THE THIRD SYSTEM - Tangerine Dream 
(Projection d'un film sur un drap)
 

DECADENCE - Kevin Ayers
(Générique de fin) 
 

Autres musiques :

STRINGS IN THE EARTH AND AIR - Dr Strangely Strange

AIR - Incredible String Band

BALLAD OF WILLIAM WORTHY - Johnny Flynn
(Reprise d'une chanson de Phil Ochs écrite au début des années 1960)

FANTASIA LINDUM / CELESTIAL LIGHT - Amazing Blondel

FARE THEE WELL, SWEET MALLY - Robin Williamson

Propos du réalisateur sur la musique :

La musique au cinéma doit relever du détournement, au sens debordien du terme.
Un morceau est habité d'une poésie qui trouve un sens renouvelé quand il est associé à des images, à un récit. Il imprègne la narration, en même temps qu'il est absorbé par elle. Jusqu'ici, ces citations s'imposaient à moi selon des logiques transversales et mystérieuses. Là, c'est la première fois que les morceaux auxquels je songeais en écrivant ont trouvé leur place dans le film. Sans doute parce que c'est littéralement ce que j'écoutais quand j'avais l'âge des protagonistes.

Dans L'Eau froide, j'avais mis les tubes - enfin, tout est relatif... - ce qu'on entendait dans les fêtes. Mais mes goûts plus intimes, c'est dans Après mai : Syd Barrett, Dr. Strangely Strange, Incredible String Band, Captain Beefheart, Nick Drake, même Amazing Blondel... Pour la scène dans le parc de l'Auberge de Jeunesse, j'ai choisi un morceau de Phil Ochs, datant plutôt du début des années soixante, persistance tenace, dix ans plus tard, du « protest song ». Pour le début de la fête chez Laure, j'aurais pu choisir quelque chose de plus « rock », mais le blues dissonant de Captain Beefheart est, dans mon souvenir, la note même de l'époque.

1971, 1972, c'est une période passionnante pour la musique, très riche. Les albums apparaissaient, au sens mystique du terme. Mais il fallait les mériter, les chercher, les trouver. C'était bien plus que de la musique ; c'était une secte.

J'écoutais beaucoup ce qu'on appelait l'école de Canterbury, constituée autour de la première formation de Soft Machine, Robert Wyatt, Kevin Ayers, Daevid Allen, Mike Ratledge, etc. Il en est issu une nébuleuse, Gong, Matching Mole, Caravan, Hatfield and the North... Plus, bien sûr les carrières solo des uns et des autres. Approuvés y compris par le Collège de Pataphysique, Soft Machine tournaient beaucoup en France, ils ont d'ailleurs beaucoup influencé la scène musicale française qui était mal à l'aise avec le rock et se raccrochait à leur inspiration plus jazz. La vraie musique du gauchisme ce n'était pas du tout, du tout, le rock, mais le free jazz. Il faut dire que c'était une période exceptionnelle, Albert Ayler, Sun Ra, Art Ensemble de Chicago. Ils jouaient et enregistraient à Paris... Au cinéma, je ne supporte plus ces patchworks où l'on assemble des fragments de morceaux.

Dans Après mai, les chansons ne sont pas là pour illustrer, ou pour souligner, elles ont une sorte d'autonomie, leur propre narration parallèle : elles font intégrante du récit, et je leur donne l'espace pour s'y déployer, dans toute leur durée.

Olivier Assayas

 

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