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District 9  (2009)

Sony Pictures Entertainment (16 septembre 2009) - 0:29:45 | Original Score [musique originale]


 

Le canadien Clinton Shorter compose le score de l'excellent film de Neill Blompkamp. Il avait auparavant essentiellement travaillé pour la télévision. Il signe ici un score mêlant chants éthérés africains et synthétiseurs efficaces proches des sonorités du studio Remote Control (on pense à Hans Zimmer, Steve Jablonsky). Pas très original en soi mais plutôt adapté au film.



[© Texte : Cinezik] •
District 9

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. District 9 (6:28)
2. I Want That Arm (2:13)
3. She Calls (1:35)
4. Exosuit (3:15)
5. Harvesting Material (1:46)
6. Heading Home (1:14)
7. A Lot of Secrets (2:27)
8. Back to D9 (1:45)
9. Wikus Is Still Running (2:57)
10. Got Him Talking (2:05)
11. Prawnkus (4:00)

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On pense beaucoup aux musiques de TRANSFORMERS et surtout à TEARS OF THE SUN, Clinton Shorter utilisant les percussions africaines, les voix et les synthés de la même manière que Steve Jablonsky et Hans Zimmer sur ces deux films. Il crée une tension, un climat un peu écrasant, qui convient bien à cet endroit violent et désolé qu'est le District 9. Son utilisation des perscussions ethniques et des voix africaines nous rappellent régulièrement au cours du film où se situe l'action (à Johannesburg), sans qu'il y ait besoin de le mentionner dans les dialogues ou à l'écran. Sa musique se fait ainsi tantôt éthérée et atmosphérique, mélancolique, tantôt furieuse et bestiale. Le compositeur a cette intelligence d'adapter sa musique en fonction du propos du film, qui alterne lui aussi les points de vue (entre reportage télé larmoyant, avec cordes et voix lancinantes, et flash de journal télévisé survitaminé, avec caméra à l'épaule et musique d'action).

Ainsi, comme le film, la musique manie les niveaux de lecture, conscients ou inconscients, permettant à Neill Blompkamp de faire naviguer le spectateur entre fiction et réalité. Si la qualité d'écriture des séquences d'action reste un peu faiblarde (il faut dire que les samples convoquent des sonorités déjà entendues partout), le compositeur et le cinéaste visent avant tout l'efficacité et de ce côté-là, ça fonctionne parfaitement. De même que le réalisateur d'origine sud-africaine n'a rien à envier à la maîtrise technique d'un Michael Bay (visuellement parlant), le compositeur n'a rien à envier non plus à Steve Jablonsky, puisque Clinton Shorter nous gratifie au cours de ce film d'un somptueux thème martial qui fait mouche sur les images. A côté de cela, il délivre des morceaux percussifs de très haut niveau ("Wikus is still running"). Sans parler des séquences finales, aux sonorités cristallines, qui nous emène à un pic d'émotion insoupçonné. Si l'on est bel et bien ici en présence d'un score formaté dans ses sonorités et qui exploite à fond les clichés, il n'en demeure pas moins inspiré et redoutablement efficace. L'une des rares musiques d'un inconnu qui se remarque durant la projection, c'est déjà beaucoup. Inutile de préciser que l'on attend donc avec impatience la suite des productions de ce compositeur autant que celles de Blompkamp.

Sylvain Rivaud

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