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Kung Fu Panda   (2008)

• Mark Osborne et John Stevenson • En salle le 09-07-2008

• Musique composée par et John Powell

Hans Zimmer, habitué des studios d'animation Dreamworks, signe le score de ce film d'animation délirant (présenté hors compétition à Cannes) accompagné de son complice de longue date John Powell, avec qui il avait déjà collaboré sur La route d'Eldorado des mêmes studios Dreamworks en 2000.

[© Texte : Cinezik] •

Kung Fu Panda

Sortie de la BO

Dreamworks Records (3 juin 2008) - 1:00:16

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Hero (4:42)
2. Let The Tournament Begin (1:59)
3. Dragon Warrior Is Among Us (2:57)
4. Tai Lung Escapes (7:06)
5. Peach Tree Of Wisdom (1:53)
6. Accu-Flashback (4:05)
7. Impersonating Shifu (2:18)
8. Sacred Pool If Tears (9:51)
9. Training Po (1:28)
10. The Bridge (3:23)
11. Shifu Faces Tai Long (4:47)
12. The Dragon Scroll (2:31)
13. Po Vs. Tai Long (2:41)
14. Dragon Warrior Rises (3:22)
15. Panda Po (2:39)
16. Oogway Ascends (2:04)
17. Kung Fu Fighting (2:30)

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Autour de cette BO


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Hans Zimmer cuisine un score très exotique, avec percussions chinoises typiques qui rappellent parfois son travail sur Le Dernier Samouraï, tandis que John Powell apporte une touche plus légère, des sonorités plus curieuses, et des envolées cuivrées caractéristiques de son écriture. Il est assez difficile cependant d'affirmer qui à fait quoi tant le melting pot des deux styles des compositeurs (tous les deux très affirmés) transparaissent à chaque morceau. "Dragon Warrior is among us" par exemple concentre autant d'effets typiques de Zimmer (grosses envolées orchestrales, thèmes lyriques à la viole, etc) que de moments de bravoure de Powell (rythmes effrénés, etc). La musique de Kung Fu Panda est donc un véritable terrain de jeu pour les connaisseurs des deux compositeurs, puisqu'on prendre plaisir en s'amusant à reconnaître tel ou tel tic de tel musicien.

Malheureusement ce jeu ludique entre Zimmer et Powell (qui semblent visiblement avoir pris beaucoup de plaisir à faire ce film, la musique s'en ressent) se perdent un peu en chemin ou oubliant de construire un développement dramatique cohérent, ce dont ils sont par ailleurs très capables chacun de leur côté habituellement. La faute certainement à un film lui-même dénué d'idées directrices fortes qui peuvent inspirer (les musiciens ne peuvent même pas s'attarder sur un quelconque thème d'amour puisqu'il n'y en a pas dans le film !). Zimmer crée un joli thème assez tendre pour le personnage de Po (le panda) qui revient de temps en temps mais sans véritablement l'exploiter. Reste quelques beaux morceaux isolés, comme cette belle pièce d'action qu'est "Tai Lung Escape" (par ailleurs la meilleure scène du film), où les deux musiciens créent un suspense, une tension, avant d'illustrer l'évasion du "méchant" par de multiples motifs percussifs ingénieux. On y retrouve la virtuosité de John Powell (on pense évidemment à la trilogie Bourne) alliée à la densité de l'orchestration de Hans Zimmer, composée de fulgurantes envolées de cordes ou de cuivres. En dehors de cela, Zimmer et Powell font du remplissage, avec des morceaux doux au violon ou à la flûte et des cordes plutôt fades, en attendant les moments forts du film, à la musique plutôt sympathique (le grandiose "Sacred Pool of Tears", le dantesque morceau d'action "Shifu Faces Tai Lung" proche de l'esprit de "Matrix", avec choeurs à l'appui).

Malgré quelques passages réussis, on ne retiendra finalement pas grand chose de cette collaboration Zimmer/Powell, qui s'était avérée bien plus créatrice les rares fois précédentes. On a ici l'impression que Hans Zimmer s'est contenté d'écrire le thème principal et quelques arrangements, tandis que John Powell assure les rythmes et les recherches de sonorités, mais sans réelle volonté, ni d'un côté ni de l'autre, d'expérimenter, de s'amuser, comme si la créativité de l'un avait anihilé celle de l'autre, et vice-versa. Du Zimmer et du Powell en pilotage automatique, en somme. Ça arrive parfois... Reste un sympathique album que les fans des deux compositeurs pourront savourer à l'occasion. On reste cependant très loin des audaces musicales de John Powell sur ses projets solo (Horton était à ce titre un score exemplaire), ni de l'inspiration de Hans Zimmer sur certains autres films de plus modeste ambition.

Sylvain Rivaud

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