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Potiche  (2010)

Naïve (2 novembre 2010) | Original Score [musique originale]


Philippe Rombi retrouve son fidèle réalisateur François Ozon après RICKY pour une partition pastichant Morricone et Cosma, et cotoyant des morceaux de Stelvio Cipriani ainsi que des chansons diverses, dont une interprétée par Catherine Deneuve, "C'est beau la vie" de Jean Ferrat, arrangée par Benjamin Biolay.

[© Texte : Cinezik]
Potiche

Tracklist

Musique originale (13 pistes)

Philippe Rombi

Musiques de Stelvio Cipriani (2 pistes)

"Slow Giradschi", 1973
"Teen agers cha cha cha", 1973

Chansons (11 pistes)

«Emmène-moi danser ce soir» (F. Valery / J. Albertini) Interprété par Michèle Torr 1978

«Parlez-vous français ?» (Franck Dostal / Rolf Soja) Interprété par Baccara 1978

«Viens faire un tour sous la pluie» (Richard Dewitte / Serge Koolenn) Interprété par Il Etait Une Fois 1975

«More than a woman» (B. Gibb - R. Gibb - M. Gibb) Interprété par The Bee Gees 1977

«Cu-cu-rru-cu-cu Paloma» (Thomas Mendez) Interprété par Fernando

«123» (J.P. Cara / J.P. Cara - T. Rallo) Interprété par Catherine Ferry 1976

«C'est beau la vie» (Claude Delecluse - Michèle Senlis / Jean Ferrat)
Interprété par Catherine Deneuve Réorchestré par Benjamin Biolay aux Studios de la Seine
Musiciens : Elsa Benabdallah, Christophe Morin, Nicolas Fiszmann, Denis Benarroch
Voix : Rachel Pignot

 

Autour de cette BO

 Interview B.O : François Ozon & Philippe Rombi, POTICHE

Propos de François Ozon sur la musique (et chansons) :

Je ne voyais pas de raison de faire une comédie musicale de cette pièce, mais je tenais à ce que l'époque soit marquée par les chansons et les musiques de ces années-là. Pour la musique originale, j'ai demandé à Philippe Rombi de retrouver l'esprit des comédies des années 70, l'ambiance des musiques de Vladimir Cosma ou de Michel Magne et d'exploiter deux veines : l'une plutôt comique, liée à à Robert Pujol et une plus sentimentale renvoyant à l'histoire d'amour entre Suzanne et Babin. Il y a deux directions dans le film : la direction Fabrice Luchini et la direction Gérard Depardieu. Avec Catherine Deneuve au milieu qui oscille entre la comédie et le mélo.

"Emmène-moi danser ce soir" de Michèle Torr est la chanson qui s'est le plus vendue en France en 1977-78. Une femme qui demande à son mari de s'occuper d'elle, comme avant... Cela renvoyait directement à la position de Suzanne au début du film. Quand Catherine danse et chante dans sa cuisine, l'idée était de rester ancré dans la réalité du personnage, que Catherine continue à ranger sa cuisine comme tous les matins, que cela reste très concret et quotidien, qu'on sente que cette femme est heureuse dans sa cuisine, malgré tout. À la fin du tournage de la séquence, Catherine m'a avoué, après avoir vidé une dizaine de fois le lave vaisselle : «Ça me rappelle la scène du cake d'amour dans PEAU D'ÂNE.» Je n'y avais pas du tout pensé, mais cette évocation m'a ému.

Pour la danse au Badaboum, c'est Benjamin Biolay qui m'a conseillé la chanson d'Il était une fois que je ne connaissais pas : "Viens faire un tour sous la pluie". Elle avait l'avantage de coller complètement à l'époque dans ses arrangements et de proposer pour la chorégraphie deux tempos différents : un côté slow et un autre disco pour les refrains, dans l'esprit des Bee Gees. Pour cette danse entre Suzanne et Babin, il s'agissait d'assumer complètement le couple mythique Deneuve/Depardieu. L'artifice est ici nécessaire : ils regardent la caméra, c'est un moment hors du temps, un peu magique. On n'est plus dans le réalisme, mais dans la vérité et l'incarnation de ce couple qui éprouve une grande tendresse et s'amuse.

"C'est beau la vie", la chanson chantée par Suzanne à la fin du film, a été écrite par Jean Ferrat dans les années 60 pour Isabelle Aubret, qui avait survécu à un grave accident de voiture. L'utiliser dans un cadre plus politique, à la fin du meeting, me semblait lui donner une autre dimension, après avoir suivi le parcours de Suzanne et son émancipation. Avec Benjamin Biolay, nous avons tenu à ce que la voix de Catherine soit mise en avant, enregistrée de manière très réaliste, sans retouches, dans toute sa fragilité et sa vérité.

Il n'était pas prévu dans le scénario que Babin l'écoute à la radio mais j'ai improvisé cette scène avec Gérard, un jour, en fin de jour- née. J'avais envie qu'on le revoie une dernière fois après leur coup de téléphone et j'ai donc lancé la musique pour voir ce qu'il allait faire, le laissant improviser... Le voir écouter la voix de Catherine et chantonner en même temps fut un des moments les plus émouvant du tournage.

Nos articles sur cette BO

Les premières notes du Score sont familières du style de Philippe Rombi (on pense à l'ouverture de "Bienvenue chez les Ch'tis" par cette légèreté et la mise en avant d'un thème), puis un sifflement humain vient rejoindre le thème orchestral, et là on repense à nos souvenirs de comédies mises en musique par Cosma ("Un éléphant ça trompe énormément" pour l'aspect bucolique, "Les compères" pour le sifflement, "La Gloire de mon père" pour le thème) ou Morricone ("Il était une fois la révolution" pour la mélodie, la voix et lorsque des percussions très 80's viennent au milieu du morceau soutenir et rythmer le thème sifflé). Cette première piste fonctionne comme une introduction dans la rêverie (avec l'image d'une Catherine Deneuve faisant son footing, rare moment où cette "potiche" est en extérieur), mais cette piste a une conclusion mettant fin à la rêverie (avec une unique note s'éteignant en fondu), pour retrouver l'intérieur de la maison.

On passe sur les chansons (présentes des piste 2 à 11) qui rappellent après "8 femmes" que Ozon aime la variété française et la faire chanter par ses comédiennes au foyer (Deneuve qui reprend un air entendu à la radio).

On retrouve justement en piste 12 le morceau "Transistor" de Philippe Rombi, sur un air enjouée, avec rythme binaire et des voix humaines scandant des "bababala, bababala") désignant clairement la référence à Cosma pour "L'aile ou la cuisse", piste s'achevant avec une même note suspendue en fondu que l'ouverture. Les morceaux de Philippe Rombi fonctionne bien comme des respirations au calvaire conjugal de la "Potiche", jusqu'à devenir buissonnière avec les titres "Mon ami l'écureuil", La Rose du matin", et dans l'emploi de la harpe et de la flute. La musique se fait aussi plus grave sur "Pujol Séquestré" pour reprendre de la légèreté pour "Les souvenirs de Suzanne" (dont la voix susurrante rappelle "L'"oiseau au plumage de cristal" de Morricone pour le film d'Argento), avec le thème qui continue de circuler pour devenir le "thème de Suzanne", entendu au piano seul sur "Suzanne et Maurice". Nous retrouvons là le Philippe Rombi que nous aimons dans ce tendre attachement à la mélodie, avec candeur et jeu.

Par ailleurs, les deux morceaux de Stelvio Cipriani confirment l'attachement à l'Italie, "Teen Ager Cha Cha Cha" et "Slow Giradischi" provenant du film d'horreur "Ecologia del Delitto" de Mario bava (1971).

Benoit Basirico

potiche-itv

interview

Interview B.O : François Ozon & Philippe Rombi, POTICHE

Le compositeur Philippe Rombi et François Ozon se retrouvent sur POTICHE entre esprit pastichant les années 70, travail mélodique et désir de comédie musicale. Rencontre.

Video

Interview de François Ozon et Philippe Rombi - POTICHE

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