Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusCannes 2019

EN

VOIR

PLUS

The Descent  (2005)

Cooking Vinyl (GB : 1er Mai 2006,
US: 11 juillet 2006) - 49:42 | Original Score [musique originale]


 

David Julyan crée la surprise avec un score horrifique bien plus ambitieux que tout ce qu’il a pu faire auparavant, marquant un premier tournant dans la carrière du jeune musicien britannique, qui, on l’espère, va enfin pouvoir déployer ses ailes et s’envoler en nous offrant d’autres partitions de qualité comme celle-ci !



[© Texte : Cinezik] • 0711297477429
The Descent

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Opening (0:36)
2. White Water Rafting (1:25)
3. Nightmare in the Hospital (0:43)
4. The Mountains (1:54)
5. Drive to the Cave (2:57)
6. Into the Cavern (2:00)
7. Down the Pipe (2:54)
8. The Tunnel Collapses (3:42)
9. Crossing the Crevasse (4:13)
10. Cave Paintings (2:33)
11. Sarah Sees a Crawler (1:32)
12. The Bone Dam (5:21)
13. Reunited with Juno (2:00)
14. Sarah Makes a Torch (2:24)
15. Sarah Finds Beth (2:31)
16. The Lair (3:16)
17. Juno Climbs (0:54)
18. The Crawlers Attack (2:24)
19. The Descent (4:54)
20. Alone (1:27)

Nos articles sur cette BO

Second film d’épouvante du réalisateur anglais Neil Marshall, The Descent est un savant mélange d’horreur et de frisson se déroulant quasiment entièrement dans une grotte où six jeunes femmes parties en expédition spéléologique se retrouvent coincés et traqués par des terrifiantes créatures (les crawlers) vivant dans les cavernes souterraines et attirés par la chair humaine. Le réalisateur du mémorable Dog Soldiers nous revient ici en pleine forme, car, comme l’annonce la tagline du film, « il y a des films d’horreur et il y a des films qui font peur », et The Descent fait assurément partie de cette catégorie. Marshall filme la grotte avec une noirceur absolue, lui conférant un côté organique qui rappelle beaucoup Alien de Ridley Scott (qui a indéniablement influencé le réalisateur sur ce film). Les créatures sont quand à elle très réussies, Marshall évitant fort heureusement d’avoir recours aux images numériques, tandis que le sextuor d’actrices s’en tire à merveille tout au long du film, brassant différentes formes de peur comme la claustrophobie, l’hallucination, la paranoïa et l’angoisse. The Descent vaut aussi par son côté résolument gore qui rappelle un peu les films d’horreur à l’ancienne, ceux des années 80 qui n’avaient pas peur de montrer du gore bien crade et sans concession. Voilà en tout cas un film d’horreur brillant et terrifiant qui devrait vous maintenir en haleine d’un bout à l’autre de l’histoire.

David Julyan, compositeur attitré de Christopher Nolan, s’est vu offert avec The Descent la possibilité d’étendre sa palette sonore en écrivant un score horrifique doté d’un plus gros budget que sur ses précédents films (Memento, Insomnia, etc.). La musique de The Descent s’apparente ainsi à une solide descente aux enfers musicale, alliant de l’électronique atmosphérique chère au compositeur à des purs moments de folie orchestrale et de l’atonalité brumeuse. La musique se focalise donc tout au long du film sur le côté claustrophobique et angoissant, traversé de quelques moments plus calmes mais toujours très brefs. Le thème principal, confié à des cordes, possède un côté plus ample et dramatique associé aux six héroïnes du film. Le thème, entendu dans la première partie du film, nous fait alors comprendre que quelque chose de terrifiant est sur le point d’arriver (on pense d’ailleurs ici au style du score de Insomnia, avec ses cordes sombres et envoûtantes). Puis, la descente dans la caverne se veut bien plus sombre et atmosphérique, avec ces sonorités électroniques pesantes et mystérieuses. Enfin, les premiers sursauts orchestraux de terreur surviennent lors de la scène de l’éboulement de la caverne et lors de la traversée difficile de la crevasse. Clusters de cuivres, cordes stridentes, percussions chaotiques, tous ces éléments orchestraux hérités du langage savant de la musique ‘contemporaine’ du 20ème siècle sont ici réunis pour renforcer le sentiment de peur et de danger, sentiment omniprésent tout au long du film.

La partition s’enfonce alors dans l’obscurité à l’instar des six héroïnes du film. L’atonalité règne en maître absolu sur le score de David Julyan, qui utilise en plus de l’orchestre une chorale féminine représentant les déboires sanguinaires des héroïnes. Julyan utilise ici le chœur de façon envoûtante, hypnotisante, angoissante. Ces voix semblent surgir de l’au-delà, comme pour annoncer la mort prochaine des héroïnes et renforcer le climat cauchemardesque et pesant de la musique et de l’ambiance du film. A noter que l’utilisation des voix dissonantes aigues rappelle incontestablement ici le style du fameux "Requiem" de Ligeti, compositeur qui semble avoir quelque peu influencé David Julyan sur The Descent. L’un des premiers climax de terreur du score est atteint pour la scène du premier affrontement contre les crawlers (‘The Bone Dam’), 5 minutes de frissons garantis entrecoupés de gros déchaînements orchestraux d’une violence saisissante, autant sur l’album que sur les images du film. C’est d’ailleurs l’impact de la musique sur le film qui reste ici l’atout majeur de cette partition horrifique de qualité. Le reste du score demeure du même acabit: voix féminines quasi surréalistes, déchaînements orchestraux, sonorités électroniques glauques et même percussions électroniques aux sonorités tribales et sauvages pour l’affrontement final contre les créatures.

David Julyan crée alors la surprise avec un score horrifique bien plus ambitieux que tout ce qu’il a pu faire auparavant, marquant un premier tournant dans la carrière du jeune musicien britannique, qui, on l’espère, va enfin pouvoir déployer ses ailes et s’envoler en nous offrant d’autres partitions de qualité comme celle-ci!

Quentin Billard

Autres BO du compositeur

Vos avis