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Zulu  (2013)

(Décembre 2013) |


Alexandre Desplat retrouve Jérôme Salle après les deux opus de "Largo Winch".

[© Texte : Cinezik]
Zulu

Autour de cette BO

Entretien avec Alexandre Desplat :

ZULU est une nouvelle étape de votre travail de composition pour Jérôme Salle... D'où vient l'envie de poursuivre cette collaboration, très différente des films LARGO WINCH ?

Jérôme m'a contacté lorsqu'il préparait le premier volet de LARGO. Nous nous sommes rapidement très bien entendus ! J'ai tout de suite apprécié sa franchise, son énergie et son exigence en matière de mise en scène. Je ne me suis pas trompé...

Un troisième film ensemble coulait donc de source ?

Ça n'est jamais le cas, l'expérience me l'a appris ! Jérôme a juste eu la gentillesse de faire à nouveau appel à moi pour ZULU et j'ai continué avec lui assez logiquement.

ZULU explore un univers très rude, violent,. Comment travaillez-vous sur ce genre de film : avez-vous besoin de voir des images, de lire le livre puisque c'est à la base un roman ?

Je n'ai pas lu le livre mais le script que j'ai moi aussi trouvé brutal et dur. Ça m'a d'ailleurs aidé à imaginer ce que serait la musique et surtout, aussi, ce qu'elle ne serait pas ! Très tôt, Jérôme a compris que ça ne pourrait pas être une musique d'action, parce que ces scènes-là sont toujours assez fulgurantes dans le film, sans complaisance. Si la musique se prenait à vouloir souligner l'action, cela aurait eu l'effet inverse. Pour moi, la musique est plutôt présente pour créer une atmosphère lourde, étrange. J'ai utilisé un orchestre, épaulé par beaucoup d'éléments électroniques mais sans aucun apport d'instruments ethniques qui puissent nous ramener en Afrique. L'idée était de garder une distance, de ne pas se laisser piéger par un film de genre.

C'est intéressant parce que pour ARGO par exemple, vous aviez tenu au contraire à intégrer dans votre bande originale des instruments et des musiciens perses.

Mais il y avait pour cela une raison très forte : Tony Mendez, le personnage de Ben Affleck, a pour mission d'entrer en Iran, dans un monde hostile et d'en ressortir en ayant sauvé des otages. Donc la musique, pour moi, représentait cet univers ennemi. La rupture entre le début du film baigné de musique occidentale et la seconde partie plus ethnique en Iran était essentielle. Dans ZULU, on est d'entrée en Afrique du Sud, dans un univers inhospitalier, avec deux personnages sud-africains, un Blanc et un Noir. Tous deux sont à la recherche
de la solution d'une énigme, compliquée par des réseaux de narco-trafiquants et de gangsters. Le contexte local existe, pas besoin de le souligner.

Vous faites partie aujourd'hui d'une toute petite liste de compositeurs les plus demandés au niveau mondial et pourtant vous continuez à choisir vos projets avec humilité et curiosité, notamment en France.

Je reste toujours heureux de la rencontre avec un metteur en scène ou qu'un autre me rappelle, comme Jérôme ou Jacques Audiard par exemple, pour un nouveau voyage. J'aime aussi varier les expériences musicales : si LARGO WINCH s'inscrivait davantage dans une ambiance «Bondienne» ou «John Barryesque», ZULU m'a emmené ailleurs, avec le sentiment d'une mise en danger. Et ça ne ressemble pas non plus à ce que je viens d'enregistrer pour MARIUS et FANNY de Daniel Auteuil ! A priori, c'est ça qui est excitant : je ne saute pas à l'élastique mais c'est tout comme !

Dernière chose : ZULU va faire la clôture du Festival de Cannes. Vous connaissez bien ce rendez-vous pour y avoir été en compétition et membre du jury en 2010. Quels conseils pourriez-vous donner à Jérôme Salle, Richard Grandpierre et toute leur équipe pour les aider à supporter l'angoisse de la projection devant le tout cinéma mondial ?

Simplement leur dire qu'ils doivent rester humbles mais aussi avoir confiance en leur film. ZULU est une remarquable adaptation du roman de Caryl Férey, porté par un casting fabuleux avec un Forest Whitaker revenu au sommet et un Orlando Bloom inédit, une mise en scène virtuose de simplicité... et évidemment une musique extraordinaire !

Propos issus du dossier de presse.

 

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