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LES CLAVIERS AU SON VINTAGE

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La majorité des compositeurs de film d'aujourd'hui utilisent des synthétiseurs pour composer et/ou produire leur musique. La plupart d'entre eux, qu'on associe généralement au rock ou au jazz, ont acquis une grande célébrité, et les collectionneurs dépensent des sommes astronomiques pour les acquérir. Parmi ces amateurs de son vintage, le compositeur de film Mark Mothersbaugh, ancien chanteur de Devo, qui dans les bonus du collector de "La vie aquatique" manifeste son attachement à ces sonorités particulières qu'il a utilisé pour le même film. Mais il n'est pas le seul, et le Cinéma Bis a souvent abusé de ces synthétiseurs. Cinézik, par souci d'aider les compositeurs dans le processus de création, a estimé utile de présenter aux internautes un inventaire de ces claviers d'un autre âge.

1. Les claviers électro-acoustiques : le son est produit mécaniquement puis capté et amplifié.
2. Les systèmes à source enregistrée:
3. La synthèse sonore: La synthèse sonore est une technique entièrement électronique où le son est produit par des oscillateurs.
4. Une autre technique : l'échantillonnage. Les sons échantillonnés sont ensuite déclinés dans toutes les tonalités. 

1. Les claviers électro-acoustiques : le son est produit mécaniquement puis capté et amplifié.

- Le Hohner Clavinet (1964) 

Un petit clavecin (plus proche du cemballo en fait) amplifié avec un micro alimenté par une pile 9 V. Ce mode de captation a totalement modifié le rendu sonore de l'instrument qui estdevenu tranchant, agressif et plus rythmique que jamais. L'intro de Superstition par Stevie Wonder illustre ces qualités à merveille. Le Reggae fut aussi transformé par cet instrument,tout comme le jazz-rock. Sur le parcours entre l'instrument et l'ampli, il est possible de glisser toutes sortes d'effets électroniques, comme un flanger ou une pédale wah-wah. Imaginez un peu Jean-Sébastien Bach se déchainant à la wah-wah sur une fugue.

Après le clavecin électrique, le piano... avec deux modèles principaux :

- Le Fender Rhodes (1er proto de 1946. En série à partir des années 1960)
- Le Wurlitzer (à partir des années 1950)

En fait de piano, il s'agit de lamelles métalliques frappées par des marteaux. Le son du Fender Rhodes, très doux, est particulièrement apprécié dans le jazz-rock à la Chick Correa (meilleurs albums de Return to Forever par exemple). Le Wurlitzer a un son plus "sale", plus proche de la saturation. Il a été plus apprécié dans le rock. Les deux peuvent aussi recevoir de multiples effet de phasing-flangering, wah-wah, chorus, trémolo... et bien sûr permettent le jeu à la pédale de volume.

2. Les systèmes à source enregistrée:

- Le Mellotron (1963)

Cet instrument électronique n'est pas un synthétiseur. Il ne produit aucun son. C'est en fait un magnétophone à clavier. Sous chaque touche se situe une courte bande magnétiqueenregistrée avec le son d'un instrument joué à la note juste. Un mécanisme à ressort provoque le ré-enroulement de la bande lorsque la touche est relâchée. Il a été inventé pour lesgrands studios afin de remplacer les orchestres. Le rendu sonore est pourtant à mille lieues de faire illusion. C'est ce qui fait son charme. Aujourd'hui, le mellotron est très recherchépour sa sonorité rétro kitsch. L'exemple le plus célèbre de l'usage du Mellotron est l'intro de Strawberry Fields des Beatles, à la "flûte traversière". En fait, les bandes magnétiques sontchargées en plateaux. Chaque plateau offre plusieurs sonorités. Les plus célèbres sont la flûte, les cordes et les cuivres. Pratiquement, les possibilités sont infinies, mais le sampling afini par limiter l'intérêt du mellotron. Il existe aujourd'hui de nombreux émulateurs de mellotron, mais aucun ne peut restituer la particularité des effets méchaniques de l'appareil (ah, lasensation de la bande qui se rembobine à chaque fois...). Un must... 

Concurrent de la bande magnétique, il fallait bien employer le disque... Ce fut chose faite avec l'inénarrable Optigan de Mattel (début des années 1970)

- L'Optigan est le premier tourne-disque à clavier (en plastique). On charge un disque spécial dans un système de lecture optique et le clavier donne accès à une séried'accompagnements et de sons préenregistrés. Il est à noter que certaines tonalités ne s'obtiennent qu'en jouant sur le pitch, c'est-à-dire la vitesse de lecture du disque optique. Résultatatroce et absolument cultissime.

Blur semble l'avoir utilisé sur l'album 13.3.

3. La synthèse sonore:

La synthèse sonore est une technique entièrement électronique où le son est produit par des oscillateurs.

- Les Ondes Martenot

Inventé en 1928, ce fut le premier synthétiseur à oscillateurs à recevoir un accueil triomphal, aussi bien dans la musique expérimentale que dans les chansons populaires. Aujourd'hui,les virtuoses des Ondes Martenot ne sont plus qu'une poignée.

La synthèse se développe vraiment avec la série des instruments de Robert Moog :

- Le Minimoog (monodique) (1971)

Très beau solo de Max Middleton dans Egypt de Kate Bush (album Never for ever, 1980). La monodie procure un très agréable coulé des notes.

- Le Polymoog (polyphonique)
- Le Moog modular
- Le Multimoog
- Le Sadomasomoog ;-)

- Un instrument à part : l'orgue électromécanique Hammond. Il paraît que c'est l'instrument à clavier précurseur dans le domaine de la synthèse additive.

Ici un Hammond B3 avec sa cabine Leslie (hauts parleurs montés sur un axe rotatif motorisé à vitesses variables).

La série des orgues analogiques polyphoniques entièrement électroniques (combo organs) a été prolifique.

- Le Vox Continental

Très utilisés par Pink Floyd, les orgues Vox tentent de reproduire le son de l'orgue Hammond pour un encombrement et un coût moindre.

- Le ARP Solina String-Ensemble (1974)

Il tente d'imiter synthétiquement le son d'un ensemble de cordes.

- Le Farfisa, orgue emblématique de la fin des années 1970 offrant plusieurs timbres d'instruments.
- Le Yamaha CS80 (1977)
- Le Sequential Circuit Prophet 5 (1977)

Une nouvelle génération de synthétiseurs, fondée sur la synthèse FM (modulation de fréquence), a donné sa sonorité (que je trouve assez détestable) aux années 1980.

- Le Yamaha DX-7 (1983) 
- Le ARP Séquenceur 2500/2600 (1970)

A quoi ça sert ? À faire des séquences répétitives modifiables instantanément. Si je ne m'abuse, l'intro de Baba O'Riley des Who est faite au ARP 2600.On pouvait aussi lui adjoindre un clavier, pas forcément nécessaire.
 

4. Une autre technique : l'échantillonnage

Les sons échantillonnés sont ensuite déclinés dans toutes les tonalités.

- Le Fairlight CMI (1979) 

Il échantillonne en 8 bits sur 20/32 KHz et tourne sous une version modifiée de MSDos. On entend abondamment le CMI sur le 4e album solo de Peter Gabriel ; il y est notamment employé pour créer des séquences (San Jacinto, Rythmn of the Heat...)

- Le NED Synclavier system (prototypes dès la fin des années 1970).

Le plus puissant calculateur de son temps au service de la musique. Il paraît que le processeur a été utilisé dans la navette spatiale. Il est composé de deux sections : une sectionsynthétiseur + la fameuse section d'échantillonnage.Le site d'un ami, qui m'a permis de connaître (et tripoter) tous ces instruments : Site. Son site est malheureusement resté en friches ces derniers temps... Alew Row Cet article a originellement été posté sur le forum "Autour de la Musique Classique" (Xavier Bussatto). Merci à son auteur d'avoir accepté de publier cet article sur Cinézik.Pour toute réclamations concernant les droits des photos ici présentées merci d'écrire au responsable juridique du site.

Damien Deshayes

 

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