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Rencontres Henri Langlois 2010 - Soirée d'ouverture - Interview des danseuses New Burlesque du film TOURNEE

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- Publié le 06-12-2010




 

La soirée d’ouverture du Festival des films d'écoles de Poitiers s'est déroulée le 3 décembre 2010 avec les danseuses New Burlesque du film TOURNEE de Mathieu Amalric. Interview. 

 

Les rencontres Henri Langlois des films d'écoles de Poitiers ont ouvert leurs portes vendredi 3 décembre avec une projection du film TOURNEE de Mathieu Amalric.
C'était un moyen de « boucler la boucle », avec la venue de Mathieu Amalric sur le festival deux ans auparavant lors d'une leçon de cinéma, où il faisait part de ses réflexions sur un projet, qui allait devenir le film Tournée (film qui a été filmé en partie dans la région Poitou-Charentes). Les danseuses New Burlesque du film ont fait le déplacement, pour offrir un show aux festivaliers lors de cette soirée d'ouverture.

Mathieu Amalric n'a pas pu faire le déplacement, mais le réalisateur a offert au festival deux "rushes" de son prochain projet, dans lesquels il filme John Zorn, célèbre compositeur américain, lors d'une de ses répétitions. Mathieu Amalric filme donc en ce moment même ce musicien de jazz.
Puis il a fourni en exclusivité un long métrage tourné pour France télévision, L'illusion comique. Ce téléfilm est une commande faite à Mathieu Amalric dont le but était de mettre en scène une pièce de théâtre joué à la Comédie Française dans un contexte tout autre que le théâtre, de sortir cette histoire du théâtre, avec les acteurs de la pièce de la Comédie Française (les dialogues en alexandrins ont également été gardés).
Ce téléfilm sera diffusé sur France 2 le 17 décembre prochain à 22h50.

Nous avons pu rencontrer quelques danseuses du film TOURNEE pour évoquer le processus musical du film avec ces spectacles de Show Burlesque.

Interview avec Mimi le Meaux et Kiten on the Keys

Cinezik : Quelle est l'importance de la musique dans vos shows ?

Kitten on the Keys : La musique est très importante. Je suis musicienne et je chante aussi (j'ai commencé à chanter dans les églises à trois ans). La musique, c'est ma vie. Mais je peux aussi m'exprimer par des mots, des gestes. Je pourrais très bien le faire en face à face, mais donnez-moi un piano, un ukulélé ou un accordéon et un microphone, et là je peux réellement exprimer mes émotions.
Je crois que dans toutes les scènes, nous rêvons, et nous devons continuer à rêver. Ce sont des chansons amusantes, kitsch mais en même temps qui veulent dire beaucoup de choses.
Par exemple, je pense que la berceuse dans le film montre que mon personnage donne de l'amour, à la façon d'une mère qui essaye d'endormir ses enfants.
C'est juste un exemple dans le film mais je pense que c'est très important.

Mimi le Meaux : Oui, entre les parties dansées, c'est très important pour nous d'avoir un musicien, un comédien ou un chanteur parce que cela fait une coupure. Quand tu vois les danseurs les uns après les autres, c'est ennuyeux. Donc la partie musicale est très importante. Cela montre ce que les danseurs apportent et ce que la musique apporte, et cela crée un équilibre. Vous ne pouvez pas avoir un show sans cela, sans elle.

Kitty : Merci. Le numéro "Louis Louis", c'est au sujet de Louis XIV. Et c'est assez burlesque d'avoir cette musique amusante dans le numéro. Donc, la musique est en quelque sorte le numéro un.

Mimi : Par exemple, j'avais un numéro depuis plus de cinq ans, mais je n'en étais pas satisfaite. Il m'a fallut cinq ans pour trouver la bonne musique pour ce numéro, et je viens juste de la trouver. La création de ce numéro m'a pris beaucoup de temps car je n'avais pas trouvé la musique qui convenait vraiment.

Kitten : Je me souviens dans nos toutes premières rencontres avec Mathieu. Avant de tourner le film, il nous avait donné une liste de chansons qui reflétaient le ton et l'ambiance de ce qu'il était en train d'écrire dans le scénario. Et nous avons tout de suite compris que ça allait être des musiques puissantes. La musique est très importante dans le script.

Mimi : Aussi, on lui avait donné six ou sept cd de musique de cabaret que nous écoutons dans le spectacle, lorsque nous sommes dans les coulisses en train de nous préparer, ou des musiques que nous écoutions dans les soirées qu'il a donné, ainsi qu'une pile de cd reflétant nos goûts musicaux.

Kitten : Les musiques nous représentent. Au début du show, lorsque je présente Mimi, j'explique ce qu'est le New Burlesque, ou j'invite le public à réagir, c'est unique.
C'est un moment très important pour le spectacle, pour rentrer dans le show.

Comment composez-vous vos chansons dans vos numéros, quelles sont vos influences ?

Kitten : Mon nom de scène est Kitten on the Keys, "Petite chatte sur les touches" (de piano bien sûr) (rires). Et ce nom vient d'une chanson de 1920. Donc je suis très influencée par ces chansons, et particulièrement par les années 20 et 30. Vous savez, en 1929 a eu lieu la Grande Dépression, et ces chansons étaient écrites pour remonter le moral des gens. J'aime aussi certaines chansons des années 80, Queen, Freddy Mercury... Il y a beaucoup de choses que j'aime écouter, des chansons amusantes. J'aime les années 20 car les femmes commençaient à enlever leurs corsets, couper leurs cheveux, et exprimer un genre d'abandon sexuel. Et mon père était un "batteur", il jouait pour des danseuses.

Et vous Mimi, comment choisissez -vous vos musiques ?

Mimi : J'ai une énorme collection de cd. Et je fais du burlesque depuis si longtemps que j'ai dû renouveler ma collection. J'écoute du vieux jazz nuit après nuit, et j'ai une préférence pour la période des années 20 à 50. J'ai une énorme collection de jazz de cette époque. J'écoute tout ce que je peux trouver dans les marchés libres. Et c'est comme ça que je trouve mes chansons.

Kitten : Ce qui est amusant pour Mimi et moi, c'est que nous adorons aller au marché libre, dans les bibliothèques.

Mimi : Mais maintenant, c'est plus facile.

Kitten : Oui, avec l'ordinateur et Internet, c'est plus facile de trouver de la musique.

Pour vos chansons Kitten, écrivez-vous toutes les paroles ?

Kitten : Sur mes chansons personnelles oui. Cependant j'ai dû faire des modifications car mes chansons, la plupart des gens ne comprennent pas qu'elles sont amusantes, à cause de la barrière de la langue. La première fois que je suis venue en France, en 2003, certaines de mes chansons n'ont pas marché auprès des spectateurs. Donc je devais intégrer des mots qu'ils connaissaient. « Mon petit Pussy » a bien marché car elle est en deux langues. Et j'ai aussi écris une chanson en français.

Donc vous changez des paroles d'un pays à un autre ?

Kitten : Oui. Par exemple lorsque nous étions à Hong Kong, j'essayais de mettre des combinaisons de mots de leur langue. Mais j'adore apprendre des choses d'une culture différente.

Floriane Jenard
Photos : Sébastien Laval

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