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Interview : Jérôme Lateur, directeur artistique du Festival des Musiques à l'image
Rencontre

- Publié le 04-10-2013
 - Interview : Jérôme Lateur, directeur artistique du Festival des Musiques à l'image


Jérôme Lateur (réputé pour son rôle de producteur musical chez La Petite Reine - incluant THE ARTIST) nous dévoile les coulisses du festival et du concert en hommage au binôme John Williams / Steven Spielberg qui se tient au Grand Rex dimanche 6 octobre 2013.  

 Voir notre page dédiée au Festival avec le programme détaillé 

Interview Jérôme Lateur
Directeur artistique et producteur exécutif du Festival des Musiques à l'image


Cinezik : Il s'agit de la deuxième édition du Festival des Musiques à l'image, quel travail spécifique a été entrepris pour le concert de cette année par rapport au Ciné-Concert de THE ARTIST l'an passé ?

Jérôme Lateur : C'était plus compliqué que l'année dernière car à la base John Williams n'autorise pas un autre orchestre que le LSO à jouer ses musiques. Le LSO n'était non seulement pas disponible aux dates du festival, et les faire venir coûte une fortune. Mais la première édition du festival a bien servi car quand nous avons contacté l'agent de John Williams, Sam Schwartz, on lui a demandé d'appeler Marco Beltrami et Hans Zimmer pour qu'ils lui disent si l'orchestre avait le niveau ou pas puisqu'ils l'avaient pratiqué l'année dernière. Hans a dit qu'il n'y avait pas de problème, c'est ainsi que nous avons eu l'accord.

La salle Pleyel a justement joué les musiques de Williams en mars 2013 avec le LSO. Comment allez-vous vous différencier ?

J.L : On a enrichi le programme. Des choses que l'on joue ne l'ont pas été lors du concert à Pleyel, comme CATCH ME IF YOU CAN par exemple et quatre autres titres. Ce n'est pas le même programme ni le même ordre, même si on maintient les incontournables. On agrémente aussi le programme d'images, avec de la vidéo et des photos de tournage. Les deux tiers du concert sont en image.

Votre implication au sein du Festival en tant que directeur artistique et producteur exécutif a commencé avec THE ARTIST, film pour lequel vous étiez producteur musical au sein de La Petite Reine de Thomas Langmann...

J.L : J'ai le fantasme du ciné-concert depuis bien plus longtemps. J'avais commencé à matérialiser ce désir à Auxerre en 2005 en produisant le concert de Eric Serra, mais ce n'était pas à l'image. Ensuite c'est effectivement THE ARTIST qui m'a vraiment donné l'opportunité de mettre sur pied un ciné-concert en synchronisation totale avec l'image lors du premier Festival des Musiques à l'image. Puis suite au festival, on a "booker" d'autres dates. On joue encore ce concert dans le monde entier, notamment au Royal Albert Hall (Londres) le 30 et 31 décembre prochains, à Berlin, à Lucerne, à Amsterdam... C'est un grand bonheur ! Ainsi, inaugurer le festival avec ce ciné-concert a permis de mobiliser des gens et des ressources pour parvenir à faire celui de cette année. La seule limite est qu'après ce programme d'ampleur, on se demande qui on fera la troisième année pour maintenir le niveau. Mais il y a des idées, comme Danny Elfman. Mais plus on avance, plus ce sera compliqué, car il faut réunir les droits des studios américains sur les films.

Votre activité d'origine est la production musicale pour le cinéma. THE ARTIST semble avoir marqué une transition vers le concert au point qu'aujourd'hui il vous arrive de travailler sur l'aspect uniquement musical ?

J.L : Je fais toujours de la production et supervision musicale pour des films, puisque dernièrement j'ai fait CLEAR HISTORY pour HBO en retrouvant Ludovic Bource. On est un binôme constitué maintenant, c'est à dire que dés que l'agent de Ludovic lui trouve un projet, j'en assure la production. C'est une belle histoire. J'ai pu avoir dans le passé, lorsque je travaillais au sein de Europa Corp, des collaborations avec Alexandre Azaria et Nathaniel Mechaly (REVOLVER, TAKEN).

Pour ce concert, bien que le compositeur ne soit pas présent, y a-t-il eu en amont une collaboration avec John Williams ?

J.L : L'histoire a voulu qu'on rencontre plusieurs fois John Williams dans le cadre de THE ARTIST puisque nous étions concurrents à chaque fois que nous étions en compétition (Oscars, etc) et parce que les syndicats de compositeurs organisaient chaque veille de cérémonie des rencontres. Donc on a régulièrement croisé Williams en dehors des cérémonies. L'option numéro 1 de le faire venir à Paris s'est présenté à ce moment là en lui demandant à lui et à Spielberg. Mais concernant John Williams, cela s'est avéré impossible très tôt. On nous a très vite dit que vu sa charge de travail, son âge et sa volonté de ne plus faire de vol long courrier, il n'était pas envisageable qu'il vienne. Puis concernant Spielberg, on a pu l'approcher lorsqu'il était juré à Cannes cette année, mais il se rend peu disponible. Malgré cela, on est resté dans une démarche de personnalisation. On a essayé de leur demander d'enregistrer un message vidéo, à destination du public du Grand Rex, pour juste lancer le concert, mais on n'y est pas parvenu non plus.

Malgré cela, le choix des musiques du programme a t-il été fait en concertation avec John Williams ?

J.L : C'est via Frank Strobel (photo ci-contre), le chef qui dirige le concert, que John Williams indiquait ses désirs. Ils ont fait le programme ensemble même si de notre côté nous voulions être grand public en jouant les plus grands thèmes. Par ailleurs, il y a tout de même eu une collaboration avec Bruno Coulais et Harry Gregson Williams (invités aux conférences la veille) qui seront présents pour la première partie du concert. Harry a même créé des suites spécialement pour le festival, notamment un florilège sur SHREK. Il a été convaincu de venir sur le festival en nous disant que Hans Zimmer était son mentor, que c'est lui qui l'avait lancé dans le métier. Donc comme passage de relai après la conférence de Hans l'année dernière, c'est parfait !

Propos recueillis à Paris le 3 octobre 2013 par Benoit Basirico

Diaporama photo des répétitions

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- Publié le 04-10-2013

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