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Compositeurs

Sylvain Chomet, réalisateur et compositeur de ATTILA MARCEL
Rencontre

- Publié le 29-10-2013
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Sylvain Chomet signe la musique de son premier film en prises de vue réelles, comme pour L'ILLUSIONNISTE. Réalisateur et compositeur à la fois, il déclare : "Je fais des films pour pouvoir faire la musique.". 

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Interview de Sylvain Chomet

"Je fais des films pour pouvoir faire la musique."

Cinezik : Pourquoi avez-vous un tel désir de musique pour vos films ?

Sylvain Chomet : Je n'arrive pas à envisager un film sans musique. On n'imagine pas un film de Leone sans la musique de Morricone, ou Fellini sans Nino Rota. Je suis par ailleurs contre le cinéma qui utilise des musiques qui existent déjà. Je ne comprend pas qu'un réalisateur ne soit pas intéressé par l'apport d'une musique originale.

Après avoir collaboré avec Benoit Charest sur LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE, vous composez vous-même, depuis L'ILLUSIONNISTE, la musique de vos films. D'où vous vient cette connaissance de l'écriture musicale ?

S.C : Je ne sais pas lire la musique. J'ai été écœuré par le solfège à l'école, mais j'ai toujours voulu faire de la musique. J'ai commencé à faire du cinéma assez tard, vers l'âge de 30 ans. J'ai toujours hésité entre une carrière de musicien et une carrière de conteur d'histoire. Puis est venue à mon secours la technologie qui permet de pouvoir composer sans passer par la partition.

D'après vous, la technologie permet à tout le monde d'être compositeur ?

S.C : Non, ce n'est pas ce que je dis. Il faut avoir tout de même une oreille, un sens musical, savoir comment mélanger les instruments ensemble. En animation, on utilise aussi beaucoup l'ordinateur, mais c'est encore la main qui dessine. L'ordinateur n'invente rien.

Vous êtes-vous entouré d'un orchestrateur pour vous aider dans la tâche ?

S.C : J'ai au départ de ma carrière travaillé avec des compositeurs. Il y a eu Jean Corti, accordéoniste qui a écrit pour Jacques Brel, sur mon court-métrage (LA VIEILLE DAME ET LES PIGEONS, 1997). J'ai découvert avec lui le plaisir que pouvait apporter la musique sur un film. Le fait qu'elle puisse donner une identité. Sur LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE (2003), j'ai travaillé avec Benoit Charest, musicien de jazz et guitariste. Et j'ai composé sur ce film pour la première fois un morceau (la chanson "Attila Marcel" qui est comme une anticipation de mon nouveau film). Sur L'ILLUSIONNISTE (2010), j'ai travaillé avec un orchestrateur (Terry Davies) qui a mis mon travail en partition, et a pu réfléchir en terme d'instrumentation et de direction de l'orchestre. Et enfin pour ATTILA MARCEL (2013), j'ai travaillé avec le pianiste Franck Monbaylet qui s'est occupé de tout ce qui est joué au piano dans le film, puisque le personnage est pianiste. J'ai fait de mon côté toutes les parties qui relèvent de la chanson, avec du Ukulélé (que je joue d'ailleurs). Maintenant, je fais des films pour pouvoir faire la musique.

A quel stade dans l'élaboration de votre film avez-vous pensé à la musique ?

S.C : Je travaille toujours la musique en amont. Sur L'ILLUSIONNISTE, j'avais préparé un storyboard sur lequel j'avais commencé à composer une maquette de musique, surtout pour la scène finale qui dure 16 minutes. Puisque des personnages chantent à l'image, je devais créer l'animation sur la musique. Il y a près de 50 minutes de musique originale dans le film. Pour ATTILA MARCEL, j'avais déjà composé des musiques pour des scènes particulières, on a même filmé certaines scènes avec la musique pour les mouvements de caméra. Puis la musique du pianiste est devenue le thème principal du personnage. Il y a une ambivalence entre ce piano classique et la folie de mon Ukulélé. Il y a trois thèmes principaux dans le film. Ce que j'avais déjà fait sur L'ILLUSIONNISTE avec le thème de Tati et celui de la jeune fille.

Comme la présence du piano et du Ukulele, malgré l'apport technologique dont vous parliez, votre musique convoque de vrais instruments ?

S.C : J'aime le naturel en musique, d'autant plus pour un film d'animation où l'instrument est parfois le seul élément vivant. Sur L'ILLUSIONNISTE, puisque l'action se déroule en Écosse, j'ai convoqué une flûte écossaise et de la cornemuse. Mais celle-ci est un instrument ingérable. Il est difficile de l'enregistrer avec un orchestre. On a donc utilisé exceptionnellement un son samplé. Mais tous les autres instruments sont des vrais instruments.

Interview réalisée par Benoit Basirico le 29 mars 2013 à Alès
Dans le cadre du Festival du film d'Alès.

 

 

 

- Publié le 29-10-2013

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