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Le 19 mai 2006

L\'ENSEMBLE EFFIGIES : La musique de film jouée par des étudiants
à Tours

Texte et photos : Sylvain Rivaud - Publié le 01-01-2006
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L'ensemble Effigies de l'université de Tours donnait un concert de musiques de film. L'occasion d'entendre la musique de cinéma par un ensemble original composé d'étudiants passionnés. Rencontre.

La musique de film, c'est bien connu, n'est pas un genre très reconnu par le milieu de l'enseignement de la musique. On ne l'étudie pas au conservatoire, et rarement à l'université. Pourtant, c'est ignorer une grande partie de la musique, la musique pour l'image n'étant qu'une sorte de prolongement de la musique de scène (ballet, opéra), mais aussi du chant, l'ensemble Effigies ne s'y étant d'ailleurs pas trompé en intégrant quelques chansons à son programme (notamment celles d'Aladdin de Walt Disney) et de nombreux morceaux pour choeurs (les musiques de Danny Elfman). Un programme riche et varié, à la fois populaire (Danny Elfman, John Williams) et exigeant (Nino Rota, Bruno Coulais). La preuve que la musique de film, si elle ne déplace pas les foules, motive et passionne de nombreux musiciens en France et ailleurs, avec une volonté ardente de jouer des musiques en dehors du répertoire classique et contemporain. Une initiative originale que Cinezik.org a voulu soutenir activement en se déplaçant pour l'occasion afin de rendre compte du travail effectués par ces étudiants ouverts et passionnés.

 
Arnaud Juliot, arrangeur et chef d'orchestre, répète avec l'ensemble Effigies

Notre équipe (alias JM, Texav et Lepithec) est arrivée à Tours pour la répétition générale de l'ensemble Effigies (intrumentistes et choeur). L'occasion de découvrir en avant-première le programme de la soirée, et d'observer le travail des musiciens et des chanteurs, menés par Arnaud Juliot, jeune chef d'orchestre motivé et passionné. On découvre que la coordination d'un orchestre est un travail exigeant et minutieux, où chacun doit donner le meilleur de soi-même tout en étant en parfaite cohérence avec le reste de l'ensemble. Arnaud n'hésite pas à faire rejouer un passage plusieurs fois jusqu'au moment où il estime que le rendu de l'orchestre (en terme de rythme, notamment) est fidèle à ses aspirations.

 

Vers 21 h , le concert commence, précédé d'une première partie composée de chants traditionnels par l'ensemble vocal "Traces", avec des chants de Bretagne, d'Auvergne, l'Amérique du Sud et d'Afrique, mais aussi une curiosité qui a éveillé nos oreilles : le chant "Yemen Yoda" tiré du film The Time Machine (2001), composé par Klaus Badelt. Quel éclectisme ! Superbe arrangement vocal réalisé par B.Kahn et M.Lemmonier.

Le concert s'ouvre sur "Prince Ali", une chanson tirée du film Aladdin de Walt Disney (interprétée avec fougue dans sa version française), composée par Alan Menken (fidèle compositeur de Disney au début des années 90, quatre Oscar à son palmarès), avant d'entamer une superbe interprétation du choeur d'ouverture de Microcosmos de Bruno Coulais. Pour "This is Halloween" (interprété ici en anglais), le choeur se révèle particulièrement passionné par la pièce de Danny Elfman, se rapprochant au mieux de la version originale grâce à des voix exagérées et curieuses telles que celles entendues dans le film, pour finir sur un flot de rires démoniaques du plus bel effet !

 
Le choeur pendant "This is Halloween" et "Nuits d'Orient"

Vient ensuite Roma et le style raffiné de Nino Rota, étonnante pièce pour le film de Fellini, puis une dernière chanson d'Aladdin ("Nuits d'Orients"). Si La Liste de Schindler a souffert d'une interprétation un peu approximative pendant le concert, on se souvient que le morceau joué à la répétition étant d'une émouvante beauté. Difficile cependant de retrouver une version proche de celle d'origine avec seulement un violoncelle et une contrebasse pour les cordes, qui s'en tirent néanmoins avec les honneurs. Pour cette seconde partie du concert, Danny Elfman est à l'honneur avec pas moins de trois autres morceaux : Beetlejuice et son passage au piano particulièrement déchaîné (superbement interprété par une pianiste au meilleur de sa forme), Edward au Mains d'Argents et sa fabuleuse ouverture mêlants choeurs et orchestre, et enfin Mars Attacks et son magistral "Main Title" alliant une nouvelle fois choeur et orchestre, pour un morceau qui monte crescendo sur un rythme jubilatoire. N'oublions pas enfin la superbe pièce de Nobuo Uematsu pour le jeu vidéo Final Fantasy VI, pièce chorale et orchestrale complexe et raffinée, qui permet à l'ensemble de proposer un programme réellement original, dédié à la musique pour l'image et moins spécifiquement au cinéma.

Au final, un concert passionnant fait par des passionnés. Avec des moyens plus que modestes (presque pas de cordes !), les arrangements pour l'ensemble Effigies s'en tirent pourtant avec les honneurs grâce à une interprétation exigeante et une direction sans faille. Un résultat qui est aussi à la hauteur de la motivation des musiciens, le programme ayant été en grande partie choisi collectivement. Preuve en est que la musique de film est assurément un moyen efficace de donner envie de jouer de la musique à la fois populaire et exigeante, et même d'aborder la création : l'année prochaine, l'ensemble Effigie intègrera plusieurs compositions originales dans son programme de musiques de film. Lorsque les jeunes talents rejoignent les grands compositeurs... on devrait entendre ça plus souvent !

Texte et photos : Sylvain Rivaud - Publié le 01-01-2006

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