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A l'intérieur  (2007)

Asphalt Duchess (18 février 2008) | Original Score [musique originale]


François-Eudes Chanfrault a composé pour ce film d'horreur français une partition sombre et atmosphérique, proche de la musique de Thomas Bangalter pour Irréversible de Gaspar Noé. Le film, sorti en juin 2007, avait eu les honneurs de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. La musique sort en CD en même temps que le DVD, le 18 février.

A l'intérieur

Tracklist

1. Artic Love (10:45)
2. Memories I & II (8:01)
3. Discovery (6:51)
4. Memories IV (2:48)
5. Low/High (2:42)
6. Dark Beats (5:34)
7. Memories III (1:51)
8. Eternal Dawn (12:55)

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Autour de cette BO

François-Eudes Chanfrault est un jeune musicien français qui participe à la bande originale de Qui A Tué Bambi ?, le thriller de Gilles Marchand, avant de se distinguer par ses compositions électroniques et décalées pour les documentaires d’Olivier Meyrou (notamment celle d’Au-Delà De La Haine).

Mais ce sont les atmosphères stridentes et angoissantes qu’il crée pour la bande originale hors norme de Haute Tension d’Alexandre Aja qui en font désormais un compositeur atypique. Toujours pour Alexandre Aja, il participe ensuite à la bande originale de son remake de La Colline a des Yeux, cette fois en collaboration avec Tom Hadju et Andy Milburn.

Source : Asphalt Duchess

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Arrivé tard sur le projet, le jeune compositeur français s'en tire avec les honneurs pour une partition éclectique et réussie, accompagnant le film de Julien Maury et Alexandre Bustillo. Contrairement aux deux réalisateurs, François Eude-Chanfraut ne pêche pas par excès et maintient une ligne directrice claire tout au long du film, ce qui s'avérera payant.

La partition peut se diviser en plusieurs catégories claires. La première se forme autour d'expérimentations électroniques pour les instants de suspense et d'inquiétude, et se situe dans la longue introduction que constitue le morceau "Artic Love". Lente progression, entièrement synthétique, de plus de dix minutes, elle amorce clairement l'ambiance à la fois mélodique et atmosphérique de toute la musique du film. Celle-ci délaisse en grande partie les Jump Cut classiques et réchauffés, en tentant d'instaurer une véritable ambiance inquiétante et mélancolique pour le générique de début, ouvrant le film d'une bien belle manière.

La seconde partie tranche très franchement avec la première, avec son approche cette fois ci entièrement orchestrale et mélodique ("Memories Part I-II-II"). Avec une petite formation de corde et un piano, le compositeur nous gratifie d'une longue plainte en plusieurs mouvements, soit un adagio consacré au personnage principal du film, au moment de la confrontation avec la mort du père de l'enfant qu'elle porte. Leitmotiv du film, ce morceau étonne aussi tant qu'il tranche avec ce que l'on peut attendre d'un compositeur de film d'horreur classique, grâce à son spleen forcené sur lequel plane la mort. Le personnage de Alysson Paradis se voit ainsi octroyer un très beau thème, une mélodie doucereuse émerge au piano, bientôt soutenue par un violon. Ce morceau très bien construit installe la partition dans la même volonté que celle des réalisateurs. Ne pas faire uniquement un nouveau slasher, mais parvenir à proposer une véritable expérience sensitive à la fois brutale et émouvante. Pari réussi, pour la musique en tous cas. Une approche qui ne sera pas démentie par la suite, la même formation accompagne ainsi tout le film et le berce dans une ambiance à la fois violente et onirique ("Discovery"), ou en contre point du final, à l'étrange beauté, accompagné par un nouveau thème à la couleur sonore similaire ("Memories (Final)").

Le genre retrouve bien vite ses droits, notamment dans les longs morceaux entièrement synthétiques, en particuliers "Dark Beats", qui porte très bien son nom. Accompagnant avec cette pulsation étouffante les nombreux meurtres du personnage de Béatrice Dalle, veuve noire en quête d'un enfant. Cet étouffement, c'est précisément celui de Sarah, dans cette prison que constitue désormais son domicile. Néanmoins, toutes ces parties électroniques ne demeurent pas le plus intéressant de la partition, bien qu'en accord avec la note d'intention du film, et surtout collant parfaitement au sentiment de claustrophobie du scénario. On notera cependant, le caractère agréable en écoute isolée de "Low High", ou encore les virées parfois franchement expérimentales ("Memories (Redux)").

Le film se conclue sur un réarrangement plus long du premier morceau, musique synthétique ne fuyant pas totalement la mélodie, et concluant en douceur la partition de ce jeune compositeur, avec lequel il va falloir compter, en espérant qu'il se voit confier plus de projet dans un avenir proche.

Adrien Pauchet

Bonus DVD

  • Film (1 h 23)
  • Commentaire audio des réalisateurs et du directeur de la photographie
  • Making of : Le fruit de nos entrailles (52 min)
  • Modules de promotion du film
  • Interviews (réalisateurs, Béatrice Dalle)
  • Court-métrage : Pizza à l'oeil
  • La bande originale

Pathé (20 février 2008)

Date de sortie du DVD : 20-02-2008

Sur ce DVD collector, un copieux making-of et un module sur la création de la musique du film, éditée à l'occasion de cette édition DVD.

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