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The Artist  (2011)

Sony Classical (10 octobre 2011) | Original Score [musique originale]


Ludovic Bource retrouve Michel Hazanavicius pour la quatrième fois après MES AMIS en 1999 et les deux épisodes de OSS 117. Dans cet hommage au cinéma muet, le compositeur rend hommage aux musiciens du Golden Age : Waxman, Steiner, Herrmann ("Vertigo"), mais aussi aux comédies musicales avec des mélodies de jazz...  

[© Texte : Cinezik]
The Artist

Tracklist

1 The Artist Ouverture (01:02)
2 1927 A Russian Affair (03:35)
3 George Valentin (05:35)
4 Pretty Peppy (02:32)
5 At The Kinograph Studios (01:37)
6 Fantaisie D'Amour (03:09)
7 Waltz For Peppy (03:22)
8 Estancia OP. 8 (03:41)
9 Imagination (02:56) - Red Nichols & His Five Pennies
10 Silent Rumble (01:16) 
11 1929 (01:30)
12 In The Stairs (03:15)
13 Jubilee Stomp (Album Version)  (02:32)  - Duke Ellington
14 Comme Une Rosée De Larmes (03:24)
15 The Sound Of Tears (04:47)
16 Pennies From Heaven (02:13) - Rose Murphy
17 1931 (04:44)

18 Jungle Bar (02:07)  
19 L'Ombre Des Flammes
20 Happy Ending ... (05:43)
21 Charming Blackmail (02:12)
22 Ghosts From The Past (02:00)
23 My suicide 03.29.1967 (06:24)
24 Peppy And George (02:04)

Autour de cette BO

La partition a été jouée par 80 musiciens avec l'Orchestre philharmonique de Flandres à Bruxelles, dont une cinquantaine de cordes, quatre cors français, quatre trombones, cinq percussionnistes, une harpiste, dix personnes à la technique, cinq orchestrateurs, trois arrangeurs.... La musique ne joue pas pour autant le rôle d'une bande son (elle stoppe d'ailleurs lorsque apparaît à l'image un émetteur musical). La musique se voit, ou s'entend, pas les deux. En fin de film, le compositeur a écrit la musique d'un numéro de claquettes avec un big band, une musique jazz dansante.

Propos du réalisateur sur la musique dans le film :

"Comme d'habitude, j'ai fait appel à Ludovic Bource. Ca fait longtemps d'ailleurs que je lui parle de ce fantasme d'un film muet ! On en a beaucoup parlé ensemble. Dès le début de l'écriture, je lui ai donné les disques que j'écoutais en écrivant. Ceux que je vous ai cités tout à l'heure : Waxman, Steiner, etc. Il est revenu aussi aux musiciens dont ils s'étaient inspirés : Prokofiev, Debussy, Ravel, et puis après s'être documenté, il a fait comme tout le monde, il a digéré tout ça et s'est mis au service de l'histoire qu'on avait à raconter. Même s'il a composé quelques thèmes avant le tournage, il a eu besoin encore plus que d'habitude de voir les scènes montées pour vraiment commencer à composer. Notre collaboration a été un peu plus compliquée que d'habitude. Dans un film comme celui-là, il y a de la musique quasiment tout le temps. C'est donc assez particulier. Et surtout, elle doit prendre en compte toutes les humeurs, mais aussi toutes les variations, toutes les ruptures, tous les conflits, tous les changements de direction de chaque séquence. Soit pour s'en éloigner, soit pour les accompagner. A chaque fois, un choix se pose qui est un choix de scénario et qui ne peut donc pas être laissé entre les mains du seul compositeur ! J'ai donc structuré le film en blocs narratifs en indiquant à Ludovic et ses arrangeurs ce que je voulais comme humeur, et en définissant les points de correspondance entre la musique et les images qui me semblaient primordiaux et les moments où au contraire il me semblait que la musique devait s'éloigner du commentaire, afin de ne pas être lassante ou gênante au bout d'un moment. Cela a nécessité forcément beaucoup d'allers et retours entre eux et moi. Je ne leur ai pas facilité la tâche mais ils ont fait un travail remarquable.

Propos du compositeur
(issus du dossier de presse)

On est parti des grandes références du cinéma hollywoodien et même si le film se déroule au début des années 1930, on a étalé nos choix sur une période beaucoup plus longue. On a écouté beaucoup de choses - de Chaplin, Max Steiner et Franz Waxman, jusqu'à Bernard Hermann, et j'en passe... On a écouté et analysé tous ces trésors, on est revenu aux sources aussi, aux compositeurs romantiques du 19ème siècle... Donc principalement de la musique symphonique. Une musique extrêmement puissante, orchestrée, jouée par 80 musiciens. Il m'a fallu du temps à moi qui suis autodidacte et pas un spécialiste de la musique symphonique, pour digérer tout ça avant de pouvoir composer le premier thème... Michel a commencé à s'attacher à des thèmes forts de grands compositeurs de grands films pour mieux les contourner et les oublier ensuite. On est parti du fantasme pour ramener tout çela aux images de son film. En même temps, ça reste un hommage, une déclaration d'amour aux grands compositeurs du grand cinéma hollywoodien.

Voir notre Interview vidéo ci-dessous.

"Vertigo" - Bernard Herrmann :


(morceau absent du disque, mais prolongé par Ludovic Bource en piste 23 "My suicide")

Jubilee Stomp  - Duke Ellington

Pennies From Heaven - Rose Murphy

Nos articles sur cette BO

Comme on s'en doute, THE ARTIST était un vrai défi pour le compositeur Ludovic Bource, le challenge à relever étant du même niveau que pour son réalisateur : faire du nouveau avec de l'ancien, créer à partir de références et d'esthétiques connues et reconnues, en évitant de tomber dans le simple pastiche. Et c'est avec un grand plaisir que l'on constate que le défi a été brillamment relevé, car non seulement Ludovic Bource accouche d'une partition qui "sonne" véritablement comme un score du Golden Age Hollywoodien (chose assez rare de nos jours !) mais la partition en question est franchement inspirée, regorgeant de thèmes tantôt accrocheurs et énergiques, tantôt émouvants et romantiques. Ce travail titanesque (d'autant plus qu'il a été réalisé dans un temps record pour cause de présentation du film à Cannes) a nécessité cinq orchestrateurs qui ont collaboré avec Ludovic Bource.

Si le parti pris artistique du film interdit au compositeur certaines extravagances (il reste très conforme au cahier des charges), cette contrainte lui permet de se concentrer sur l'histoire et les personnages, la synchro avec les images (élément fondamental qui fait la saveur des films muets), et accompagne toutes les émotions. Tantôt drôle et virevoltante pour la comédie, proche du "mickey mousing", tantôt suave et lyrique, tantôt proche du jazz (pour évoquer les années 20), la musique développe de nombreux motifs et thèmes qui reviennent souvent à l'image et qui se déclinent au fil des scènes. Le compositeur imagine un thème pour George Valentin (Jean Dujardin) puis pour Peppy Miller (Bérénice Béjo) et presque tous les personnages du film. Il construit et développe ensuite chaque séquence autour de ces thèmes, ajoutant parfois des motifs nouveaux pour chaque situation, exploitant au maximum sa palette musicale, de la valse à la séquence d'action trépidante, en passant par les envolées de cordes romantiques qui évoquent l'émergence des sentiments entre les deux personnages principaux, autour d'un thème d'amour classique qui rappelle bien évidemment Max Steiner (AUTANT EN EMPORTE LE VENT), Waxman ou Herrmann. Il faut signaler à ce propos que le climax du film (autour de la scène de l'incendie) est illustrée dans le film par la "Love Scene" composée par Bernard Herrmann pour le VERTIGO d'Hitchcock (Sueurs Froides), l'un des quelques emprunts entendus dans le film (voir vidéos ci-dessous), celui-ci étant tout particulièrement mis en valeur.

Si cette partition reste en quelque sorte un exercice de style anachronique, un hommage aux classiques, elle n'en demeure pas moins authentique dans son inspiration, et c'est un vrai plaisir de cinéphile (et de béophile) que d'entendre un score de cette qualité musicale aujourd'hui. De la même manière que le film est une déclaration d'amour au cinéma, le travail de Ludovic Bource (très impressionnant par son ampleur et son ambition musicale), est dans la même logique, réhabilitant un savoir-faire disparu et une forme musicale désuète qui n'en reste pas moins parmi les plus efficaces pour raconter une histoire. Chapeau l'artiste !

Sylvain Rivaud

bource

interview

Ludovic Bource, chef d'orchestre de THE ARTIST

Au moment où tout le monde s'arrache Ludovic Bource en vue des Oscars, c'est l'occasion de revoir notre interview réalisée il y a 9 mois pour le film vu à Cannes !

Video

Interview Ludovic Bource - A propos de THE ARTIST

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