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Le Nombre 23  (2007)

The Number 23

New Line Records (21 février 2007)
Durée : 0:44:31 | Original Score [musique originale]


Harry Gregson-Williams retrouve le réalisateur Joel Schumacher après Phone Game en 2002 et Veronica Guerin en 2003, deux partitions très différentes mais superbement inspirées, alliant électronique et symphonique avec subtilité. Le compositeur se fait ici plus introspectif et atmosphérique, pour coller à l'ambiance poisseuse et paranoïaque de ce thriller avec Jim Carrey. Ambitieux et étonnant.

[© Texte : Cinezik]
Le Nombre 23

Tracklist

La BO est en vente ici

1. Opening Titles (3:54)
2. Fingerling’s Childhood (3:05)
3. Suicide Blonde (7:34)
4. Ned (3:00)
5. 11:12 p.m. (4:02)
6. Finishing The Book (9:03)
7. Laura Tollins (3:20)
8. Room 23 (5:37)
9. Atonement (4:56)

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Harry Gregson-Williams reste fidèle à lui-même en développant l'alliance entre électronique et symphonique, utilisant ici une grande diversité de sonorités synthétiques et acoustiques : dès l'ouverture, la partition s'annonce comme une véritable composition électro-acoustique à la fois rythmée, mélodique et atmosphérique. Le compositeur s'attache tout particulièrement à créer des textures et des ambiances, mais conserve son style malgré l'abondance d'effets.

"Fingerling’s Childhood" introduit un thème aux bois, délicat et naïf, pour évoquer l'enfance de Fingerling (le détective du roman découvert par le personnage de Jim Carrey). Dans "Suicide Blonde", longue pièce de plus de 7 minutes, le compositeur retrouve les ambiances éthérées de Veronica Guerin, ses synthés planants et les choeurs samplés caractéristiques de son écriture électronique, avant de développer une partie plus rythmée avec percussions et guitares électriques, la partition devenant rock l'espace de quelques secondes : Harry expérimente, s'amuse et lance des fausses pistes, intrigue et étonne. Une belle atmosphère de mystère se met en place, les diverses sonorités sorties de nulle part s'apparentant aux pièces d'un puzzle dont on ne distingue pas encore l'image finale.

Si "11:12 PM" se fait excessivement radical et expérimental (comme "Room 23" et ses clusters de cordes dissonantes), "Finishing The Book" rappelle beaucoup plus (l'espace d'un instant) la verve grandiose du Da Vinci Code de Hans Zimmer et ses cordes somptueuses : encore une fois Gregson-Williams joue avec les codes, pour se faire déroutant et faire perdre pied le spectateur : progressivement la mécanique se met en place (boucles, samples et percussions s'entrecroisent pour évoquer un tâtonnement, une recherche - physique mais aussi phsychologique, puisque le personnage de Jim Carrey finit par devenir obsédé et hanté par le nombre 23). Mais "Atonement" clôt finalement la disque sur une note plus douce et mélodique, comme une sorte d'apaisement, achevant un voyage sonore étrange et tortueux.

Une écoute attentive est indispensable pour apprécier les nombreuses subtilités sonores de cette musique qui, à la première écoute, semble manquer de relief et de développement dramatique. Encore une fois Harry Gregson-Williams privilégie les textures et les ambiances aux thèmes reconnaissables, pour coller davantage à l'esprit du film de Joel Schumacher. Il s'agit d'une musique de film qui s'apparente davantage à un travail de "sound design" plutôt qu'à une musique traditionnelle : en ce sens, Harry Gregson-Williams continue d'explorer les possibilités de la musique pour l'image avec un appétit qui fait plaisir à entendre, multipliant les expériences sonores et explorant des pistes musicales hors des sentiers battus. L'écriture du compositeur gagne en maturité : on est bien loin des mélodies facilement mémorisables de ses débuts, même s'il prend plaisir à nous rappeler par moments qu'il en est encore capable. Un score étrange, déroutant mais absolument fascinant.

Sylvain Rivaud

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