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Nouvelle tendance : remixer des titres célèbres dans une BO
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Benoit Basirico - Publié le 23-04-2013


A côté de la musique originale ou de musiques preéxistantes, une troisième voie fait son apparition : le remix de morceaux preéxistants. Deux exemples : JULIETTE et LES GAMINS.

Il existe essentiellement deux manières d'envisager une BO (parfois même ces deux options se mélent) : faire appel à un compositeur pour créer une musique originale pour le film, ou convoquer des morceaux preéxistants (correspondant bien souvent à des musiques de sources - provenant d'un auto-radio ou d'une platine). Entre la musique vraiment originale (conçue spécifiquement pour le film) et les titres d'emprunt (pour la plupart convoqués pour leur portée tubesque - déjà connus des oreilles des spectateurs), il existe une voie médiane : prendre des morceaux existants, mais au lieu de les diffuser tel quel dans le film, convoquer un remix. Ainsi, le spectateur reconnait l'original, mais la variation provoquée par le remix ou la ré-interprétation permet une distance évitant de tomber dans la pure reprise. Cette subtilité permet aussi de créer une harmonie sur toute une BO et éviter la trop forte hétérogénéité.

Ainsi, pour son film LES GAMINS, Anthony Marciano convoque quelques titres connus du public rock (Revolver, The Rapture...) et les fait réinterpréter par une chorale d'enfant. Ce choix inédit crée une cohérence à la BO et instaure une identité musicale au film. De plus, cela correspond au sujet du film : les personnages adultes (Alain Chabat, Max Boublil) retombent en enfance (redeviennent des gamins), comme les chansons d'emprunt qui redeviennent enfantines après le lifting apporté par la chorale.
Ce n'est pas totalement une musique originale, mais pas non plus totalement une BO compile/juke box, puisque le réalisateur s'est chargé d'une réadaptation.
Egalement, dans le récit du film, le personnage de Max Boublil écrit des chansons comiques et simplistes ("Je t'aime") co-écrites par le réalisateur et l'acteur, qu'il présente à un label. Ce dernier préfère les faire réinterpréter par une toute jeune chanteuse à la mode sur un style Dance Music. Le dispositif de la BO du film est astucieusement mis en abime dans la fiction.
Voir le tracklist complet de cette BO.

Enfin, autre exemple dans un film à venir : JULIETTE de Pierre Godeau (sortie en salle le 21 août 2013). Il s'agit d'une errance sentimentale d'une jeune fille (incarnée par Astrid Berges-Frisbey) qui écoute diverses musiques au casque, dans des soirées, sur des platines... et certaines de ces musiques preéxistantes intégrées au récit sont des remix de morceaux célèbres (des adaptations electro de Camille ou The Do), ce qui crée là encore une homogénéité servant le ton vaporeux et onirique du film. De plus, les titres empruntés (et choisis la plupart par la superviseuse musicale Valérie Lindon) sont montés en se chevauchant. Le réalisateur mixe lui-même certains morceaux au mixage du film. A partir de deux titres, il en invente un troisième. Là encore, la BO n'est ni totalement originale, ni entièrement une simple succession de titres connus. Le réalisateur a été DJ avant de réaliser ce premier film, ce qui permet de comprendre sa démarche : "J'ai longtemps fait le DJ, j'ai beaucoup mixé, dans un mix de musique, il s'agit d'enchainer des chansons pour raconter une histoire, comme dans un film, souvent l'émotion se dégage de la superposition des morceaux, des décalages, des silences... Dans le film, j'ai voulu procéder de la même manière, la superposition me permettait d'approcher le ressenti de Juliette."
Voir le tracklist complet de cette BO.

 

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