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 Interview
du  01-12-2011


 Interview
du  16-09-2006






 

Films

Une autre vie
- 2014 -
Emmanuel Mouret
(Original Score [musique originale])

Dans la cour
- 2014 -
Pierre Salvadori
(Aucun disque n'est prévu à ce jour)

La Chambre bleue
- 2014 -
Mathieu Amalric
(Aucun disque n'est prévu à ce jour)

La Prochaine fois je viserai le coeur
- 2014 -
Cédric Anger
(Original Score [musique originale])

Trois Mondes
- 2012 -
Catherine Corsini
(Original Score [musique originale])

Maman
- 2012 -
Alexandra Leclère
(Original Score [musique originale])

Incendies
- 2011 -
Denis Villeneuve
(Original Score [musique originale])

L'Avocat
- 2011 -
Cédric Anger
(Aucun disque n'est prévu à ce jour)

Americano
- 2011 -
Mathieu Demy
(Aucun disque n'est prévu à ce jour)

Complices
Complices - 2010 -
Frederic Mermoud
(Aucun disque n'est prévu à ce jour)

Toutes les filles pleurent
- 2010 -
Judith Godrèche
(Album)

L'Arbre
The Tree - 2010 -
Julie Bertuccelli
(Original Score [musique originale])

Un conte de Noël
- 2008 -
Arnaud Desplechin
(Original Score [musique originale])

Intrusions
- 2008 -
Emmanuel Bourdieu
(Original Score [musique originale])

Les Ambitieux
Les Ambitieux - 2007 -
Catherine Corsini
(Original Score [musique originale])

Les Amitiés maléfiques
Les Amitiés maléfiques - 2006 -
Emmanuel Bourdieu
(Original Score [musique originale])

Rois & reines
Rois & reines - 2004 -
Arnaud Desplechin
(Album)

Clara Sheller Saison 2
- 2004 -
Nicolas Mercier
(TV)

 

Court-métrages

Petit tailleur
- 2010 -
Louis Garrel

À cause d'elles
À cause d'elles - 2008 -
Lolita Chammah

L'étoile manquante
L'étoile manquante - 2006 -
Amélie Covillard

Candidature
- 2001 -
Emmanuel Bourdieu

Mille morceaux
- 2000 -
Fred Benzaquen

 

 

 

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Autres BO :

2007

Les Ambitieux (Catherine Corsini - sortie l e 7 Février 2007)

2006

Les Amants du Flore (Ilan Duran-Cohen - TV film)

Progéniture (Marie Garel - Moyen métrage)

Même en rêve (Alice Taylor - court métrage)

La Victoire de Cézanne (Jacques Deschamps - docu Arte+DVD)

Les Amitiés maléfiques (Emmanuel Bourdieu - sortie en octobre)

2005

Le Passager

Don Quichotte ou les mésaventures d'un homme en colère (Jacques Deschamps - fiction arte)

Clara Sheller (Renaud Bertrand - série TV)

Paul Klee, ou le silence de l'ange (Mickael Gaumnitz - docu arte + dvd)

2004

Le Souffle

2003

Vert paradis (Emmanuel Bourdieu)

Histoire Naturelle (Laurent Perreau - CM)

Le film de famille (Emmanuel Bourdieu - docu arte)

2001

Le Stade de Wimbledon

Candidature (Emmanuel Bourdieu)

Les trois théâtres (Emmanuel Bourdieu)

2000

Mille morceaux

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Grégoire Hetzel

Grégoire Hetzel

Compositeur français qui débuta avec Mathieu Amalric et Emmanuel Bourdieu avant de signer sa partition du film de Desplechin ROIS ET REINE. On le retrouve en 2006 avec un film de Bourdieu LES AMITIES MALEFIQUES, et en 2007 sur un film de Corsini LES AMBITIEUX.

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Interview

Nous avons rencontré Grégoire Hetzel dans un café en bas de chez lui, et entre un demi et un rouge, nous avons discuté de son parcours, à quelques jours de la sortie des "AMITIES MALEFIQUES" de Emmanuel Bourdieu.

Comment avez-vous débuté pour le cinéma ?

J’ai commencé grâce à des amitiés de jeunesse sur des courts-métrages. Des amitiés bénéfiques, pour le coup… Ma première musique de film d’importance est CANDIDATURE d’Emmanuel Bourdieu. Lors d'une soirée d'anniversaire, j’ai fait la rencontre des producteurs, qui m’ont dit qu’Emmanuel cherchait un compositeur. Quelques jours après, nous nous sommes rencontrés, et deux semaines plus tard, nous enregistrions la musique.

Pour LE STADE DE WIMBLEDON, j’ai rencontré Mathieu Amalric à Cannes, où était présenté le film d’Emmanuel. Mathieu, que je croise dans une fête, sur un bateau, venait de le voir. Lui aussi cherchait un compositeur pour son film, qu’il finissait de monter. Nous avons parlé et bu des heures. A l’aube, nous étions totalement ivres, titubant dans les rues. Une semaine plus tard, on travaillait ensemble.

Votre carrière a donc commencé de manière éthylique (rires).
Quelle fut la nature de ces premières musiques ?

Pour CANDIDATURE, le réalisateur et moi étions tous les deux assez innocents en la matière. Nous avons parlé de ce que nous aimions. Je me souviens qu’Emmanuel Bourdieu m’a passé une vidéo de LA MESSA E FINITA de Moretti. Il m’a aussi parlé de Dusapin ou de Scelsi, compositeurs atonaux qui n’ont rien à voir avec Nicola Piovani… Et de plein d’autres choses. Toutes ces conversations, ces échanges, ces détours, aussi divers, voire contradictoires soient-ils, trouvent toujours leur logique esthétique et dramatique pour le film. Au final, ma partition est à la fois mélodique et acide, et révèle son ton de polar à un film qui, tourné à la fac, dans le milieu universitaire, pourrait paraître loin du genre !

Pour Mathieu Amalric, j'étais très prisonnier, car il avait mis du John Adams, que j'aime beaucoup par ailleurs, et qui a pas mal influencé mon écriture « naturelle ». Ma musique sur LE STADE DE WIMBLEDON, avec ses arpèges répétitifs, son écriture de caléidoscope, est donc totalement composée « à la manière de». Du reste, Adams s’est inspiré lui-même de Glass et Reich, ses maîtres musicaux. J’aime cette école américaine.

rois_reines.jpg

Puis le succès est arrivé avec ROIS ET REINE d’Arnaud Desplechin…

Vous voulez dire, le succès de ROIS ET REINE ! Et pour moi, c’est un chef d’œuvre. Je suis vraiment heureux d’avoir participé à ce film. C'est encore une histoire de hasard. Desplechin voulait retravailler avec Krishna Levy, mais cela n'a pu se faire. Il y a énormément de musiques préexistantes sur le film, donc le budget pour la musique originale était assez réduit. Je l’ai composée en douze jours, montre en main, et quelques nuits blanches… Arnaud avait mis sur ses images, en note d’intention, du Delerue, du Herrmann, du Ravel, et j'ai dû composer à partir de ces modèles. Ce n’était pas une mince affaire. Nous avons aussi enregistré une version jazz de « Moon River » d'Henry Mancini, en référence à Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s. Il y avait d’un côté les musiques « in », des chansons, dans les bars, les soirées, les voitures, chez les gens, etc., et les musiques préexistantes, du blues, du rap, du RnB, du jazz, du Bach, et même de la musique ethnique ! Et de l’autre, il y a ma musique, dont le rôle est dramaturgique, est un contrepoint à certaines scènes clefs : par exemple, pour le suicide de Pierre, ou sa fantomatique apparition, pour la scène où Nora vient demander à Ismaël l’adoption d’Elias, ou encore, elle sourd sous les dialogues, vénéneuse, corruptrice, métaphore des inconsciences, des culpabilités, des névroses. Enfin, dans ce film si riche, si prolifique, elle joue un rôle d’homogénéité et d’unité.

Ce film a eu un certain succès, comme votre musique... et depuis vous avez davantage de propositions ?

Oui. Mais maintenant, parfois, c’est bizarre, je me retrouve dans des sortes d’appels d’offre des différentes maisons de disques, en lice avec d’autres compositeurs, et je passe des sortes de casting, en rencontrant le réalisateur, qui hésite entre x, y, et moi. Avant, tout était le fruit d’affinités électives, de rencontres.

Par exemple, par mon éditeur de Naïve, je me suis retrouvé à composer pour une série, ou pour le téléfilm LES AMANTS DU FLORE d’Ilan Duran-Cohen. Je me suis du reste beaucoup amusé sur ce film. Le réalisateur m’a laissé une très grande liberté, et j’ai composé quarante minutes d’une musique très éclectique, avec beaucoup de jazz, de blues, mais aussi des thèmes de cordes très mélodiques, à la Lalo Schifrin.

Vous êtes aussi écrivain et le titre d'un de vos romans est le même que celui du film de Emmanuel Bourdieu : VERT PARADIS…

C'est une pure coïncidence. Avec Emmanuel, on parle peu de nos projets respectifs. Il savait vaguement que j’écrivais mon premier roman. De son côté, il me parlait des avancées du scénario LES CADETS DE GASCOGNE, son film pour Arte. Et un jour, il me dit qu’il a enfin trouvé un titre pour la version cinéma : VERT PARADIS. Je n’en revenais pas : c’était le titre de mon roman, qui allait être publié quelques mois plus tard.

Puis, au moment de la sortie, il m'a demandé l'autorisation de garder le titre. Ça ne me gênait pas : mon roman était sorti depuis plus d’un an, et l’histoire n'a rien à voir avec celle du film. Leur seul point en commun, c’est la quête identitaire, au pays des origines. Nous nous référons évidemment tous deux au célèbre vers de Baudelaire : « Mais le vert paradis des amours enfantines/L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,/Est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ? » Pour ce film, j'ai écrit des chansons avec Barbara Carlotti avant que le film ne soit tourné, car il y a des séquences de bal dans lesquels la chanteuse est filmée. La musique est encore dans un style entre Scelsi et Piovani !

Composer et écrire des romans ? Est-ce compatible ?

Ce n'est pas rare pour un compositeur d'être aussi écrivain. Dans le passé, Schumann a bien écrit un roman. Berlioz de sublimes Mémoires. Hoffmann, l’auteur du Chat Murr, était aussi compositeur. Paul Bowles (auteur d' UN THE AU SAHARA, adapté au cinéma par Bertolucci), un écrivain que j’aime beaucoup, et que j’ai un peu connu, adolescent, m’a conforté dans l’idée qu’on pouvait faire les deux. Il a longtemps été compositeur aux Etats-Unis, entre autres pour le théâtre, pour des pièces de Tenessee Williams ou des mises en scènes d’Orson Welles. C’était son gagne-pain quand il vivait entre les EU et le Maghreb. Trois mois de travail en Amérique, neuf mois d’errance au Maroc. C’est un bon équilibre. Il y a aussi Anthony Burgess, l'auteur d’ORANGE MECANIQUE, qui fut aussi compositeur. Et plein d’autres sans doute, qui ont raté leur vie à cause de cette satanée division!

Depuis trois ans, la musique s’oppose à l’écriture. Et quand j’ai écrit mon roman, je ne composais que très peu. Il faut que j’arrive à trouver un bon équilibre, car je ne veux pas renoncer à l’un pour l’autre. Bien sûr, la musique influence mon « oreille » romanesque. Et elle est un sujet que je développe parfois dans le roman. En revanche, je ne vois pas ce que l’écriture apporte à ma musique. Ce sont deux mondes différents, avec une langue, des signes différents. Ce qui est drôle, c’est que pour les AMITIES MALEFIQUES, nous cherchions justement un processus musical qui exprime au mieux l’obsession de l’écriture. Au début, je voulais retrouver le processus répétitif minimaliste alla Reich, que j’aime tant, comme le mouvement perpétuel de la machine mentale – et d’une machine à écrire. Mais Emmanuel est moins sensible que moi à ce style de musique. Alors j’ai pensé à la fugue, qui est, depuis la Renaissance, la métaphore même de « l’Ecriture », au sens religieux d’abord, parce que c’est un processus assez intellectuel, très « écrit », et qui s’ « auto-engendre » et roule comme une plume au fil de la pensée. Et le côté machine à écrire, lui, est figuré par un Prélude varié, en mouvement continu, un peu fou dans ses rebondissements.

Les décors contribuent aux choix musicaux ?

Oui, ça me semble évident. En France, contrairement aux Etats-Unis où les espaces, les paysages sont vastes, nous sommes souvent dans des lieux confinés, où le verbe domine. Dans ce contexte, la musique ne peut pas tenir une très grande place. Mais c’est surtout une histoire d’histoire, de souffle romanesque, de sujets.

D'ailleurs, ce que j'ai aimé chez Desplechin, c’est qu’il ose mettre des musiques amples, sous les dialogues, qui portent et anoblissent les scènes. Parfois, le côté romanesque de ma musique est même en décalage par rapport aux situations. Pour VERT PARADIS, c'était filmé dans le Béarn, dans les Pyrénées, il y avait justement de ces grands espaces qui appellent une musique généreuse. Dans LE PASSAGER d’Eric Caravaca, les paysages étaient absolument sublimes. Ça a été tourné dans un village presque abandonné, un étrange no man’s land, près de Marseille, au bord de la mer, et Eric et son monteur, Simon Jacquet, ont laissé de belles places pour la musique.

L’un des morceaux de ce film est espacé de grands silences. C’est une scène de viol, sur une plage, et en fait, un souvenir, où tout un travail de son entre la voix OFF d’une lettre lue et la scène de la plage, oscillant entre le silence et des résurgences de paroles, de bruits de sable, de mouvements, de mer, de vent. Entre les phrases musicales, ponctuées de longs silences, la pleine réalité sonore réémerge. J’adore cet effet. Il y a ce moment où l’on est emporté par l'affect musical, puis un grand silence laisse à nu la brutalité du réel, puis de nouveau le lyrisme musical. La musique devient alors comme un écrin. C’est d’une grande force dramatique, je trouve. Je me suis beaucoup plu à faire la musique de ce film. C’est l’une de mes préférées.

amities_malefiques.jpg

Parlez-nous du dernier film de Emmanuel Bourdieu, LES AMITIES MALEFIQUES...

Je travaille avec Emmanuel depuis longtemps, donc on peut penser que c’est simple, maintenant, entre nous. Mais bien au contraire, ça a été ma collaboration la plus difficile ! A cause de la difficulté de composer une musique pour un film qui est à la fois romanesque et tout en retenue, très écrit, mais avec des rouages psychologiques implicites, sournois, et ma musique avait du mal à s'immiscer dans ces rouages, qui passent par une perversité du langage et des situations. Les personnages sont lettrés, romantiques, et oscillent entre pédanterie et fragilité, innocence et cruauté, fascination et libération retrouvée. Mais tout est sur un fil, rien n’est donné, rien n’est grossièrement dessiné.

Du coup, la première solution était de rester neutre, de mettre de la musique anglo-saxonne, de jeunes, puisqu'ils sont jeunes. De plus, Emmanuel, en écrivant le scénario, écoutait beaucoup Radiohead. Il m’a dit aussi qu’il voulait de la musique partout. J’ai alors « time-scoré », comme on dit, tout le film, ai joué le rôle de directeur musical, en rameutant tous mes copains pour avoir un pannel de voix et de styles de chansons. Ma musique, elle, venait, s’immisçait, voire se superposait – cet effet est d’une belle puissance dramatique – aux chansons. Dans tous les lieux, bars, restos, taxis, appartements, il y avait de la pop, ou du jazz. Au moins trente morceaux. Je me suis servi d'une réalité : nous baignons malgré nous constamment dans un flot de musiques pulsées. Quant à ma musique, il y en avait beaucoup plus. En plus du prélude et fugue dont je vous ai déjà parlé, j’avais pas mal théâtralisé certaines scènes - et en particulier, toute la dernière partie, qui met en scène la chute progressive du « méchant » - par un thème de cordes en pizz et coups d’archets très rythmique, quasi atonal. Nous avions baptisé ce thème « Ligetok », parce que nous le trouvions d’inspiration Bartoko-Ligetienne ! Emmanuel aimait beaucoup ce thème. Puis est arrivé le montage son. Et il a eu peur que son film devienne trop théâtral, et trop « branchouille » avec toutes ces chansons anglo-saxonnes. Tout ce travail, qui m’a pris des jours et des jours, a été balayé ! Mais c’est normal. C’est le jeu.

On est revenu ensuite à une musique originale très sobre, avec une nappe de cordes graves, un peu lynchéenne, puis ce thème unique dérivé en fugue (l’écriture) et une sorte prélude au piano, à la Bach-Chostakovitch, échevelé, qui se décline en trois « morceaux de bravoure », joués à l'image. Mais l'histoire n'est pas finie puisque les producteurs ont voulu aussi qu’on change cette proposition. Je me suis donc mis, quelques jours avant le mixage, à composer une troisième possibilité de time scoring. J'ai composé la maquette d’un morceau que j’aimais beaucoup, aussi, fait de superpositions de quatre strates : une formule d’arpèges rapides au piano dans les médiums, sous-tendue par un thème de basse plutôt pop, des accords et des nappes de guitare électrique, des accords ponctuels d’orgue Hammond, et un petit motif atonal, lent dans les aigus du piano. L’évolution harmonique était lente, extatique. Cet unique morceau venait ponctuer les différentes articulations du film, et prenait un éclairage différent selon les situations. C’était plus « pop», plus «moderne» que ce qu’on a finalement laissé… Mais Emmanuel voulait que ses personnages soient des romantiques de l’excès, enfermés dans leur univers clôt. La fugue, c'est une musique qui pense, intérieure, introvertie, et le prélude échevelé incarne la pointe de violence qui mène Eloi ou Morney à des élans autodestructeurs.


Le film a été un succès à la Semaine de la critique, à Cannes où il a été présenté (il a remporté le Grand Prix). Il n’y aura pas de CD des AMITIES. C’est un film d’auteur, fait avec très peu de moyens. Pour ROIS ET REINE, on ne pouvait pas ne pas sortir de BO, vu l’importance de la musique dans le film. Elle est même sortie après le film, car j’ai composé le score un mois avant la sortie du film !

Pour les LES AMBITIEUX, de Catherine Corsini, il y aura une BO, je pense.

Pour Catherine Corsini et LES AMBITIEUX (qui sort en salle le 7 Février 2007), quel a été ce travail ?

Ça a été une rencontre magnifique. J’ai travaillé sur ce film grâce au monteur du film, avec qui j’ai travaillé sur LE PASSAGER. Ils avaient déjà placé sur les images certaines de mes musiques, composées pour d’autres films. J’ai dû alors parfois m’inspirer de moi-même ! C’est une expérience étrange !… Cette collaboration n’a été que du bonheur. Pour une fois, j’ai eu du temps. Ce qui est drôle, c'est que Catherine Corsini voulait utiliser, pour la scène finale du film, le « Moon River » de Mancini, déjà employé dans ROIS ET REINE ; Je n’avais aucune envie de décliner encore ce thème, aussi beau soit-il. Ce qui m'a sauvé, c'est que la productrice a pensé que ça ferait trop « second degré ». Deux jours avant l’enregistrement, en écoutant mes maquettes, elle a lancé : « Je préfère que ce soit votre musique, mais il faut y ajouter des chœurs ! ». Ne sachant pas encore si ce serait Mancini ou moi, je n’avais alors pas encore orchestré. J’ai passé trois jours et trois nuits sans dormir, finissant mes orchestrations sur le piano de l’hôtel, à Sofia, entre les deux jours d’enregistrement ! Les aléas du métier sont parfois comiques et rock’n’roll…

Quels sont vos Projets ?

Je n’ai pas arrêté de composer, depuis trois ans. Des chansons, des musiques de films, de documentaires… Là, je suis tranquille. J’écris mon deuxième roman. J’ai quelques concerts, avec Marie Modiano, avec qui j’ai fait un album de chansons. Nous devrions d’ailleurs enregistrer le deuxième cette année. Sinon, Laurent Perreau, le co-scénariste du PASSAGER, a fini d’écrire son premier long. On a déjà un peu parlé de la musique dans le film, car son personnage principal, écrit pour Maurice Garel, est organiste et compositeur. La musique va avoir une place importante, et je vais devoir l’écrire avant le tournage – pour les scènes musicales in. On m’a dit aussi que j’allais travailler pour un réalisateur taiwanais… Mon nom est dans le casting de post-prod sans qu’on m’ait encore contacté!… Etrange, non ? C’est un réalisateur que j’aime énormément. On verra… De temps en temps, on m'appelle pour des courts-métrages, et j'aime bien ça. Maintenant que je compose pour des longs, ça ne m'empêche pas de poursuivre sur des courts. Par exemple, j’ai rencontré une jeune et talentueuse réalisatrice, Amélie Covillard, qui vient finir de tourner un film d'anticipation se passant dans les années 50 ! Une belle petite histoire…

Entretien réalisé à Paris le 16 septembre 2006 par Benoit Basirico
Merci à Grégoire Hetzel

chambre-bleue
interview-real
Amalric et Hetzel osent pour LA CHAMBRE BLEUE

Mathieu Amalric et Grégoire Hetzel ont osé affronter le lyrisme pour LA CHAMBRE BLEUE, adaptation de Simenon, présenté à Un Certain Regard à Cannes et en salles.

americano
interview
Grégoire Hetzel et la nostalgie de Delerue

AMERICANO, premier film de Mathieu Demy, contient des images du Documenteur de Varda dont la musique était signée Georges Delerue. Grégoire Hetzel fait le pont avec le présent.

BO critiquées

 Toutes les filles pleurent
 Les Ambitieux
 Rois & reines

   





Il (ou elle) a dit...

Pour composer de la musique de film, il faut savoir tout d'abord écrire de la musique, puis savoir manier un métronome pour la mesure et un chronomètre pour le minutage. (Pierre Jansen)

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