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Selma Mutal  

Selma Mutal

Cette compositrice est nourrie de diverses cultures, du Pérou à Amsterdam en passant par Paris où elle vit depuis quelques années. Elle signe la musique des films de la cinéaste péruvienne Claudia Llosa MADEINUSA (primé dans de nombreux festivals), et FAUSTA / THE MILK OF SORROW (Ours d'Or à Berlin 2009). En 2011, elle signe la BO du premier film de Javier Fuentes-León.

A écouter pendant la lecture : Chronique de CInezik sur France musique dans Cinéma Song où intervient Selma Mutal="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0">

Interview de la musicienne Selma Mutal et du réalisateur Javier Fuentes-León
A propos de CONTRACORRIENTE
 

 

Ecoutez la musique de Selma Mutal en lisant l'interview : 

 

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Cinezik : Quelles ont été les intentions musicales sur ce premier film CONTRACORRIENTE ?

Javier Fuentes-León : Je travaille sur ce projet depuis six ans. Je n'ai pas eu tout de suite une idée précise mais je savais que je ne voulais pas une musique folklorique et traditionnelle. Puis je me suis dit qu'il fallait un thème pour les personnages de Miguel et Santiago, et un autre pour Mariela et le reste du village. Ce fut le point de départ.

Dans le film, il y a une chanson que j'avais écrite sans penser qu'elle se retrouverait dans le film, celle que l'un des personnages écoute dans ses écouteurs, et il y a une autre composition que j'ai faite à la guitare lorsque Santiago marche sur la plage, une musique qui n'était pas à la base prévue pour le film mais que j'ai pensé utiliser au moment de la phase de réalisation. L'interprétation à la guitare est de Manu Blanc.

Selma Mutal : Javier m'a présenté ses musiques très tard, je travaillais déjà sur la musique de mon côté en lisant le scénario. J'envoyais des musiques qu'il me validait, puis il m'a proposé d'inclure ses morceaux, ce qui ne m'a pas dérangé car je trouvais qu'ils marchaient très bien avec le film et l'ensemble de la musique originale..

Quels furent les choix entrepris pour l'emplacement de la musique ?

J.F : C'est une histoire sur une douleur nostalgique, une tristesse. Je ne voulais pas que la musique introduise cela, qu'elle accentue le côté mélo déjà présent dans le film. On était dés le début très exigeants sur les moments où la musique devait intervenir. Les moments où il n'y aurait pas de musique étaient précis pour moi. Selma a été très ouverte pour accepter de ne pas mettre de musique à certains endroits, et m'a même parfois encouragé dans ce sens. Pour la première scène d'amour derrière un rocher, il existe une composition pour toute cette séquence, mais nous avons décidé de la stopper au moment de l'acte. J'étais heureux de constater que Selma était ravie, que sa musique soit présente ou pas.

Aviez-vous écouté les BO des films de Claudia Llosa conçues par Selma ?

J.F : Claudia est une amie proche et c'est elle qui m'a invité à travailler avec Selma, non seulement professionnellement, mais aussi humainement. Au moment de l'élaboration de mon film, je n'avais pas encore écouté la musique de FAUSTA (2009), mais je savais que celle de MADEINUSA (2006) pouvait avoir des similitudes avec celle de CONTRACORRIENTE, puis lorsque j'ai vu FAUSTA, je me suis rendu compte qu'elle était différente.

Vous nous avez dit que vous étiez aussi musicien, en quoi cela facilite les échanges avec Selma, lui jouez-vous de la guitare pour communiquer vos intentions, ou par des mots, des références... ?

J.F : Je ne suis pas compositeur, je joue juste de la guitare, mon langage musical est rudimentaire, je n'ai jamais utilisé de mots techniques. L'idée était de transmettre des émotions. Il m'est arrivé de lui envoyer des morceaux que je joue à la guitare pour lui donner des références de ce que je veux, mais je ne lui ai jamais fait entendre d'autres musiques existantes. Par exemple, lorsque nous tournions au Pérou, Selma m'a envoyé des idées, et je me souviens avoir pensé à Chris Isaak, mais j'ai tout de suite refusé de lui exprimer. Je savais que le piano était l'instrument de référence pour Selma, mais je ne voulais pas uniquement de cet instrument, alors il y a aussi de la guitare, sans être dans le folklore, je ne voulais pas de connotation locale, je voulais que la musique soit universelle, mon film n'est pas l'histoire d'une pêcheur gay au Pérou, cela aurait pu se passer n'importe où dans le monde.

Selma, malgré la continuité avec les partitions pour les films de Claudia Llosa, notamment dans l'utilisation de la guitare, qu'elle est la spécificité musicale de CONTRACORRIENTE ?

Selma Mutal : Le point de départ de mon inspiration provient de l'histoire du réalisateur. Ce qui rend cette musique propre au film, ce sont mes échanges avec Javier. Le choix de la guitare par rapport aux films précédents, c'est l'envie de continuer à travailler avec cet instrument, mais l'utilisation est différente. La guitare dans FAUSTA est davantage manipulée avec d'autres sonorités. Ma continuité est plus dans l'approche, de se demander ce dont a besoin le film, c'est une continuité conceptuelle plus que musicale. Ensuite je rentre dans l'histoire des personnages. J'étais prête à enlever beaucoup de musique, j'avais peur d'être trop présente. Le défi était de trouver les thèmes pour les personnages et le couple central.

Que fallait-il absolument éviter ?

S.M : Je voulais éviter deux choses, d'une part qu'il y ait trop de cordes, avec une orchestration trop forte, car c'est un village fermé, je ne pouvais pas rentrer musicalement avec trop d'instruments, et d'autre part je ne pouvais pas rentrer dans l'ambiance de l'église, ni du village, ni du bar, j'étais en dehors de cela, cela rejoint le côté universel, j'étais trés loin du côté religieux ou traditionnel.

Vous allez retravailler ensemble sur votre prochain film ?

J.F : Oui. Mon prochain film est complètement différent, c'est un thriller psychologique, donc la musique sera aussi différente, de la même manière que ce qu'avait fait Selma pour MADEINUSA et FAUSTA était différent.

Interview réalisée à Paris le 21 novembre 2011 par Benoit Basirico

 


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