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10,000 B.C.  (2008)

Decca (US : 11 mars 2008) | Import


 

Le compositeur Harald Kloser retrouve le réalisateur américain Roland Emmerich une seconde fois, faisant suite au film Le Jour d'après. Loin de se contenter d'écrire la musique, Harald Kloser a également participé à l'écriture du scénario de 10,000 B.C., confiant la musique additionnelle à Thomas Wander. Alors, Kloser : génie multiple ? Que nenni. La musique est aussi nulle que le scénario !



[© Texte : Cinezik] •
10,000 B.C.

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Opening

2. Mountain Of The Gods

3. Speech

4. Evolet

5. Mannak Hunt

6. Celebration

7. I Was Not Brave

8. Night Of The Tiger

9. Lead Them

10. Terror Birds

11. Wounded Hunter

12. Food

13. Good-Byes

14. Sea Of Sand

15. Wise Man

16. He Was My Father

17. Mark Of The Hunter

18. Free The Mannaks

19. Not A God

20. You Came For Me

21. The End

22. 10,000 BC/End Credits

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Le score de 10,000 B.C. est une synthèse à peu près parfaite de tous les clichés possibles et imaginables pour illustrer une sorte de fresque d'aventures se déroulant à la préhistoire. Pour évoquer l'aspect primitif des âges anciens, Kloser utilise donc des percussions... et des voix africaines (car bien sûr, les hommes préhistoriques chantaient comme les africains d'aujourd'hui, à moins que ce ne soit l'inverse). On n'échappe pas non plus au mille fois entendu "duduk" connoté "joli son oriental dépaysant".

Dans "Speech", Kloser tente désespérément d'égaler la verve épique de Hans Zimmer à grand renforts de cordes, de cuivres et de percussions (on pense à King Arthur, dont une partie du thème est d'ailleurs partiellement repiqué note pour note), mais sans en atteindre le sixième de la saveur (le thème esquissé est banal et mal exploité). S'il ne fait nul doute que la musique est efficace à l'image sur le moment, il semble tout aussi évident que l'on n'en retient rien après la projection, de même que l'écoute du CD s'avère laborieuse et ennuyeuse. Finalement, la seule réussite de ce score est l'efficacité des séquences d'action, rythmées et techniquement maîtrisée ("Mannak Hunt", "Terror Birds"), bien qu'à mille lieues de toute forme d'originalité (au contraire de Danny Elfman sur La Planète des Singes qui avait eu l'audace d'un parti pris exclusivement percussif).

Entre envolées orchestrales indigestes, thèmes consternants de banalité et chants africains insipides, le score de 10,000 B.C. peut sans problème concourir pour le prix de la BO la plus superficielle de l'année 2008 (à l'instar de celle de 300 en 2007). A défaut d'originalité ou de parti pris (les films ne le permettent pas toujours, au grand dam des compositeurs - on peut les comprendre), Harald Kloser aurait certainement pu construire un score plus simple, moins complexe dans sa forme mais plus ambitieux dans son propos, quitte à ressembler à un bon vieux score d'aventures à l'ancienne. Mais c'est cela qui fait peur aujourd'hui : à vouloir s'écarter de la tradition et de la construction, les musiciens perdent en saveur et en simplicité. Pourquoi répéter un seul thème quand on peut en remplir le film chaque minute ? Résultat : rien qui ne vaille la peine d'être entendu. Tout simplement.

Sylvain Rivaud

Décidément, après les déceptions de « AVP » et « The Day After Tomorrow », Kloser continue de s’enliser dans les musiques stéréotypées affligeantes, bourrées d’effets faciles et de banalités, multipliant les partitions fonctionnelles et sans grande saveur, à l’instar de son collègue Tyler Bates, qui joue finalement dans la même catégorie. Hélas, difficile aujourd’hui de tempérer un constat aussi sévère : il est regrettable de s’apercevoir qu’il existe toute une nouvelle génération de jeunes musiciens qui tentent de prendre le relais sans vraiment apporter quoique ce soit au cinéma pour lequel ils travaillent. Force est de constater qu’Harald Kloser est encore un de ces faiseurs qui sait écrire de la musique efficace et alimentaire, mais qui s’oublie très vite, faute de réelle idée ou d’ambition musicale personnelle. Décidément, on en vient même à regretter la bonne époque de la collaboration Roland Emmerich/David Arnold. A quand les retrouvailles entre les deux compères ?

Quentin Billard

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