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1492, Christophe Colomb (Conquest of Paradise)  (1992)

Warner Music (1992) - 0:54:44 - en digital | Original Score [musique originale]


 

Avec sa somptueuse et audacieuse partition mêlant électronique, choeurs épiques/religieux et nombreuses touches ethniques aux sonorités hispano-arabes, Vangelis a immortalisé à tout jamais la vie et les découvertes de Christophe Colomb, le succès de sa musique dépassant même le simple cadre du film...



[© Texte : Cinezik] • 0745099101466
1492, Christophe Colomb (Conquest of Paradise)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1-Opening 1.21
2-Conquest of Paradise 4.30
3-Monastery of La Rabida 3.24
4-City of Isabel 2.08
5-Light and Shadow 3.31
6-Deliverance 3.20
7-West Accross The Ocean Sea 2.44
8-Eternity 1.53
9-Hispanola 4.39
10-Moxica and The Horse 6.42
11-Twenty Eight Parallel 4.47
12-Pinta, Nina, Santa Maria (Into Eternity) 12.37

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 Si le film de Ridley Scott n'a pas réussi à trouver son public, on ne peut pas en dire autant pour l'immense musique de Vangelis, qui a connut un succès phénoménal tout au long des années 90, venant rejoindre le rang des rares bandes originales de film les plus vendues au monde (au même titre que 'The Last of The Mohicans', 'Chariots of Fire', 'Dances with Wolves' ou 'Titanic'). Avec sa somptueuse et audacieuse partition mêlant électronique, choeurs épiques/religieux et nombreuses touches ethniques aux sonorités hispano-arabes, Vangelis a immortalisé à tout jamais la vie et les découvertes de Christophe Colomb, le succès de sa musique dépassant même le simple cadre du film si l'on en considère l'exploitation massive du célèbre thème 'Conquest of Paradise' dans des cérémonies diverses un peu partout dans le monde. Effectivement, si la BO de '1492' a connut un tel succès, c'est avant tout pour le sublime 'Conquest of Paradise', célèbre thème principal de la partition de Vangelis qui se caractérise sous la forme d'une marche soutenu par un ostinato rythmique, des synthés et des choeurs grandioses. 'Conquest of Paradise' évoque à merveille cette idée de la découverte d'un monde nouveau, avec ces choeurs affirmant ici une dimension universelle, celle de la quête de l'humanité vers le paradis. On ne pouvait ainsi rêver mieux pour une fresque historique d'une telle ampleur, une musique pour rêver et s'évader, tout simplement! Dans le film, le thème est entendu pour la première fois lorsque Colomb et ses hommes se préparent à partir à bord des trois caravelles pour entamer leur premier voyage en mer. Le second thème majeur de la partition apparaît dans le très beau 'Monastery of La Rabida', thème associé à Colomb tout au long du film et qui possède une mélancolie poignante. Le thème apparaît pour la première fois au début du film lorsque Colomb vit encore dans un monastère espagnol. Avec ses sonorités new-age et ses sonorités cristallines, le magnifique thème associé à Colomb évoque à merveille les rêves et les idéaux du personnage de façon plus intimiste, avec un certain soupçon de tristesse qui semble annoncer les échecs dramatiques de l'entreprise de Colomb. A noter que le morceau présent sur l'album est une version inédite pour l'album, incluant des choeurs latins grégoriens collés par dessus le très beau thème de Colomb. Comme toujours, on regrettera le fait que l'album de la musique ne respecte nullement le score tel qu'on l'entend dans le film, omettant de nombreux passages particulièrement magnifiques non présents sur l'album (comme par exemple la musique pour la scène de la cérémonie avec la reine Isabella ou celle pour la scène de la construction de la cloche), des oublis honteux qui ne peuvent que provoquer la frustration des béophiles désireux d'entendre une version intégrale de cette partition.

Vangelis poursuit son exploration de la musique chorale dans le superbe et incontournable 'Hispanola', sans aucun doute l'un des morceaux les plus présents tout au long du film, et ce dès le générique de début (le 'Opening' de l'album n'étant pas utilisé dans l'ouverture du film!). Morceau sombre aux rythmes implacables, 'Hispanola' est soutenu par un ostinato rythmique obsédant, des sonorités de flûtes indiennes, des synthés et l'improvisation d'un chanteur hispano-arabe avant que des choeurs épiques viennent rejoindre le morceau, illustrant ainsi la plupart des scènes majeures du film - l'ouverture du film, la bataille contre les troupes de Moxica, la découverte de l'Amérique, etc. 'Hispanola' possède un côté quasiment apocalyptique avec ces choeurs sombres qui renforcent avec une intensité rare le côté dramatique du film. Ici, on est très loin du côté universel et majestueux de 'Conquest of Paradise'. A vrai dire, 'Hispanola' pourrait se résumer comme étant le parfait pendant musical de 'Conquest of Paradise' qui, tout en utilisant les mêmes formules musicales (choeurs, synthé, ostinato, etc.), différent largement de par l'esprit que dégage ces deux morceaux. A l'écoute de 'Hispanola', on ne peut s'empêcher de pensant à la noirceur et à la violence du film de Ridley Scott, tant la musique de Vangelis a su parfaitement une fois de plus capter toute l'intensité du propos de cette grande fresque historique. Moins massif et sombre, 'Light and Shadow' évoque à son tour le côté dramatique du film mais avec un choeur harmonisé de manière plus tonale. On ressent ici aussi le côté à la fois épique et sombre du film de Ridley Scott, les images étant une fois de plus transcendé par une écriture chorale absolument grandiose, d'une qualité rare. 'Deliverance' nous permet quand à lui d'entendre à 2.21 un bref 'Dies Irae' poignant écrit par Vangelis, dont les paroles sont issus de la traditionnelle messe de 'Requiem' latine, illustrant la scène où l'un des hommes de Colomb meurt après avoir été piqué par un serpent et est enterré sur le sol du nouveau monde, un passage choral à nouveau sombre et dramatique qui semble noircir considérablement à l'écran cette idée de la quête d'un nouveau monde paradisiaque.

A noter un morceau inédit non utilisé dans le film, 'West Across The Ocean Sea', basé sur une mélodie mélancolique et entièrement dominé par des synthétiseurs, un morceau que l'on croirait issu des précédents travaux de Vangelis pour les documentaires animaliers de Frédéric Rossif tels que 'L'apocalypse des animaux' (1972) ou 'L'opéra sauvage' (1977). Autre passage dramatique absolument incontournable, le magnifique 'Eternity' qui évoque la communion entre les espagnols de Colomb et les indigènes du nouveau monde, scène idéalisée pour le seul véritable moment de paix entre les deux peuples avant que la bêtise humaine vienne reprendre le dessus. Vangelis accompagne à merveille ce passage en utilisant diverses flûtes indiennes traditionnelles, suivi d'un magnifique thème pour synthé new-age et choeurs, un morceau poignant qui semble une fois encore surgir du paradis évoquant cette idée universelle de communion entre les peuples du monde (on regrettera le côté trop bref de ce morceau magnifique). Mais, plus l'histoire avance, plus la musique semble s'obscurcir considérablement, à l'image du film. Ainsi, 'Hispanola' et 'Moxica and The Horse' évoquent les échecs de la politique de Colomb sur son nouveau territoire, plus particulièrement 'Moxica and The Horse', illustrant à l'écran la mutinerie de Moxica et ses hommes. Vangelis base tout son morceau sur un sombre bourdon entêtant de synthétiseur, un ostinato de percussions exotiques, quelques guitares espagnoles (avec la participation du célèbre guitariste de flamenco Bruno Manjarres) et la voix d'un chanteur soliste, Pepe Martinez. 'Moxica and The Horse' possède un côté incantatoire sombre évoquant la musique des indigènes d'Amérique, sur fond de nappes de synthé et de claviers plus moderne, une sorte de façon pour le compositeur de rendre son histoire intemporelle. Vangelis nous propose pour conclure son album (excessivement complet et frustrant) 'Pinta, Nina and Santa Maria (Into Eternity)', long morceau inédit avoisinant les 12 minutes 37, sensé rendre hommage aux trois célèbres caravelles qui permirent à Colomb et ses hommes de découvrir les Amériques le 12 octobre 1492. On regrettera le côté excessivement répétitif et peu inspiré de ce morceau qui n'a même pas trouvé sa place dans le film.

Comment conclure autrement une critique sur un chef-d'œuvre aussi monumental? Véritable trésor inégalé de la musique de film, '1492 Conquest of Paradise' est une partition que tout le monde connait et que tout le monde a au moins déjà entendu une fois dans sa vie, une musique tellement grandiose et puissante qu'elle a finit par dépasser le simple cadre du film qu'elle était censé accompagner à l'origine, preuve qu'une musique de film peut aussi s'apprécier en dehors des images lorsqu'elle possède une force évocatrice puissante comme c'est le cas pour la partition de Vangelis. Une fois encore, le compositeur grec (qui, rappelons-le, entamait ici sa seconde collaboration à un film de Ridley Scott après 'Blade Runner' en 1982) nous prouvait qu'il était décidément un compositeur talentueux et éclectique, maniant avec une maestria rare musique vocale, musique ethnique et musique électronique comme il nous avait encore été rarement donné d'entendre dans la musique de film, ce qui nous amène une fois encore à regretter le fait que le compositeur n'œuvre pas plus souvent pour le cinéma. Balayant avec grâce toutes les autres musiques écrites pour célébrer la vie et les découvertes de Christophe Colomb, la partition de '1492' était de loin la musique parfaite pour célébrer le 500ème anniversaire du célèbre explorateur espagnol, une véritable cérémonie musicale à la fois grandiose, universelle, majestueuse, sombre et dramatique où le compositeur déchainait toute sa passion, son talent et son inspiration. Vous l'aurez compris, '1492' est un must absolu, un trésor de la musique de film à connaitre absolument !

Quentin Billard

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