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Basic Instinct  (1992)

Quartet Records (10 octobre 2015) | Réédition


 

Après son score explosif pour Total Recall, Jerry Goldsmith revient sur Basic Instinct, deuxième film en collaboration avec Paul Verhoeven et probablement l'une de ses plus fameuses partition de toutes les années 90. Le score de Basic Instinct est d'une intensité rare tout au long du film, composé en étroite collaboration avec le réalisateur lui-même.



[© Texte : Cinezik] • 3700368402528
Basic Instinct

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

DISQUE 1 : THE FILM SCORE
Edition définitive avec toute la musique, dans l'ordre chronologique, incluant des morceaux alternatifs

1. Main Title / The First Victim (3:45)
2. Catherine and Roxy (5:17)
3. Shadows / Profile (1:30)
4. I Don’t Smoke (2:48)
5. Crossed Legs (4:53)
6. Beth and Nick (2:24)
7. Night Life (6:04)
8. Home Visit (1:12)
9. Your Wife Knew (1:48)
10. What’s Between You? (0:55)
11. One Shot (1:28)
12. Kitchen Help (4:02)
13. Pillow Talk (5:04)
14. Morning After (2:32)
15. Roxy Loses (3:39)
16. Catherine’s Sorrow (2:44)
17. Wrong Name (2:24)
18. She’s Really Sick (1:33)
19. It Won’t Sell (1:06)
20. The Games Are Over (5:53)
21. Evidence (1:44)
22. An Unending Story / End Titles (9:08)
Total Temps Disque: 71:59

DISQUE 2 : THE 1992 SOUNDTRACK ALBUM
l'album original

1. Main Title (Theme from Basic Instinct) (2:15)
2. Crossed Legs (4:53)
3. Night Life (6:04)
4. Kitchen Help (3:59)
5. Pillow Talk (5:01)
6. Morning After (2:31)
7. The Games Are Over (5:39)
8. Catherine’s Sorrow (2:43)
9. Roxy Loses (3:18)
10. An Unending Story (7:58)
BONUS TRACKS
11. The First Victim (R rated alternate) (1:37)
12. Beth and Nick (R rated alternate) (2:13)
13. Pillow Talk (R rated alternate) (4:51)
14. That’s Real Music (0:27)

 

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A ce propos, Verhoeven dit lui même dans le livret de l'album:

"Nous avons passé de nombreux jours à chercher une atmosphère pour ce thriller érotique très spécial. Jerry joua ses pièces sur le synthétiseur, ce qui me donna une idée assez claire de la complexité et la richesse des orchestrations finales(...)"

Symphonique avec utilisation traditionnelle du synthétiseur (effets rythmique, percussions du synthé, effets sonores envoûtants, etc.), la partition de Goldsmith retranscrit de manière très efficace toute l'intensité psychologique et érotique du film, et ce à l'aide d'orchestrations très travaillées et de trois thèmes importants qui reviennent sans cesse dans la musique comme de véritables leitmotive hypnotisants. Le Main Title commence avec le très envoûtant thème principal confié aux cordes avec une harpe et un son étrange du synthé incarnant la mélodie du thème (notons ces sons de synthé en écho dans ce morceau, quelque chose qui sonne de manière à la fois obsédant et inquiétant et qui reviendra très souvent dans les passages les plus atmosphériques du score). Cette excellente idée d'utiliser une sonorité claire et mystérieuse du synthé pour illustrer la mélodie du thème principal apporte quelque chose de très particulier à la musique (Goldsmith reprendra ce principe dans le Main Title de 'Hollow Man' qui marquera en 2000 sa troisième collaboration avec Paul Verhoeven) et renforce dès les premières secondes du film le côté envoûtant de l'ambiance de la musique (et du jeu d'acteur de Sharon Stone). Ce son sera toujours attaché tout au long du film au personnage de la sulfureuse Catherine Tramell et de son thème envoûtant et mystérieux à la fois. Le mystère est aussi un élément important dans ce score, le mystère inquiétant entourant le personnage de Sharon Stone en femme fatale insondable, véritable déesse du sexe et ange de la mort qui piège les hommes dans ses filets et semble aimer les tuer en prenant du plaisir. Goldsmith retranscrit le côté à la fois sensuel et glacial d'un personnage qui semble dénué de toute émotion et sentiment dans le mystérieux 'Crossed Legs' durant la fameuse anthologique des jambes croisées dans la salle d'interrogatoire. Goldsmith réutilise les sons en écho et la sonorité claire du thème de Catherine en donnant à ce morceau un côté à la fois sombre, intriguant, mystérieux et impalpable. Les cordes retranscrivent à merveille toute la froideur du personnage (le jeu des cordes, très travaillées tout au long de la partition du maestro renvoie aux BO de thriller psychologiques de Bernard Herrmann) avec un côté à la fois lourd et léger en même temps, la musique donnant l'impression de flotter dans les airs de manière envoûtante avec des cordes sensuelles et inquiétantes à la fois (en particulier avec le côté volontairement froid du jeu des cordes), le compositeur faisant quelques brèves allusions au thème de Nick, plus sombre et plus direct que celui de Catherine qui semble tourner en rond tout en étant hypnotisant. C'est en tout cas l'impression qui se dégage de ce splendide 'Main Title' retranscrivant tout le côté atmosphérique et obsédant de la musique dans le film.

La majorité du score repose sur cet aspect très atmosphérique oscillant entre le thème de Catherine et celui de Nick avec ce côté intriguant et mystérieux qui renforce l'aspect psychologique de la musique et tout son aspect froidement sensuel avec ces cordes sombres semblant être dénuées de tout sentiment à l'instar du personnage qu'interprète Sharon Stone. De temps en temps, on peut entendre quelques parties plus agitées et plus de style action comme l'intense 'Night Life' ou le superbe 'Roxy Loses' qui reste un bel exemple du talent de Goldsmith à composer des musiques d'action. 'Night Life' commence avec une reprise action du thème de Nick et son motif de 9 notes très reconnaissable et ce alors qu'il engage une poursuite en voiture avec Catherine qui s'amuse à essayer de le semer sur la route. On admirera la manière dont Goldsmith fait progressivement monter la tension dans son orchestre pour déboucher sur cette petite partie d'action faisant intervenir de la percussion du synthé (comme Goldsmith le fera aussi dans 'Malice' en 1993). 'Night Life' évoque dans un second temps le côté obsédant et inquiétant de cette musique mystérieuse et intrigante qui crée une ambiance incomparable dans le film.

Dans 'Kitchen Help', Goldsmith réutilise le très envoûtant thème de Catherine alors que cette dernière prend un pic à glace devant Nick pour casser un bloc de glace et utiliser des glaçons pour sa boisson. Ce geste à la fois inquiétant et sensuel dans les mains de Catherine prend une tournure mystérieuse avec cette superbe reprise de ce thème toujours confié à ce son clair et froid du synthé, une texture synthétique décidément très bien choisi par Goldsmith et qui renforce le côté glacial du personnage de Sharon Stone, la texture sonore du score de 'Basic Instinct' étant aussi un autre élément majeur de ce score très psychologique, complexe et simple à la fois. On admirera la manière très spéciale dont Goldsmith évoque une scène de 'baise' dans 'Pillow Talk' avec des cordes/vents très froids renforcés par une inquiétante basse du piano qui semble indiquer que quelque chose ne va pas du tout. Progressivement, Goldsmith fait monter de manière très intense la tension dans son orchestre comme pour évoquer l'orgasme violent de Catherine avec un côté effrayant et intense à la fois. (dans le film, on est pratiquement persuadé que Catherine va tuer Nick à coup de pic à glace mais il n'en est rien) Le deuxième 'orgasme' orchestral arrive avec une autre montée de la tension très suggestive et très froide en même temps, d'où ce côté très sombre en même temps: oubliez ici toute notion d'amour. Le sexe s'apparente dans le film à une arme perverse et très efficace entre les mains de cette sombre mante religieuse qu'est l'ensorcelante Catherine Tramell. Goldsmith décrit aussi dans le film l'idée que les deux personnages sont enfermés dans cette relation charnelle sans issue et ambiguë, apparemment dénuée de tout sentiment amoureux. (l'ultime scène du film laisse d'ailleurs un doute à ce sujet) On prolonge cette ambiance mystérieuse avec un énième retour du thème de Catherine dans 'Morning After' tandis que le sombre 'The Games are Over' évoque le moment où Catherine apprend à Nick que tout est fini, que le jeu est terminé puisqu'elle a fini d'écrire son roman. Son thème est repris d'une manière assez déformée au sein de cordes toujours aussi froides et calmes en même temps. Le morceau prend une tournure plus de style suspense sombre alors que Gus se fait tuer par le meurtrier dans la sanguinaire scène de l'ascenseur. On appréciera une fois de plus la manière dont Goldsmith fait progressivement monter la tension jusqu'à l'inévitable issue sauvage, et ce lorsque Nick comprend cela trop tard en tentant de se ruer vers l'appartement pour avertir Gus, le morceau prenant alors une violente tournure action avec réutilisation de la percussion du synthé et percussion acoustique (notons un petit motif rythmique développé d'abord aux xylophones et repris aux cordes pour ponctuer l'aspect violent de la scène).

'Catherine's Sorrow' s'ouvre sur le thème de Nick repris aux cordes alors que ce dernier se rend chez Catherine pour la découvrir en train de pleurer alors que c'est la première fois dans le film où elle montre un peu d'émotion à Nick. Son thème est repris de manière lente et mystérieuse avec des cordes toujours aussi froides, comme pour rappeler une fois encore que Catherine est avant tout une brillante et diabolique manipulatrice. La réutilisation très fréquente de son thème tout au long du film renforce l'obsession de Nick envers cette femme et son envie obsédante de mettre la main sur le meurtrier. L'autre grand passage d'action intervient donc dans le superbe 'Roxy Loses' alors que Nick se retrouve en train de poursuivre en voiture quelqu'un qui a essayé de l'écraser. Ici, Goldsmith développe le troisième thème qui est en fait un petit motif inquiétant de 7 notes que l'on trouvait déjà dans 'The Games are Over'. Ce motif évoquant l'aspect suspens du film se retrouve développé sous une forme action rageuse dans ce superbe morceau soulignant la poursuit et la confrontation entre Nick et Roxy, tout deux en voitures. Soutenue par une discrète basse du synthé, le morceau évolue vers l'inévitable issue: la mort de Roxy, jalouse de la relation qu'entretient Nick avec son amie Catherine et qui avait décidé de le supprimer. 'Roxy Loses' reste une pièce d'action excitante au sein d'un score qui joue beaucoup plus sur le suspense et le mystère plutôt que sur l'action, qui se résume finalement à deux ou trois passages.

Cette sombre histoire trouve alors sa conclusion sur le superbe 'An Unending Story' commençant sur une reprise à la trompette du thème de Nick sous une forme déterminée, avant que le thème de Catherine ne refasse son apparition avec ses cordes froides et ensorcelantes pour l'ultime scène de baise du film où le compositeur décrit à nouveau le climax orgasmique de la scène dans sa terrifiante montée de tension orchestrale, à un moment où une fois encore on pense que Catherine va tuer Nick à coup de poignard (l'histoire semble se répéter). Finalement, un petit motif de piano mystérieux vient apporter un peu de calme après la tempête', le calme apparent cédant très vite la place au motif de suspense de 7 notes qui revient dans le grave du piano avant que l'histoire se conclue sur l'ultime plan du film illustré avec un sursaut violent de percussions sur le motif de 7 notes, développé ensuite au piano au début du générique de fin, avant la dernière reprise du thème du 'Main Title' en guise de conclusion à ce sombre film. Le principal défi du compositeur pour ce dernier morceau était d'évoquer le fait que l'histoire semble ne jamais se terminer alors que l'ambiguïté continue de régner entre Nick et Catherine, Goldsmith nous rappelant une dernière fois que ces deux personnages sont tellement allés loin dans cette relation charnelle qu'ils ne peuvent plus en sortir et qu'ils se retrouvent piégés dans cette relation obsédante et sans fin. 'An Unending Story' apporte donc une ultime touche intrigante de mystère à cette histoire sans fin.

'Basic Instinct' est de loin l'une des meilleures partitions de Goldsmtih dans les années 90, une partition généralement très apprécié par les béophiles qui devient très captivant au bout de plusieurs écoutes. Le compositeur n'avait jamais véritablement abordé le domaine du thriller psychologique jouant sur l'ensorcellement et la manipulation d'esprit quasi hypnotisante. Pour le défouloir hormonal de Verhoeven, Goldsmith a écrit une partition sombre, mystérieuse, intrigante et parfois même un peu violente. Le thème de Catherine reste l'un des thèmes les plus populaires du maestro des années 90, celui qui évoque tout de suite des images du personnage pervers et démoniaque de cet ange de la mort qu'interprète Sharon Stone dans le film, un thème très évocateur qui permet de renouer avec l'ambiance forte et l'atmosphère très intense de la musique dans le film (il y'a beaucoup de musique dans 'Basic Instinct' et le score est bien mis en avant tout au long du film, parfois de manière un peu étouffant d'ailleurs). Indiscutablement, 'Basic Instinct' est une bien belle réussite de la part d'un compositeur qui une fois de plus trouve le ton juste sur ce sinistre thriller érotique, et ce même si le score risque d'apparaître assez difficile d'accès aux premières écoutes pour les novices. Une partition envoûtante !

Quentin Billard

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