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À la Croisée des Mondes : La Boussole d'Or  (2007)

His Dark Materials: The Golden Compass

New Line Records (10 décembre 2007) | Original Score [musique originale]


Le français Alexandre Desplat compose ce premier volet de la trilogie fantastique A LA CROISÉE DES MONDES, adaptée des célèbres romans de l'anglais Philip Pullman. La chanson finale est écrite, produite et interprétée par Kate Bush dans son studio personnel, et inspirée du personnage principal du film, Lyra Belacqua.

[© Texte : Cinezik]
À la Croisée des Mondes : La Boussole d'Or

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Golden Compass
2. Sky Ferry
3. Letters From Bolvangar
4. Lyra, Roger And Billy
5. Mrs Coulter
6. Lyra Escapes
7. The Magisterium
8. Dust
9. Serafina Pekkala
10. Lee Scoresby's Airship Adventure
11. Iorek Byrnison
12. Lord Faa, King Of The Gyptians
13. The Golden Monkey
14. Riding Iorek
15. Samoyed Attack
16. Lord Asriel
17. Ragnar Sturlusson
18. Ice Bear Combat
19. Iorek's Victory
20. The Ice Bridge
21. Rescuing The Children
22. Intercision
23. Mother
24. Battle With The Tartars
25. Epilogue
26. Lyra (Feat. Kate Bush)

Autour de cette BO

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Nos articles sur cette BO

Alexandre Desplat qui a su par le passé s'affranchir des contraintes de production, ou celles d'un auteur à forte personnalité (The Queen, Firewall, Syriana...) échoue ici en livrant une partition convenue, codifiée, rappellant par ci par là tout ce qui a pu déja se faire en matière de films d'aventure destinés à un jeune public à l'approche de Noel (Le Monde de Narnia, Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter...) sans jamais inscrire sa personnalité musicale, sans jamais installer la moindre atmosphère. Pire encore, dans le respect des conventions, la musique n'est pas non plus efficace, aucuns thèmes, aucunes textures, ne nous restent en mémoire. Il s'agit donc bien ici d'une musique fonctionnelle au service d'un film lui-même en échec.

 

Benoit Basirico

L'ouverture du disque s'annonce bien : Desplat use de sonorités mystérieuses évoquant la "poussière" décrite dans le prologue au début du film. On retrouve également sa verve mouvante et voluptueuse sur "Sky Ferry" qui développe pour la première fois le thème principal du film, motif d'aventure d'abord prometteur puis qui s'avère malheureusement un peu banal et poussif, même si à l'image l'effet épique est plutût réussi. On retrouve aussi la délicatesse de ses thèmes au piano dans "Letters From Bolvangar" mais on est loin de la subtilité des motifs de Lust, Caution car après quelques secondes d'émerveillement, Desplat parvient difficilement à développer ce thème (et les autres), et peine à surprendre l'auditeur (et le spectateur du film).

Avec "Mrs. Coulter" il compose un thème mystérieux et sournois, plutôt réussi, qui suggère bien la personnalité ambigüe de Mrs. Coulter (Nicole Kidman). Dommage que la musique n'en dise pas plus sur ce personnage quasi-immédiatement révélé comme mauvais dans le film, sans surprise : il aurait pu y avoir ici de belles suggestions musicales sur ce que l'image ne dit pas. Mais le réalisateur Chris Weitz choisi de tout dire, de peur d'avoir affaire à un spectateur sans cerveau incapable de faire une connexion entre une image, un son et une idée. C'est là que le rôle créatif d'Alexandre Desplat devient inévitablement limité, ceci expliquant en grand partie l'échec de cette musique qui n'a plus rien à dire qu'on ne voit pas déjà.

La suite du disque est relativement prévisible : chaque piste expose un motif (peu mémorable en général) qui désigne un personnage du film. Exemple flagrant : le morceau censé évoquer l'état mélancolique autant que la noblesse du personnage de Iorek (l'ours en armure) est incroyabalement banal. De même que les gitans de l'histoire sont à peine l'occasion d'expérimenter des sonorités originales à laquelles ont aurait pu s'attendre : la musique de Desplat reste inlassablement "Hollywoodienne" dans son aspect convenu, lisse et prévisible, qui ne dérange pas les attentes d'un spectateur lambda, qui ne bouscule personne. Elle reste souvent en retrait par rapport au film et n'a rien à dire, ou si peu (malheureusement) : tandis que les morceaux d'action sont mous ou anecdotiques, les rares envolées lyriques du score sont d'une mièvrerie confondante ("Riding Iorek") quasi risibles à l'image (même si ça et là quelques tentatives d'innovation sonore captent notre attention comme cette évocation musicale du vol aérien des sorcières au milieu du même morceau). Dommage qu'il ne s'agisse là que d'une bonne idée sur un score affichant tout de même 1 h 14 au compteur.

 

Sylvain Rivaud

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