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Cars  (2006)

Walt Disney Records (US : 6 juin 2006)
(FR: 16 juin 2006) - 0:52:16 | Album


 

John Lassester retrouve son complice de Toy Story 1 et 2 et A Bug’s Life sur Cars en la personne de Randy Newman. En plus du score, l'album de la bande originale comporte par ailleurs de nombreuses chansons. Une partition joyeuse et totalement décomplexée, qui prend un malin plaisir à "jouer" avec les images du film de John Lasseter, sans pour autant déborder d’une folle originalité !



[© Texte : Cinezik] •
Cars

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Real Gone (3:21)
- Performed by Sheryl Crow
2. Route 66 (2:51)
- Performed by Chuck Berry
3. Life Is a Highway (4:36)
- Performed by Rascal Flatts
4. Behind the Clouds (4:09)
- Performed by Brad Paisley
5. Our Town (4:07)
- Performed by James Taylor
6. Sh-Boom (2:25)
- Performed by The Chords
7. Route 66 (3:24)
- Performed by John Mayer
8. Find Yourself (4:11)
- Performed by Brad Paisley
9. Opening Race (2:04)
10. McQueen's Lost (2:28) *
11. My Heart Would Know (2:26)
- Performed by Hank Williams
12. Bessie (0:58) *
13. Dirt Is Different (1:27) *
14. New Road (1:17) *
15. Tractor Tipping (01:21) *
16. McQueen and Sally (02:00) *
17. Goodbye (02:42) *
18. Pre-Race Pageantry (01:30) *
19. The Piston Cup (01:52) *
20. The Big Race (03:07) *

* Musique originale de Randy Newman

Nos articles sur cette BO

Le score de Cars n’a rien de révolutionnaire en soi et paraît même quelque peu mineur par rapport aux immenses qualités indéniables du film de Lasseter. Il serait malgré tout injuste de passer sous silence la sympathique contribution de Randy Newman à ce petit bijou d’animation U.S., tant le score s’avère être énergique, entraînant et parfois même très touchant, sans pour autant laisser un souvenir impérissable. Stylistiquement, on reste dans la mouvance des musiques de Toy Story et A Bug’s Life pour ne citer que les exemples les plus évidents : thèmes héroïques entraînants, orchestre survitaminé et même quelques passages de style rock/country pour évoquer les exploits du héros et les magnifiques décors du film. ‘Opening Races’ pose d’emblée le ton du score en annonçant une superbe aventure à grand renfort de cuivres héroïques et une première apparition du thème principal associé à la compétition de la Piston Cup, mélodie fraîche et enjouée typique de Randy Newman (façon Maverick). Puis, très vite, l’orchestre laisse place à une formation rock avec guitare électrique/batterie/basse pour accompagner la séquence de la course au début du film. Il est rare d’entendre Newman s’aventurer dans le registre du rock, un genre auquel il fait brillamment (mais peut être trop brièvement) référence ici, apportant un certain punch à l’ambiance survoltée de la course (un peu, une fois encore, à la façon de Days of Thunder et la musique très rock ‘eighties’ de Hans Zimmer). Le thème de Flash McQueen apparaît dans ‘McQueen's Lost’, toujours confié à des cuivres sur un ton entraînant et héroïque un peu à l’ancienne (tendance Korngold). La tension monte néanmoins durant une bonne partie du morceau pour évoquer l’incertitude de l’issue de la course alors que McQueen a les pneus crevés. C’est alors qu’on pourra apprécier la petite pause bluegrass/country dans l’agréable ‘Bessie’ qui évoque là aussi une ambiance americana garantie 100%, Newman apportant une certaine fraîcheur à ces musiques dans le film.

L’orchestre revient dans ‘Dirt is Different’ avec une écriture de cordes mouvementée totalement maîtrisée. Le morceau possède là aussi une certaine énergie et une fraîcheur qui apporte du punch au film, sans oublier une très grande qualité dans les orchestrations très colorées du compositeur (typique de ses musiques pour les films d’animation de chez Pixar!), qui ne font que refléter la magnificence des couleurs et des images du film. Le morceau accompagne l’arrivée tonitruante de McQueen à Radiator Springs, suivi d’un très sympathique ‘New Road’ pour la scène où le jeune bolide construit la nouvelle route. On notera ici l’introduction d’un banjo et d’une mandoline, déjà présente dans ‘Dirt is Different’, et qui apporte là aussi un petit plus à la musique tout en évoquant ce côté vaguement ‘country’ de la musique (l’ambiance sauvage et irrémédiablement américaine de la légendaire Route 66). Newman se fait même plaisir en utilisant une autre guitare country dans l’entraînant ‘Tractor Tipping’ pour la scène où McQueen et Mater s’amusent à taquiner les tracteurs dans le champ. Le morceau part très vite sur un rythme sautillant faisant penser à une polka déchaînée sur fond d’orchestrations délirantes (sans aucun doute l’un des passages les plus amusants et les plus fun du score de Cars !). Dommage que, comme d’habitude, les morceaux semblent finir trop rapidement, l’absence de développements longs empêchant la musique de s’épanouir réellement sur l’album (même si évidemment dans le film, cela passe bien mieux!). On retrouve l’ambiance ‘americana’ dans le très agréable ‘McQueen and Sally’ pour la scène où les deux bolides partent faire une petite ballade loin derrière la ville. La musique affiche clairement la grande décontraction de la scène et se conclut de façon majestueuse pour la découverte de l’ancien relais abandonné, symbole d’une époque révolue. Randy Newman affiche une fois de plus ce ton décontracté et fun qui rend sa musique extrêmement agréable à écouter sans pour autant être débordante d’originalité (l’inclusion de nombreuses touches country évite quand même le tout orchestral généralement un peu monotone dans certaines partitions de Randy Newman).

Enfin, ‘Goodbye’ est un très joli morceau émotionnel plus intime dominé par vents, cordes, guitare et piano pour la scène où McQueen quitte Radiator Springs en laissant avec une certaine amertume ses amis derrière lui. Nostalgique et émouvant à souhait, le morceau fait parfois penser à certaines musiques de comédie romantique de Marc Shaiman ou d’Alan Silvestri. La partie finale débute avec les préparatifs de la course finale illustrée dans ‘Prerace Pageantry’ où le thème de la course revient dans un style toujours très héroïque sur fond de percussions martiales. Enfin, ‘The Piston Cup’ développe la thématique de la course dans un registre encore plus énergique et héroïque, morceau au cours duquel on retrouve les touches rock de ‘Opening Races’ pour faire monter la tension durant cette course finale effrénée qui aboutit au frénétique climax du score, ‘The Big Race’. Le thème de Flash McQueen est développé ici dans toute sa splendeur sur fond de cuivres héroïques du plus bel effet, écrit à l’ancienne. Le thème accompagne ici les exploits et la détermination de Flash McQueen qui compte bien tout mettre en oeuvre pour remporter la course cette fois-ci, soutenu par ses nouveaux amis et donc bien plus fort dorénavant. Les parties héroïques de ‘The Big Race’ nous font presque parfois penser aux envolées épiques de certaines partitions d’aventure du Golden Age hollywoodien, façon Erich Wolfgang Korngold.

Partition orchestrale fraîche matinée de touches country/americana du plus bel effet, Cars n’a peut être pas l’étoffe d’un grand chef-d’œuvre mais s’impose néanmoins par son ton léger, agréable, héroïque et survitaminé, un score dans la continuité logique des Toy Story, Monsters, Inc. ou bien encore A Bug’s Life, qui apporte un punch indispensable aux images du film de John Lasseter (qui met d’ailleurs toujours très bien en avant la musique de Randy Newman dans ses films, preuve d’une collaboration aisée et réussie entre les deux hommes). On pourra regretter une fois de plus le manque de surprise d’une composition agréable mais somme toute relativement passe-partout, qui pourrait coller sur n’importe quel film comédie/aventure à l’atmosphère americana. Néanmoins, on retrouve quand même le style Randy Newman dans Cars, et l’on sent vraiment à quel point le compositeur s’est fait plaisir en écrivant la musique de ce film (qui ne se ferait pas plaisir à sa place sur un film aussi génial?). Reste que, si vous avez aimé les musiques de Toy Story, Monsters, Inc. et A Bug’s Life, Cars devrait vous séduire amplement par son ton décontracté, son entrain et son enthousiasme communicatif. Les autres pourront tout simplement apprécier le charme d’une partition joyeuse et totalement décomplexée, qui prend un malin plaisir à "jouer" avec les images du film de John Lasseter, sans pour autant déborder d’une folle originalité!

Quentin Billard

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