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La Duchesse de Varsovie  (2015)

Believe / Sing Sing (17 février 2015) - En digital | Original Score [musique originale]


 

Première collaboration entre le compositeur Jacques Davidovici et le réalisateur Joseph Morder qui signe aussi la chanson "J’ai oublié Mes Souvenirs" interprétée par Joel Cartigny. Le minimalisme des décors et des silhouettes contraste avec le souffle de l'Orchestre et le lyrisme de la partition de Jacques Davidovici. Le film devait initialement être une comédie musicale, il en reste musicalement une inspiration, entre gravité et légèreté. L'instrumentation est variée, on entend la partition jouée avec un orchestre, une orgue de barbarie, un accordéon, un piano nostalgique de film muet, un violon tzigane, une valse ou un tango. Un thème circule dans le film sous différentes versions avec une version orchestrale qui ouvre et clôt le film.



[© Texte : Cinezik] • #LaDuchessedeVarsovie #JacquesDavidovici
La Duchesse de Varsovie

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1 LA DUCHESSE DE VARSOVIE 1'42
2 VALENTIN 1'50
3 UNE VALSE LÉGÈRE 2'14
4 ACCORDÉON DES RUES 1'17
5 TANGO DE LA DUCHESSE 0'25
6 ORGUE DE BARBARIE 1'26
7 LA VALSE DE NINA 4'17
8 EXTASY DANCE 4'17
9 LE FILM MUET 3'12
10 UN JARDIN MAGIQUE 3'16
11 VIOLON TZIGANE 1'19
12 UN SOIR GARE DE L'EST 2'04
13 EXTASY DANCE 2 0'55
14 J'AI OUBLIÉ MES SOUVENIRS 1'45
15 LES CAMPS I 7'26
16 LES CAMPS II 7'37
17 RACHEL 3'59
18 GENERIQUE FIN 2'08

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Autour de cette BO

Propos du réalisateur

La musique dans LA DUCHESSE DE VARSOVIE a une fonction très importante. Par rapport à l'image, faite d'un univers de rêve et de légèreté (l'utilisation des toiles peintes dans l'esprit de Georges Méliès), la musique a une fonction plus "terrienne" : elle nous ramène à un univers de la réalité ainsi que de la psychologie des personnages.

À l'inverse de la plupart de mes films, où la musique a une fonction discrète et essentielle en contrepoint d'une image "réaliste" (tournée dans des décors réels), dans LA DUCHESSE DE VARSOVIE la musique devient une sorte de parole intérieure des personnages : ceux-ci déambulent dans un Paris fantasmé issu de leur âme, de leurs sentiments intérieurs (faits des conflits du passé). Selon moi, la fonction de la musique dans ce film se rapprocherait de l'opéra : les personnages ne chantent -quasiment- pas mais leurs paroles sont issues d'une sorte de livret intitulé le scénario. Ainsi, sans être envahissante, la musique est constamment présente dans toutes les scènes du film : de façon subtile, elle s'intercale entre les répliques, voire à l'intérieur de celles-ci. Les voix, les intonations des personnages en sont les interprètes.

Bien que s'inspirant de l'univers de la comédie musicale de l'âge d'or hollywoodien (UN AMÉRICAIN À PARIS, DRÔLE DE FRIMOUSSE, GIGI), l'histoire que raconte LA DUCHESSE DE VARSOVIE s'inscrit dans une sorte de tradition de l'Europe Centrale : une mélodie lancinante, telle une valse étrange, recouvre tout le film. À l'intérieur de cette mélodie, se situent des phrases musicales qui correspondent à chaque personnage, à chaque péripétie de son évolution. Alternant le tragique (le mélodrame) et le comique (le burlesque même), les scènes -tout comme la musique- traduisent l'état général du récit : un propos grave raconté avec légèreté.

Tout cela nous mène à la chanson entonnée par Nina avant de démarrer le récit de la déportation. Cette chanson aux allures anciennes est la résultante des diverses mélodies qui auront ponctué le récit. Elle résume le sentiment général du film : une quête du futur et du bonheur à travers les affres du passé.

LA DUCHESSE DE VARSOVIE se construit comme une immense partition musicale : un peu comme dans LES PARAPLUIES DE CHERBOURG, l'ensemble du film constitue un univers en-chanté. Le jeu des comédiens est ici essentiel : leurs paroles incarnent cette musicalité et le -faux- silence qui entoure Nina lorsqu'elle raconte la déportation est partie intégrante de cette mélodie globale. Par le biais de toutes ces nuances, l'air que dégage le film est une celui d'une chanson de quatre-vingt-dix minutes : celle des voix intérieures des disparus.

Joseph Morder

 

Propos du compositeur

La Duchesse de Varsovie est un projet atypique. Des toiles peintes font office de décor, et des silhouettes peintes incarnent tous les personnages, à l'exception des deux principaux. Le sujet du film est la gravité même, mais le ton du film, lui, est empreint de légèreté. Le choix de la couleur musicale est plus traditionnel. L'Orchestre symphonique classique (une cinquantaine de musiciens) constitue l'essentiel de la palette, qui s'enrichit de quelques solistes qui apportent l'originalité de leurs timbres. Le souffle et la puissance de l'Orchestre sont tout à fait indiqués pour contraster avec le minimalisme des décors et des silhouettes.

Lyrisme, sentiment du merveilleux, burlesque, amour, tragédie, l'outil orchestral sert au mieux le récit musical. La «valse étrange» voulue par le réalisateur s'appuie sur cette base symphonique, éclairée de timbres plus inattendus. Si l'orchestration proprement dite peut s'éloigner quelque peu d'un clasissisme formel, la thématique est elle tout à fait tonale. Un des pôles thématiques voit l'un de ses développements prendre la forme d'une chanson réaliste d'avant-guerre, que le personnage de Nina (la Duchesse) chantonne dans le film. Cette chanson est composée et orchestrée de façon à donner l'illusion au spectateur qu'il s'agit d'une authentique chanson d'époque. Son interprétation par Alexandra Stewart accentue l'impression de familiarité, tandis que son intégration dans le matériel thématique de la B.O. contribue à donner au film un caractère unique, et induit chez le spectateur une «fausse» réminiscence.

La musique est partie prenante de l'écriture de ce film. Le réalisateur avait même envisagé un moment d'en faire une comédie musicale. Les discussions réalisateur-compositeur largement en amont du tounage permettent d'optimiser l'apport de la musique au projet, en précisant les contours et les couleurs des interventions musicales. La Duchesse de Varsovie offre une opportunité à la musique de participer pleinement à l'écriture cinématographique, et de donner toute sa mesure au service du film. Ce n'est pas si courant...

Jacques Davidovici

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