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The Film Music of Ralph Vaughan Williams – Volume 1  ()

Chandos (septembre 2002) - 78'30 | Compilation


 

La musique de Vaughan Williams est comme du bon vin, elle s’affirme avec le temps et dévoile un peu plus, à chaque écoute, sa beauté, une élégance musicale qui est propre au monde britannique. Qui plus est, on retrouvera nombre des procédés utilisés par Vaughan Williams dans la musique actuelle (le morceau "The Hudsons take-off from Iceland" préfigure John Williams).



[© Texte : Cinezik] •
The Film Music of Ralph Vaughan Williams – Volume 1

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

01 - 18: Suite from the music for the film Scott of the Antartic – 41:12
19 - 26: Costal Command Suite – 23:43
27: The People’s Land – 13:17

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Ralph Vaughan Williams est l’un des grand compositeurs britanniques du XXème siècle. Il est surtout connu pour avoir écrit l’une des plus belles pages de la musique pour orchestre à cordes "Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis" (1910). Chandos, l’un des labels les plus vivants, les plus exigeants et les plus intéressants de l’industrie du disque classique, fait un bel effort d’édition (bien que les pochettes de cette collection soient très rétro) en offrant aux béophiles, dans cette première compilation, trois de ses musiques de film : "Scott of the Antartic" (récit d’une expédition désastreuse dans l’Antartique dans les années 1910. Réalisation Michel Balcon, 1947), "Costal Command Suite" (documentaire de guerre datant de 1942), "The People’s Land" (documentaire décrivant le travail du National Trust et datant de 1943). La musique de Vaughan Williams a ici été réenregistrée par le chef d’orchestre Rumon Gamba, à la tête du Sheffield Philharmonic Chorus et du BBC Philharmonic.

Pour la première fois, la majestueuse partition de "Scott of the Antartic", qui donnera naissance à la Sinfonia Antartica, 7e symphonie du compositeur (1953), est proposée aux auditeurs intégralement. Les fanfares aux cuivres foisonnent, suggérant toute la solennité de cette aventure singulière : comme tout britannique qui se respecte, Vaughan Williams excelle dans cet exercice ("Main Titles", "Ship’s Departure", "Blizzard", avec une machine à vent…). Des chœurs muets, rappelant Debussy ("Sirènes"), des percussions, et des harmonies spectrales aux vents ponctuent la partition de sonorités froides, afin de représenter la banquise ("Prologue", orchestré par Stephen Hogger, "Sculpture Scene", etc…). L’humour n’est pas en reste : la "Penguin Dance" évoque des musiques de cirque (utilisation du xylophone), mais orchestrées avec des instruments suggérant bien entendu le froid.

"Coastal Command" suit des hydravions à la recherche de bâtiments allemands. La musique de Vaughan Williams, qui rappelle parfois celle de Stravinsky, oscille entre tutti grandioses ("Prélude", "U-Boat Alert", "The Hudsons take-off from Iceland", "Battle Of The Beauforts", "Finale") et atmosphères évocatrices ("The Hebrides", "Taking-off a Night", la marche sublime de "Dawn Patrol"). Le livret précise qu’on retrouve beaucoup des éléments de "Coastal Command" dans les symphonies du compositeur, notamment la 5e et la 6e.

"The People’s Land" célèbre quant à elle des mélodies très lyriques, inspirées de chansons folkloriques.

Le travail de Vaughan Williams, magnifié par la direction claire et précise de Rumon Gamba se révèle d’un raffinement extrême et son écoute apporte un nouveau éclairage sur la musique de film de cette époque : le compositeur britannique réussit admirablement à concilier les exigences du cinéma épique, pour lequel l’efficacité prévaut, et les exigences musicales (orchestration soignée et très subtiles, harmonies délicates). L’écoute en boucle n’épuise pas notre intérêt : bien au contraire, la musique de Vaughan Williams est comme du bon vin, elle s’affirme avec le temps et dévoile un peu plus, à chaque écoute, sa beauté, une élégance musicale qui est propre au monde britannique. Qui plus est, on retrouvera nombre des procédés utilisés par Vaughan Williams dans la musique actuelle (le morceau "The Hudsons take-off from Iceland" préfigure John Williams : la parenté (outre celle du nom) est plus que troublante, car ce sont vraiment tous les éléments du style de Williams qui y sont en germe). Autant dire que ce disque est indispensable !

Damien DESHAYES

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