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Bienvenue à Gattaca  (1998)

Virgin Records (21 octobre 1997) - 0:54:55 | Original Score [musique originale]


 

Sur cet ambitieux polar d’anticipation, brillamment réalisé par Andrew Niccol, le scénariste de The Truman Show, Nyman compose une musique étonnamment lyrique. Certaines plages composées par Nyman se rapprochent beaucoup de la 3eme symphonie du musicien polonais Henryk Górecki.



[© Texte : Cinezik] •
Bienvenue à Gattaca

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Morrow (3:13)
2. God's Hands (1:42)
3. The One Moment (1:40)
4. Traces (1:00)
5. The Arrival (3:53)
6. Becoming Jerome (1:06)
7. Call Me Eugene (1:24)
8. A Borrowed Ladder (1:47)
9. Further and Further (2:43)
10. Not the Only One (2:14)
11. Second Morrow (2:24)
12. Schubert : Impromptu for 12 Fingers (2:55)
13. The Crossing (1:24)
14. It Must Be the Light (1:23)
15. Only a Matter of Time (1:07)
16. I Thought You Wanted to Dance (1:13)
17. Irene's Theme (1:09)
18. Yourself for the Day (2:20)
19. Up Stairs (2:02)
20. Now That You're Here (2:44)
21. The Truth (2:13)
22. The Other Side (3:44)
23. The Departure (3:51)
24. Irene & The Morrow (5:44)

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Nos articles sur cette BO

Le réalisateur encouragea Nyman à s’inspirer de cette grande oeuvre tragique plutôt que d’opter pour une musique électronique du style Blade Runner. C’est le cas de Crossing ou de l’inquiétant Upstair, lorsque Eugène, paralysés des jambes tente de grimper les escaliers sans son fauteuil. Les cordes longuement tenue et l’inquiétante atmosphère qui s’en dégage rappelle certaines tournures musicales du compositeur Polonais. On pourrait rapprocher cette approche avec celle de François Truffaut dans son film d’anticipation Fahrenheit 451 qui décida de choisir un compositeur classique, Bernard Herrmann pour évoquer le monde du futur plutôt qu’un compositeur d’avant-garde comme Karlheinz Stockhausen ou Olivier Messiaen. Lorsque Herrmann, surprit, lui demanda la raison de ce choix, Truffaut lui déclara simplement : "Parce que vous, vous allez pouvoir m’écrire la véritable musique du XXIe siècle, tandis que les autres ne ferons que reproduire celle du XXe siècle. "

Sur The Morrow, le morceau d’ouverture, les cordes dominent entièrement. On retrouve beaucoup la veine lyrique et sereine de certaines compositions de John Barry ou Joe Hisaishi. Becoming Jerome est l’un des thèmes les plus entraînant du film. Il reprend certaines lignes mélodiques du morceau qui illustre la naissance de Vincent mais l’attaque des violons est bien plus dynamique. Le thème correspond en effet au moment le plus exaltant dans l’existence de Vincent, celui où il va pouvoir s’affranchir de sa modeste condition et devenir pilote spatial. "Tout ce que tu feras dans un engin spatial c’est le ménage" lui disait son père. Pourtant en s’accaparant l’identité de Jérôme Morrow, un être génétiquement "parfait", Vincent va défier toutes les probabilités qui le voue à l’échec. Seul ce morceau, qui rappelle un peu le lyrisme passionné du Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski semble réellement émerger de la bande originale. Le reste de la composition de Nyman retranscrit parfaitement bien l’univers froid et mécanique du centre spatial d’apprentissage où les protagonistes, dénuées d’émotions évoluent séparément sans vraiment se prêter attention.

Les deux personnages principaux du film ont un thème qui les caractérise. The Morrow qui est associé à Jérôme est assez mélancolique tandis que celui d’Irène, écrit pour cor et cordes est beaucoup plus chaleureux et passionnée. Nyman semble surtout intéressé à décrire les états intérieurs qui agitent les personnages. En elle même, Irène partage la même ambition que Jérôme même si elle ne l'exprime pas ouvertement. La musique nous fait ressentir cette passion intérieure qui l'agite comme lorsqu'elle contemple avec Vincent le décollage de la fusée évoqué par le morceau It Must Be The Light.

L’Impromptu n°3 de Schubert, une œuvre pour piano à quatre mains a été réarrangée par Michael Nyman pour une version jouée avec 12 doigts. Le pianiste que Jérôme et Irène vont voir dans la salle de concert a en effet la particularité d’avoir 6 doigts sur chaque main. Le romantisme de la pièce rempli de notes vibrantes d’une tonalité légère fait par ailleurs un lointain écho à la sensualité de La Leçon de Piano. A la fin du concert, le dialogue entre Irène et Jérôme résume à lui seul le sujet du film : l’homme malgré sa volonté ne pourra jamais s’élever dans la société s’il n’est pas né avec certaines prédispositions. "12 doigts ou pas seul le talent compte" lui dit Jérôme. Et Irène qui lui répond froidement : "Cette œuvre exige d’avoir 12 doigts".

Julien Mazaudier

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