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Ghosts of The Abyss  (2003)

Hollywood Records (2003) | Original Score [musique originale]



James Cameron a fait appel à Joel McNeely pour écrire la musique de Ghosts of The Abyss. Le compositeur de The Avengers, Soldier et Virus n'a malheureusement pas été particulièrement inspiré et nous livre le strict minimum pour le film de Cameron : un score atmosphérique qui évoque à la fois l'épave et les souvenirs du magnifique paquebot de luxe que fut le Titanic.

[© Texte : Cinezik] •

Ghosts of The Abyss

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1-Departure 2.33*
2-Main Title 1.16
3-Apprehension 1.29
4-Getting Ready 1.20
5-Titanic Revealed 3.11
6-Floating Above The Deck 3.01
7-Dangerous Recovery 1.28
8-Valse Septembre 2.19**
9-The Windows 0.47
10-Jake and Elwood 2.14
11-The Bots Go In 1.33
12-Tisty Bitsy Girl 1.52***
13-The Grand Staircase 1.33
14-Exploring The Staterooms 1.51
15-Song Without Words 2.26+
16-Elegance Past 2.10
17-Building The Ship 1.28
18-I...I Had To Go 1.51
19-The Ship's Engines 1.42
20-Alexander's Ragtime Band 1.53++
21-The Final Day 2.15
22-The End 3.17
23-Memorials 1.18
24-Go Toward The Light 1.31
25-The Next Morning 2.08
26-Never My God To Thee 0.55+++
27-Saying Goodbye To Titanic 1.55
28-Eternal Father, Strong To Save 3.02#
29-Darkness, Darkness 4.05##

*Ecrit et interprété par
Glen Phillips
**Ecrit par Felix Godin
***Ecrit par Ivan Caryll
et Lionel Monckton
+Ecrit par
Piotr Ilyich Tchaikovsky
++Ecrit par Irving Berlin
+++Ecrit par John B.Dykes
#Ecrit par John B.Dykes
et William Whiting
##Ecrit par Jesse Colin Young
Interprété par Lisa Torbin.

Nos articles sur cette BO

Le choix de McNeely est évident puisque le compositeur a déjà écrit le thème et le score du pilote de la série 'Dark Angel' produit par James Cameron. Avec 'Ghosts of The Abyss', le compositeur devait relever le défi d'écrire un score qui réussirait à évoquer la beauté poignante de la célèbre partition oscarisée qu'écrivit James Horner en 1997. Hélas, le résultat n'est certainement pas à la hauteur de nos attentes. Mais analysons d'abord le contenu musical plus en détail. Le score fait appel à une formation orchestrale traditionnelle avec une bonne partie d'électronique tendance new-age atmosphérique pour certaines scènes d'exploration de l'épave. Avec un bref 'Main Title' et un premier élan orchestral (qui, bizarrement, rappelle le début du 'Main Title' de 'The Abyss' d'Alan Silvestri - un clin d'oeil musical astucieux souhaité par James Cameron envers la musique de l'un de ses propres films?), 'Apprehension' évoque les questionnements et l'appréhension de toute l'équipe et de Bill Paxton, avant le départ à l'aventure. McNeely utilise ici les synthétiseurs dans un rôle purement atmosphérique, avec un piano qui semble imiter le côté fluide de l'eau. C'est ce côté 'aquatique' que le compositeur a parfaitement su représenter dans sa partition, sa ns pour autant innover en ce sens avec les matériaux utilisés. 'Getting Ready' fait même intervenir des guitares électriques et des rythmiques électro moderne surprenant de la part de McNeely (les rythmiques modernes évoquant le monde d'aujourd'hui, par rapport à la partie orchestrale uqi pourrait alors évoquer le monde du Titanic), lui qui s'est toujours considéré comme un 'symphoniste' pur et dur. A noter que le morceau, soutenu par une flûte aux accents celtiques, accompagne le départ des sous-marins MIR pour l'exploration de l'épave, illustrée quand à elle dans 'Titanic Revelead' et 'Floating Above The Deck'. Le premier évoque un sentiment d'étonnement et d'émerveillement à la découverte de l'épave du Titanic, McNeely utilisant ici les cordes et les quelques sonorités celtiques de la flûte, tandis que la seconde pièce, plus atmosphérique, se partage entre les cordes et les rythmiques électroniques. Pour l'instant, la partition ne surprend guère et ne s'affirme en rien comme un nouvel opus musical mémorable sur l'évocation du drame du Titanic.

Plus tendu, 'Dangerous Recovery' fait appel aux percussions électroniques et à l'orchestre dans un style action illustrant les dangers de l'exploration de l'épave, le travail autour des percussions rappelant par moment celui de John Debney sur 'Sudden Death' (un style musical assez inattendu pour ce genre de documentaire). McNeely passe très vite d'une ambiance à une autre tout au long du documentaire, car après la 'Valse Septembre' de Felix Godin évoquant la musique jouée à bord du paquebot à cette époque, 'The Windows' vient apporter une certaine touche d'émotion à la découverte des vitres conservées intactes dans une salle de l'épave. C'est alors que l'on retrouve très vite un style plus moderne avec 'Jake and Elwood', pièce de style techno/dance tout à fait inattendue de la part du compositeur. L'utilisation d'un style techno peut là aussi surprendre, mais le fait est qu'une fois encore, ce côté plus électronique et moderne de la partition évoque l'utilisation de la technologie (les deux caméras 'Jake' et 'Elwood') pour l'exploration du Titanic. On pourra donc apprécier ici ce changement d'ambiance constant, même si l'ensemble paraît parfois un peu trop décousu.

Plus sombre et atmosphérique, 'The Bots Go In' utilise l'électronique pour évoquer le moment où les deux caméras s'infiltrent dans une pièce étroite de l'épave, McNeely nous dévoilant un style instrumental plus classique dans 'The Grand Staircase' avec piano et quatuor à cordes, pour la découverte du grand escalier de la salle principale. On regrettera le côté très retenu de ces passages musicaux censés être émouvants, car à tant qu'à faire un documentaire un peu grandiloquent et prétentieux, autant l'assumer jusqu'au bout. Reste que ces passages musicaux plus émouvants déçoivent un peu par leur côté fade et peu mémorable, McNeely ayant apparemment manqué l'occasion de rendre hommage à ce géant des mers. Le reste de la musique développe ainsi les passages atmosphériques liés à l'exploration, comme l'électronique 'Exploring The Staterooms', 'Elegance Past' et son piano intimiste avec cordes et flûte, le très celtique 'Building The Ship' et son air populaire de cornemuses et son penny whistle, 'I...I Had To Go' et son thème de piano à la Thomas Newman qui traverse certains moments du film, 'The Ship's Engine' et son côté plus sombre annonçant le drame, sans oublier la conclusion illustrée dans 'The Final Day' - évoquant clairement la tragédie sur un ton plutôt recueilli et tout en retenu -, suivi d'un 'The End' assez méditatif et amer, un 'Memorials' plus émouvant sur les souvenirs des vies perdues durant la catastrophe, sans oublier la guitare solitaire et le quatuor de cordes mélancolique de 'The Next Morning' pour le dernier jour de tournage du documentaire, teinté d'une certaine nostalgique émouvante, mais visiblement pas assez pour le compositeur qui livre le strict minimum sans petit 'plus' particulier, un 'plus' que James Horner avait su trouver en 1997 mais que McNeely n'a pas su réexploiter et réadapter pour l'occasion dans ce documentaire signé James Cameron.

Au final, la musique de 'The Ghosts of The Abyss' est donc une déception étonnante de la part d'un compositeur qui nous avait pourtant habitué à mieux, mais qui n'a semble t'il pas réussi à trouver l'inspiration sur ce film, et ce malgré l'ampleur et l'émotion d'un tel sujet. Le problème est que la musique de McNeely joue un peu trop sur la retenue pour pouvoir correctement s'adapter à un documentaire d'une telle ampleur où on attendait justement un brillant hommage musical grandiose de la part du compositeur. L'introspection de cette partition finit par engloutir l'écoute du spectateur dans un certain ennui, et ce bien que le compositeur évite de justesse le statisme monotone en variant le plus possible ses différentes atmosphères musicales. On pourra néanmoins se rabattre sur certains moments sympathiques comme ces passages où McNeely utilise des rythmiques électroniques modernes, une facette relativement méconnue du compositeur. Pour le reste, 'Ghosts of The Abyss' devrait hélas très vite tomber dans le rang des partitions oubliées du compositeur, faute d'un certain manque d'ambition et d'un manque d'idée flagrant.

Quentin Billard

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