Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusCannes 2019

EN

VOIR

PLUS

Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1  (2010)

Harry Potter and the Deathly Hallows - part 1

WaterTower Music (16 novembre 2010) | Original Score [musique originale]


 

Alexandre Desplat succède à John Williams, Patrick Doyle et Nicholas Hopper au pupitre de la saga HARRY POTTER.



[© Texte : Cinezik] • 0884977754360
Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Obliviate 03:02
2. Snape to Malfoy Manor 01:58
3. Polyjuice Potion 03:32
4. Sky Battle 03:49
5. At The Burrow 02:35
6. Harry and Ginny 01:44
7. The Will 03:39
8. Death Eaters 03:15
9. Dobby 03:49
10. Ministry of Magic 01:46
11. Detonators 02:23
12. The Locket 01:52
13. Fireplaces Escape 02:55
14. Ron Leaves 02:36
15. The Exodus 01:38
16. Godric's Hollow Graveyard 03:15
17. Bathilda Bagshot 03:54
18. Hermione's Parents 05:51
19. Destroying the Locket 01:11
20. Ron's Speech 02:17
21. Lovegood 03:28
22. The Deathly Hallows 03:18
23. Captured and Tortured 02:57
24. Rescuing Hermione 01:51
25. Farewell to Dobby 03:44
26. The Elder Wand 01:37

Autour de cette BO

Edition limitée (10 000 exemplaires) :

L'édition limitée de cette BO contient :

- Un certificat numéroté d'authenticité
-Deux reproductions de la pellicule 35 min du film autant présenté dans un chevalet amovible.
-Un disque de vinyl avec une photo du film imprimée dessus avec la musique du film
-Un DVD 5.1 avec un mix de la bande sonore d'Alexandre Desplat et un clip de 7 minutes sur l'enregistrement de la musique et des interviews d'Alexandre Desplat et les producteurs David Barron et David Heyman.
-Un poster du film.
-Une partition de la musique du film, utilisée lors de l'enregistrement aux Studios d'Abbey Road, dédicacée par Alexandre Desplat.
-La bande originale sur un CD
-Un second CD avec de la musique additionnelle.

Sortie le 21 décembre 2010.
Prix : $79.98 - 57 €

Nos articles sur cette BO

La partition symphonique de « Harry Potter & The Deathly Hallows - Part 1 » se devait de placer la barre haut, car, après trois partitions fabuleuses de John Williams, une très belle partition épique de Patrick Doyle et deux scores plus quelconques de Nicholas Hooper, il y avait fort à faire pour Alexandre Desplat, qui souhaitait ainsi renouer à travers sa partition avec l'esprit des compositions initiales de John Williams - alors qu'une rumeur persistante prévoyait d'ailleurs le retour de Williams sur ce dernier film. Le résultat est malheureusement bien éloigné de nos attentes.

Le score de « Harry Potter & The Deathly Hallows - Part 1 » utilise toutes les ressources du prestigieux London Symphony Orchestra et de diverses formations chorales (dont le London Voices), avec des orchestrations assurées en partie par Conrad Pope, qui avait déjà travaillé sur les orchestrations des trois premiers scores de John Williams. Alexandre Desplat utilise, en plus du LSO, un ensemble de différents instruments solistes incluant des percussions ethniques, une mandoline, une shakuhachi, une guitare, un violoncelle, un luth, un théorbe, un piano, une flûte et des flûtes à bec. Mais la première déception vient ici de la partie thématique du score : alors que Desplat avait pourtant signalé dans une récente interview qu'il développerait de façon plus intense le célèbre « Hedwig's Theme » de John Williams, on ne trouve quasiment aucune trace du dit thème dans le score du film. Autre élément décevant : les nouveaux thèmes écrits par Desplat sont insignifiants, et rappellent l'un des gros points noirs du compositeur : les thèmes. Desplat n'a jamais brillé dans l'écriture de ses mélodies, et son score pour « Harry Potter & The Deathly Hallows - Part 1 » vient nous le rappeler assez douloureusement.

Le film débute sur un premier rappel très bref et discret du thème de Williams (absent du disque) et enchaîne avec « Obliviate » qui évoque la détermination quasi désespérée d'Harry, Ron et Hermione, alors qu'ils décident de quitter leurs proches pour accomplir leur quête aux Horcruxes. Desplat base son morceau sur un ostinato de cordes un peu décevant, passe-partout et impersonnel, et utilise un premier thème au violoncelle, aux cordes, aux cuivres et aux bois. Comme toujours avec le compositeur, les orchestrations sont extrêmement soignées, même si l'on regrettera le côté parfois impersonnel de l'écriture du score - ces traits de cordes en ostinato au début du morceau pourraient avoir été écrits par n'importe quel compositeur d'aujourd'hui ! Dans « Snape to Malfoy Mansion », on découvre le thème plus sombre des Mangemorts, lorsque Rogue arrive au manoir des Malfoy au début du film : on retrouve ici aussi un ostinato de cordes très impersonnel avec un thème plus ample aux notes descendantes confié aux cordes, avec des choeurs, des percussions ethniques discrètes et même une shakuhachi mixée de façon lointaine. Dommage que ces instruments soient souvent utilisés de façon très discrète, alors que l'on se serait attendu à ce qu'ils apportent davantage de relief dans la partition d'Alexandre Desplat. Plus intéressant, « Polyjuice Potion » évoque par ses harmonies plus élégantes le style musical de John Williams, une parenté plus qu'évidente dans certains morceaux de la partition. Curieusement, ce sont ces passages « à la Williams » qui sont les plus réussis et les plus intéressants dans le score de « Deathly Hallows - Part 1 ». Desplat utilise quelques touches impressionnistes et mickey-mousing dans la seconde partie de « Polyjuice Potion » avec brio. Dans « Sky Battle », il évoque la bataille aérienne au début du film dans un registre orchestral là aussi clairement inspiré de Williams, avec des orchestrations massives et élaborées, à des années lumière de la fadeur des précédents scores de Nicholas Hooper. On appréciera d'ailleurs la virtuosité des cordes et des cuivres dans « Sky Battle » pour la séquence de l'impressionnante poursuite sur la route. Dans le même ordre d'idée, Desplat nous offre un solide déchaînement d'action pour « Fireplaces Escape » et le sombre et agressif « Bathilda Bagshot ». Ces morceaux viennent d'ailleurs rappeler avec brio à quel point cette ultime aventure d'Harry Potter est plus que jamais placée sous le signe de la violence et de la noirceur.

Le thème de la quête d'Harry, introduit au début de « Polyjuice Potion », revient au début de « At The Burrow » et rappelle les tourments du jeune sorcier et sa détermination à accomplir sa mission. On appréciera ici la qualité des harmonies, élégantes et raffinées, comme souvent avec Desplat. « Harry and Ginny » apporte un soupçon de romantisme et de délicatesse dans un très beau morceau pour piano et cordes évoquant la romance entre Ginny et Harry, alors que le thème ascendant de « Obliviate » revient aux cordes au début de « Death Eaters », évoquant la menace des Mangemorts de façon plus sournoise et quasi funèbre. On aurait simplement aimé entendre un thème possédant plus de caractère pour les grands méchants de l'histoire. Desplat nous offre aussi un peu de mickey-mousing tout à fait dispensable dans le coloré et sautillant « Dobby » (utilisant une guitare pour l'elfe ami d'Harry) ou dans « Detonators » et son motif de flûtes à bec un brin espiègle - qui jure un peu avec le reste du score, plus sombre et dramatique d'esprit. « The Locket » reprend le motif sombre de « Snape to Malfoy Manor » pour l'Horcruxe que tentent de détruire Harry et ses deux amis tout au long du film. On retrouve ici des sonorités mystérieuses rappelant certains passages du score de John Williams pour « Harry Potter & The Chamber of Secrets » (notamment dans l'utilisation du célesta). Des morceaux comme « Ron Leaves » apportent une certaine émotion dramatique au film, le tout enveloppé d'une écriture pour cordes plus classique d'esprit et raffinée. La musique apporte, comme le film lui-même, une maturité évidente aux images du long-métrage de David Yates. Un morceau intrigant et mystérieux come « The Exodus » et son utilisation étrange d'un violon glacial paraît même quelque peu inédit dans l'univers musical d'Harry Potter. Même chose pour « Godric's Hollow Graveyard » où règne un sentiment de regret et d'amertume, sans oublier le contemplatif « Hermione's Parents » et son utilisation appréciable d'une chorale envoûtante, tandis que les divers instruments solistes reprennent le motif dramatique ascendant de « Obliviate ». Le lyrisme de Desplat transparaît de façon plus admirable dans le poignant « Ron's Speech », avec son écriture de cordes éminemment romantique, dans la lignée de Gustav Mahler. On n'oubliera pas de mentionner le mélancolique et poignant « Farewell to Dobby », ainsi que le sombre et conclusif « The Elder Wand ».

Moins facile d'accès que les précédents scores de la saga, « Harry Potter & The Deathly Hallows - Part 1 » est un score qui risque fort d'en décevoir plus d'un à la première écoute. Et pourtant, comme souvent avec Alexandre Desplat, la musique regorge de nombreuses subtilités qui méritent plusieurs écoutes, afin d'appréhender les différents détails qui fourmillent tout au long de la partition du compositeur français. Hélas, si ces détails s'apprécient en écoute isolée, difficile de les remarquer dans le film, tant la musique paraît bien terne sur les images et quasi insignifiant par moment. Le problème vient surtout du caractère pauvre et quelconque des thèmes, qui paraissent bien peu inspirés, et du manque d'idée nouvelle d'un compositeur qui recycle les formules orchestrales habituelles du genre sans apporter quoique ce soit de neuf à la saga. On appréciera néanmoins le lyrisme poignant de la dernière partie du score, un morceau comme « Ron's Speech » témoignant, encore une fois, de la sensibilité d'un compositeur toujours aussi à l'aise dans le registre de l'émotion et du lyrisme romantique. Hélas, la partition musicale de « Harry Potter & The Deathly Hallows - Part 1 » ne laisse aucun souvenir particulier après écoute, et nous laisse carrément sur notre faim ! Même des morceaux plus agressifs et virtuoses comme « Sky Battle », « Rescuing Hermione » ou « Bathilda Bagshot » ne permettent pas à la partition de décoller pleinement. Décidément, après la semi-déception des opus 5 et 6 de Nicholas Hooper, force est de constater que les musiques de la saga « Harry Potter » sont devenues bien décevantes depuis le départ de John Williams (opus 1 à 3) et Patrick Doyle (opus 4). La magie n'opère plus, la musique de cet opus 7 n'a aucune personnalité particulière (alors même que le film ravit par ses très bonnes idées et son ton mature et adulte), et même si la musique fonctionne parfaitement à l'écran, Alexandre Desplat se contente bien trop souvent d'appliquer les recettes musicales habituelles sans aucune réflexion sur la forme comme sur le fond. Pire encore, cette composition symphonique très classique d'esprit reste trop souvent impersonnelle et trop sage pour coller à l'univers « Harry Potter ». Le lien espéré avec les musiques de John Williams apparaît furtivement dans des morceaux comme « Polyjuice Potion » ou « Sky Battle » mais n'est pas aussi fort que ce que l'on en attendait réellement. Et que dire de la quasi absence du « Hedwige's Theme » dans ce score, alors même que l'on se serait attendu à entendre une vraie reprise poignante de ce thème à la fin de la bataille aérienne dans « Sky Battle » (ceux qui ont vu le film comprendront). Décidément, si le film en lui-même est une réussite incontestable, on ne pourra pas en dire autant de la musique d'Alexandre Desplat, bien écrite, parfaitement orchestrée, parfois très sombre et par moment plus lyrique et poignante, mais malheureusement sans âme et sans réelle passion !

Quentin Billard

Autres BO du compositeur

Vos avis