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The Hours  (2003)

Nonesuch Records (18 mars 2003) - En digital | Original Score [musique originale]


Il n'existe pas de musiques plus intemporelles ni plus fascinantes que celles de Philip Glass . Profondément ancrées dans le 21ème siècle de part leur démarche novatrice voire révolutionnaire ( Einstein on the Beach ), ses compositions n'en demeurent pas moins des chroniques de toutes les époques.

[© Texte : Cinezik]
The Hours

Tracklist

1. The Poet Acts (03:40)
2. Morning Passages (05:30)
3. Something She Has To Do (03:09)
4. "For Your Own Benefit" (02:00)
5. Vanessa And The Changelings (01:45)
6. "I'm Going To Make A Cake" (04:01)
7. An Unwelcome Friend (04:08)
8. Dead Things (04:21)
9. The Kiss (03:54)
10. "Why Does Someone Have To Die?" (03:53)
11. Tearing Herself Away (05:00)
12. Escape! (03:48)
13. Choosing Life (03:58)
14. The Hours (07:44)

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Refusant de se laisser enfermer dans un moule et ouvert à tous les domaines (cinéma et documentaire, opéra, variété…), Glass privilégie les rencontres ( Ravi Sankar , F.F. Coppola , Tangerine Dream …) et aime à tenter de nouvelles expériences (comme l'interprétation de sa partition pour Dracula en direct, la quatuor derrière l'écran).

Il conserve toujours la même démarche introspective qui consiste à saisir l'idée abstraite centrale d'un film afin d'en faire ressortir toute la dramaturgie ( Mishima , Dracula , Kundun ). Par définition, la musique de Philip Glass , loin des clichés, n'est pas illustrative. Adaptable à tous les genres cinématographiques et toujours centrée sur les motivations intérieurs des personnages, elle ne fixera jamais une œuvre dans le temps. Preuve en est la mise en musique, tour à tour mystique, hypnotique et frénétique, de la trilogie documentaire des "Qatsi" ( Powaqqatsi , Koyaanisqatsi et Naqoyqatsi ) retraçant l'évolution de la vie face aux forces occultes puis industrielles et enfin face à la guerre. Une œuvre visionnaire et méditative qui n'a d'égal que sa partition pour Mishima , lyrique et ensorcelante, jusqu'ici sa meilleure. Souvent, au centre de ses compositions, se situe l'Homme dans sa dimension spirituelle ( Mishima , Kundun ) ou son rapport au temps (Trilogie "Qatsi", Une Brève Histoire du Temps ).

De la même façon The Hours , qui ne s'intéresse au présent que dans ses relations avec le passé et le futur, ne se contente pas de confirmer l'universalité de la musique de Glass et sa substance obsédante mais la rejoint pour finalement ne former qu'un tout. Une œuvre à prendre dans sa totalité, où l'Homme, sa pensée et son art, indissociables, viennent se moquer du temps et de l'espace.

Adapté d'un roman de Michael Cunningham , pour lequel l'auteur reçut le prix Pulitzer, The Hours est un vibrant hommage à l'écrivain britannique Virginia Woolf (1882-1941) et à ses tentatives de saisir l'essence de l'Homme à travers les mouvements de la vie quotidienne.

Par l'intermédiaire de trois époques différentes et trois protagonistes féminins infiniment forts et attachants, regroupés autour du personnage fictif de Mrs Dalloway ( Virginia Woolf - 1925), le réalisateur Stephen Daldry , à l'instar de Cunningham , tente de dresser le portrait d'une conscience universelle où le présent n'aurait d'importance que dans la continuité. Ainsi Virginia Woolf / début 20ème ( Nicole Kidman littéralement engloutie par son personnage), Laura Brown / années 50 ( Julianne Moore au sommet de son art) et Clarissa Vaughan / années 80 ( Meryl Streep , toujours parfaite), chacune à leur tour, tentent d'oublier les contradictions intérieures qui les habitent en s'attachant à des gestes simples et anodins (organiser une réception, acheter des fleurs, préparer un gâteau…). A des décennies d'intervalle, et répétant ainsi les mêmes actions et les mêmes erreurs, leur quête commune réunira leur destin à tout jamais à travers celui du personnage central du poète (Ed Harris , habité par son personnage).

En tout état de cause, Philip Glass ne pouvait rêver sujet plus en conformité avec sa propre sensibilité pour travailler à nouveau pour le cinéma. La structure cyclique de sa musique, ses ostinato envoûtants et ses thèmes où notes de violoncelle et piano vont en s'amplifiant trouvent avec The Hours le parfait support à l'art méditatif. Alors, une fois de plus, laisser vous porter et emporter par la musique de Philip Glass . Parvenu au terme de ce voyage, vous vous apercevrez que The Hours est peut-être sa partition la plus riche et la plus subjuguante depuis Mishima . Sa meilleure partition tout court ? Indubitablement.

La boucle ne serait pas bouclée si, en plus, Michael Cunningham n'était pas un fervent admirateur de Philip Glass , et ce depuis le début. Quoi de plus logique après tout ? Dans le livret, outre les extraits de son livre (découvrir les passages d'un roman dans un livret CD est assez rare et fascinant pour être noté), vous pourrez y lire un commentaire de l'écrivain sur le travail du compositeur et y apprendre que Cunningham a choisi la littérature car il était incapable de jouer d'un instrument, chanter ou encore composer. Aujourd'hui, il espère qu'écouter la musique de The Hours l'aidera à finir son dernier roman. De quoi rester rêveur…

Isabelle Thomas

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