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L'Incroyable Hulk  (2008)

Incredible Hulk

Marvel Entertainment (20 juin 2008) | Import



Craig Armstrong compose le score de cette nouvelle relecture au cinéma du personnage de Hulk (qui n'est pas la suite du film de Ang Lee). Le thème de la série télévisée, composé par Joe Harnell, est repris dans ce score, qui est édité sur deux disques !

[© Texte : Cinezik] •

L'Incroyable Hulk

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

CD 1

1. The Arctic
2. Main Title
3. Rocinha Favela
4. A Drop of Blood
5. The Flower
6. Ross' Team
7. Mr. Blue
8. Favela Escape
9. It Was Banner
10. That Is The Target
11. Bruce Goes Home (with "The Lonely Man" performed by Craig Armstrong, written by Joseph Harnell (ASCAP))
12. Ross And Blonsky
13. Return To Culver University
14. The Lab
15. Reunion
16. The Data/The Vial
17. They're Here
18. Give Him Everything You've Got
19. Bruce Can't Stay
20. First Injection
21. Is it safe?
22. Hulk Theme

CD 2

1. Saved From The Flames
2. Grotto
3. Arrival At The Motel
4. I Can't
5. Abomination Alley
6. Bruce Found
7. Bruce Looks For The Data
8. NYC Cab Ride
9. The Mirror
10. Sterns' Lab
11. Bruce Darted
12. I Want It, I Need It
13. Blonsky Transforms
14. Bruce Must Do It
15. Harlem Brawl
16. Are They Dead?
17. Hulk Smash
18. Hulk And Betty
19. A Tear
20. Who's We?
21. The Necklace
22. Bruce And Betty
23. Hulk Theme (End Credits)

Nos articles sur cette BO

Craig Armstrong s'est vu confier la difficile tache de composer la musique du Reboot filmique de Hulk, réalisé par le français Louis Leterrier. Tous deux savent qu'ils devront souffrir de la comparaison avec leurs prédécesseurs respectifs : Danny Elfman pour la musique et Ang Lee pour la mise en scène. Fait amusant, le double CD s'ouvre sur une piste absente du montage cinéma, puisque illustrant la fameuse scène coupée en Arctique, qui nous présentait un Banner épuisé tentant en vain, de se suicider. Le "Main Title" pose rapidement les enjeux de cette longue partition, avec son orchestration lourde. Le thème de Hulk nous est donné, et étonne au premier abord, dans un arrangement plutôt massif. Il est bien loin le temps de l'héroïsme, une grande place sera accordée tout au long de la partition aux errements du personnage et à sa lutte contre lui-même. Thème sombre donc, et orchestration conséquente. Ce premier morceau (dans le film) pose les jalons de ce qui va suivre.

L'ampleur thématique que le compositeur accorde à sa partition est plutôt restreinte, et reste très serrée autour de la double personnalité Banner / Hulk et de sa relation avec Betty. Trois thèmes qui connaîtront de nombreuses variations tout au long de l'écoute. Le thème de Banner en deux parties, se présente comme l'opposé de celui de Hulk. Là où celui-ci était massif et inquiétant, Banner se voit attribuer une mélodie plus délicate, signifiant son combat contre cette partie de lui-même qu'il n'a pas encore réussit à accepter. Celui de Hulk, bien plus torturé et entièrement électronique ne cherche pas la mélodie, et conserve l'agressivité inhérente au personnage ("Saved From The Flames"). Et enfin le thème de la relation entre Bruce et Betty, Armstrong en profite bien sûr pour y faire parler son sens de la mélodie, et de son romantisme. Le "love theme" récurrent du film est probablement l'une des plus grande réussite de la musique. Aux relents "Horneriens", entre amour et résignation, elle souligne admirablement le dilemme de Bruce Banner durant le film, et apporte à l'oeuvre de Leterrier l'âme qui lui manquait encore. "Return To Culver University" se présente dans de multiples variations tout au long des CD ("Reunion", "I Can't", "Hulk And Betty"). Cette bouffée d'air frais élève et tire toute la partition vers le haut, la sortant de la monotonie dans laquelle elle était tombée. Il s'agit pour le reste principalement d'ambiance sonore particulière attribuée, par exemple, au grand méchant de l'histoire, Blonsky. Le personnage, se transformant au fur et à mesure en Abomination, se voit attribuer de longues nappes électroniques inquiétantes, des notes de piano dissonantes, associant, comme pour Banner, le caractère de Tim Roth à sa part ténébreuse.

En effet, l'action constitue ici l'armature principale des deux CD. L'influence de John Powell en la matière est flagrante. Les beats électroniques, alliés à des mouvements de cordes frénétiquse, donnent à la composition une couleur bien connue, et toujours aussi agréable ("Mr Blue"). On appréciera la large palette orchestrale utilisée (cordes, instruments à vent, orgues, cuivres…) même si Armstrong ne délaisse pas son approche électronique, se livrant à de nombreuses variations de son thème principal, et pourtant peu identifiable au sein du film ("Hulk Theme", "Bruce Found"). Le compositeur ne laisse aucun répit à l'auditeur, les morceaux d'actions s'enchaînant à un rythme effréné ("That Is The Target", "Favela Escape"). Les pulsations électronique omniprésentes, ménageant à de trop rares moments des nappes plus calme, et plus propice à exposer le thème de Banner avec ses cordes mélancoliques ( "The Flower", "Bruce Must Do It").

L'écoute isolée de la partition souffre d'un gros problème de rythme, en grande partie due à la répétitivité des orchestrations et des atmosphères. L'ambiance, sombre et étouffante, se trouve parfois aussi ennuyante. On peut ainsi douter de l'utilité du double CD, une seule galette, aux morceaux sélectionnés et mieux construits, aurait été plus propice à une écoute prolongée. De nombreux morceaux semble ainsi interchangeable tant ils sont construits sur le même modèle, et la même orchestration  ("The Mirror", "Nyc Cab Drive", "Bruce Darted", "Halem Brawl", "Are They Dead", "Hulk Smash"). Tout ces morceaux, bien que fondamentalement plutôt jouissif et réussi au sein du métrage, pénalise l'attention lors de l'écoute globale du double CD, et ne témoigne pas d'un grand intérêt en écoute isolée. Reste que pour une fois qu'une musique presque intégrale est éditée, il serait bien mal venu de se plaindre. Reste quelques morceaux aux sonorités ou aux approches intéressantes, comme "Rocinha Favela" et son ambiance plus tribale, ou "Bruce Goes Homes" et son spleen exacerbé dans une reprise du thème de la série télévisée originale. La longueur accordée à chaque morceaux permet de leur accorder le temps nécessaire à une progression dramatique, dans les parties romantiques ("Bruce Can't stay") comme dans celles plus rythmées, ménageant de beaux moments de crescendo très maîtrisés ("They're Here").

En conclusion, la partition que nous réserve Craig Armstrong pour cette nouvelle version de Hulk ne manque pas de panache, et réussie une grande partie de ce qu'elle entreprend. On aurait simplement préféré une plus grande ambition pour les phases d'action pures et dures, et une édition un peu plus digeste. Mais au final, le compositeur achève de démontrer sa maîtrise.

Adrien Pauchet

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