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J'ai toujours rêvé d'être un gangster  (2008)

Milan (7 avril 2008) | Album



Après JANIS ET JOHN, Samuel Benchetrit livre une nouvelle bande son détonante, guidant les impulsions du film, à la manière d'un Tarantino, mélangeant le rock, le classique, le reggae, et la musique de film.

[© Texte : Cinezik] •

J'ai toujours rêvé d'être un gangster

Autour de cette BO

--- Intentions du réalisateur Samuel Benchetrit ---

Dans mon ipod, j'ai 1500 morceaux qui pouvaient coller au film. Je suis incapable d'écouter un morceau de musique sans le penser pour le cinéma ou le théâtre, même si je ne suis pas en train de préparer quelque chose. D'ailleurs, il m'est arrivé qu'une musique me fasse partir sur un projet, comme ce fut le cas avec les "Nocturnes de Chopin" pour ma pièce MOINS 2. Je n'envisage la musique que comme une source d'inspiration. Au départ, dans J'AI TOUJOURS RÊVE D'ÊTRE UN GANGSTER, la musique était très rock : Les Clash, The Cure... Une musique marquée années 80. Et puis j'ai eu envie d'ouvrir les choses sur ce film. Au montage, je me rendais compte qu'il avait une sorte de liberté, qu'il n'était pas enfermé dans un seul genre, et qu'il cherchait ses inspirations partout. Il fallait que la musique aille dans ce sens. Je voulais passer en une minute de Schubert à Biob Marley. De "Ragtime" de Scott Joplin pour les flashbacks à une chanson d'Adriano Celentano. Il n'y a en fait qu'un seul point commun à tous ces morceaux : ils correspondent aux personnages, et je crois que c'est important d'avoir cette information dans les films en général.

Au début du dernier épisode, celui avec les cinq vieux braqueurs, j'avais prévu de mettre un morceau de rock très fort, Slade je crois. On a calé la musique et c'était vraiment très drôle et déconnecté. Ca n'allait pas du tout avec eux, mais c'était insolant. Et puis, un jour, j'ai essayé de remplacer ce morceau par une fugue de Bach. D'un coup, cette scène a pris une autre dimension. Il n'y avait plus d'humour, certes, mais ça avait tellement plus de force. Cela donnait une sorte de danse morbide, et tout de suite on était avec eux.

En ce qui concerne les droits et donc l'argent, on pense souvent que c'est hors de prix, c'est vrai pour certains cas, mais le plus important est de s'y prendre vraiment à l'avance. Sur JANIS ET JOHN, j'avais eu des morceaux de Lennon pour rien, alors que les artistes moins connus étaient inaccessibles parce qu'on s'y prenait trop tard. Dans le film, on entend beaucoup de choses très différentes : Kris Kristofferson, Celentano, Marley, Schubert, Bach, Vanilla Fudge, Gershwin, des français comme Juan Trip et Tremolo Bear que les maisons de disques m'ont fait découvrir, un extrait de la BO de "L'ainé des Ferchaux" de Delerue, pas mal de Ragtime, Bobby Rydell...

J'ai aussi travaillé pour la première fois avec un compositeur et ce fut une grande révélation. A la fin du film, il y a un long plan-séquence et je n'arrivais pas à trouver la musique qui collait. J'ai dû passer une semaine à chercher, mais rien à faire. J'ai donc fait appel à un ami, Dimitri Tikovoi, qui n'avait jamais composé pour le cinéma mais qui le désirait fort. Dimitri est français, il vit à Londres où il est producteur (notamment de Placebo, The Kills, Les Rita Mitsouko), tout en ayant un groupe, Trash Palace. Je le trouve extrêmement brillant. Il joue de tout, et j'adore le voir faire en studio, j'ai l'impression d'être avec un petit génie. C'est très facile pour moi de parler avec lui, nous avons beaucoup de goûts en commun. Il a donc crée une musique spécialement pour cette scène. C'était tellement beau que je lui ait demandé dans la foulée d'en composer trois autres.

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