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Jean de la Fontaine, le défi  (2007)

Milan (16 avril 2007) - 0:34:00 | Original Score [musique originale]


 

Michel Portal, compositeur et clarinettiste qui se fait rare dans le cinéma français revient sur le devant de la scène avec ce film de Daniel Vigne, pour qui il avait déjà composé Le Retour de Martin Guerre en 1982 (récompensé par le César de la meilleure musique) ainsi que plusieurs téléfilms.



[© Texte : Cinezik] •
Jean de la Fontaine, le défi

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Générique Début
2. Chateauneuf
3. Ecriture
4. Ronde
5. Brigands
6. En Marge
7. Aria-Admira Una Dulzura
8. Bal Masqué
9. Lièvre
10. Solitude
11. Courtisane
12. Prestigium Vocalis
13. Générique Fin

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A l'origine de cette musique, il y a un concept, voulu par le réalisateur Daniel Vigne : La Fontaine était un artiste de l'improvisation, du verbe répondant et des phrases voltigeantes. Il lui fallait trouver pour son film un musicien qui évoque cette personnalité : c'est donc naturellement vers un maître du jazz français et de l'improvisation, Michel Portal, qu'il s'est tourné, pour les qualités mouvementées, lyriques et inventives de sa musique ainsi que sa véhémence.

Michel Portal délivre donc une partition très libre, tantôt pleine de vigueur (à l'image du thème d'ouverture), tantôt plus introspective et mélancolique ("Ronde", "Lièvre"), où le piano et surtout la clarinette (jouée par Portal lui-même) ont la part belle au sein d'un orchestre de petit ensemble (cordes essentiellement). Le musicien utilise à l'occasion des rythmiques et des sonorités synthétiques comme pour évoquer l'avant-gardisme du personnage de La Fontaine. Un mélange pas toujours très heureux mais qui reste en arrière-plan par rapport aux instruments solistes et à la texture acoustique générale, de facture plutôt classique.

On comprends moins en revanche l'utilisation de samples d'orchestre pour une séquence comme celle du bal masqué, par exemple, qui aurait certainement mérité davantage de délicatesse musicale : peut-être que la fougue exprimée par l'électronique était-elle plus convainquante que celle délivrée par un véritable orchestre ? Les morceaux sont donc parfois d'inspiration variable ("Brigands" n'est pas très convainquant et ressemble à une mauvaise musique de téléfilm), mais l'originalité des couleurs choisies et l'audace du concept de cette musique de film finit par séduire par moments, lorsque le jazz délicat de Michel Portal se fait dialoguiste et interrogateur envers un spectateur/auditeur surpris par une musique en dehors des sentiers battus pour un film d'époque.

On retiendra surtout les morceaux de piano ou de clarinette solo, emprunt d'une profonde délicatesse et d'une mélancolique poignante, qui tranche avec la fougue des autres morceaux rythmés et synthétiques. Et ça vaut déjà bien une écoute attentive de ce disque à deux facettes : l'une surprenante mais artificielle, frôlant le mauvais goût, et l'autre, plus sensible, épurée et inspirée, qui dévoile une véritable personalité musicale par moments. Dommage que ce ne soit que furtivement.

Sylvain Rivaud

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