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Le Roi Arthur  (2004)

King Arthur

Hollywood Records (2004) | Original Score [musique originale]


 

Pour son nouveau score pour King Arthur, Zimmer nous délivre un gros score à la fois épique et dramatique dans la lignée de Gladiator et The Last Samurai, mais en un peu plus inspiré que ce dernier. Quel musicien pourrait rester indifférent à l'imagerie mythique du roi Arthur et de ses fidèles chevaliers ?



[© Texte : Cinezik] •
Le Roi Arthur

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1-Tell Me Now (What You See) 4.34*
2-Woad To Ruin 11.31
3-Do You Think I'm Saxon? 8.42
4-Hold The Ice 5.42
5-Another Brick In Hadrian's Wall 7.11
6-Budget Meeting 9.43
7-All of Them! 10.24

*Interprété par Moya Brennan
Musique de Hans Zimmer
Paroles de Moya Brennan

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Quel musicien n'aurait pas envie de dédier sa musique à ces histoires de bravoure, de responsabilité et de loyauté? Même si 'King Arthur' démystifie la légende, Zimmer a cependant opté pour une approche épique de l'histoire, renforçant le côté grandiose du film d'Antoine Fuqua. Pour se faire, le compositeur renoue avec ses formules habituelles: un gros orchestre avec un solide pupitre de percussions, un choeur d'hommes à la 'Crimson Tide', quelques synthés à la M-V, des solistes vocaux et quelques thèmes marquants. Le thème principal, que Zimmer nous propose en chanson pour le générique de fin ('Tell Me Now (What You See)') et qu'interprète brillamment la chanteuse Moya Brennan, s'avère être un bel hommage rendu à cette histoire légendaire. Simple en apparence, le thème principal prend très vite une tournure de plus en plus dramatique tout au long du film, associé à Arthur et ses chevaliers en quête de liberté. C'est d'ailleurs cette ambiance dramatique qui attire particulièrement notre attention ici, la musique apportant très souvent une atmosphère de désolation et de drame au film, et ce malgré le côté épique et guerrier de l'univers de 'King Arthur'. 'Woad To Ruin' pose les bases de la partition avec l'orchestre dominé par des timbales martelées, des cuivres imposants et le traditionnel choeur d'hommes évoquant les exploits de ces héros de légende. Ici aussi, la musique possède un côté sombre que ne tardera pas à nuancer un premier thème plutôt épique associé à Arthur, et que l'on entend principalement au début du film. A l'écoute de ce thème, lui aussi très simple en apparence, impossible de ne pas penser immédiatement à ces idées chevaleresques de courage, de loyauté, de détermination. La musique apporte indiscutablement un plus au film de Fuqua, tout en renforçant le côté dramatique voulu par le réalisateur et le producteur. La seconde partie de 'Woad To Ruin', plus épique, nous fait plonger dans l'action à grand renforce d'orchestre et de percussions déchaînées typiques du compositeur, accompagnant la première scène d'attaque du film.

Dans 'Do You Think I'm Saxon?', la musique prend une proportion épique massive qui rappelle indiscutablement la musique d'Howard Shore pour la trilogie des 'Lord of The Rings'. On retrouve ce même esprit massif, ces percussions surpuissantes et ce mélange orchestre/choeur épique pour une scène avec les troupes saxonnes. L'avancée des barbares se fait d'ailleurs à grand renfort de timbales martelés lourdement d'une manière menaçante et pesante et de cuivres graves (trombones et cors principalement) qui décrivent à merveille le côté barbare des troupes dirigées par le sombre Cerdic (Stellan Skarsgard). On pourra juste regretter le fait qu'une fois encore, le mixage de la musique dans le film soit plutôt hasardeux, le score étant très souvent noyé sous des tonnes d'effets sonores qui rendent difficile l'audition de la musique dans le film, le but ayant apparemment été de faire le plus de bruit possible lors des séquences guerrières. Avec 'Woad To Ruin' et 'Do You Think I'm Saxon?', Zimmer évoque à la fois les chevaliers d'Arthur et les troupes saxonnes, chacun possédant ses propres caractéristiques musicales. Le compositeur en profite aussi pour dévoiler ses deux premiers thèmes et poser les bases de sa partition.

'Hold The Ice' dévoile quant à lui le troisième thème, un magnifique 'Love Theme' décrivant l'amour entre Arthur et Guenièvre, confié ici à la magnifique voix éthérée de Moya Brennan pour une des plus belles scènes du film (le visage de Guenièvre éclairée d'une lumière bleue, avec celui d'Arthur, éclairé d'une lumière plus vive, plus rouge et sombre). Le 'Love Theme' possède une certaine tristesse d'âme, un mélange entre une nostalgie poignante et une résignation qui rejoint une fois encore le côté dramatique de la partition de Zimmer. Ce passage du 'Love Theme' avec la voix de Moya Brennan est sans aucun doute l'un des moments forts du score de 'King Arthur', suivi plus tard de l'excellent morceau d'action épique pour l'affrontement sur la glace, qui se conclut avec une magnifique reprise du thème principal dans une version grandiose pour choeur, percussions et orchestre. La voix éthérée de 'Hold The Ice' nous rappelle la féminité de Guenièvre (qui est pourtant une guerrière accomplie) et l'union des deux amoureux qui cherchent le repos et la paix dans l'amour. Avec peu de moyen pour cette scène, Zimmer a réussit à lui conférer une dimension quasi spirituelle poignante à souhait.

Plus épique, 'Another Brick In Hadrian's Wall' utilise un thème plus majestueux sur fond de percussions martiales pour évoquer les exploits d'Arthur et de ses chevaliers lorsque ceux-ci décident finalement de tenir tête aux saxons, ce qui permet alors à Zimmer de nous délivrer un nouveau passage d'action viril et héroïque à la fois (quel dommage que ses thèmes soient trop stéréotypés. On reconnaît trop par moment les origines de certains thèmes qui rappellent 'The Last Samurai', 'Gladiator' ou même 'Pirates of The Carribean'). Finalement, 'Budget Meeting' décrit l'affrontement final entre les saxons et les troupes d'Arthur à grand renfort de percussions massives, d'orchestre et de choeurs grandioses comme Zimmer nous en a rarement donné à entendre ces derniers temps. Surpuissant, le 'Budget Meeting' (un titre bien bizarre qui sent l'ironie à plein nez - Zimmer a t'il fait référence au renvoi de Michael Bay pour un problème de budget?) apporte une ultime touche épique quasi apocalyptique à cet affrontement final comme chaque béophile était en droit de s'y attendre. Hans Zimmer ne nous surprend pas mais tient malgré tout ses promesses. Il nous livre un score d'action épique musclé et dramatique, qui transcende le film et ses images, constituant sans aucun doute l'un des atouts majeurs de 'King Arthur', qui se conclut finalement sur l'excellent 'All of Them!' où Zimmer récapitule ses principaux thèmes (superbe reprise vocale poignante du 'Love Theme' pour le final). Evidemment, ceux qui aiment la retenue et la subtilité pourront passer leur chemin, car, en dehors du 'Love Theme' poignant de 'Hold The Ice', le score de 'King Arthur' est tout sauf subtil, mais à quel autre genre de musique peut-on s'attendre pour un film qui ne parle que de batailles et de liberté durant près de deux heures?

Au final, 'King Arthur' est une bonne surprise de la part d'un Hans Zimmer qui n'avait pas particulièrement brillé de son inspiration ces derniers temps après quelques récentes déceptions. Ceux qui apprécient le Zimmer de l'action épique pourront se régaler avec l'excellent 'King Arthur', dans lequel le compositeur délaisse ses synthétiseurs habituels (même s'ils restent mixés à l'orchestre) et nous offre une partition symphonique grandiose, dramatique et émouvante à la fois. Certes, ne vous attendez pas à quelque chose de très original ou de particulièrement inoubliable ici. Zimmer fait ce qu'on lui dit de faire, point, mais cette fois-ci, le compositeur allemand s'est surpassé, et, à défaut d'avoir livré un grand chef-d'oeuvre, Zimmer nous permet d'entendre son brillant hommage musical rendu à cette histoire légendaire d'Arthur et de ses fidèles chevaliers. Reste que l'on pourra toujours regretter le traitement moderne de la musique et le manque d'authenticité du travail de Zimmer, un problème qui n'existait pas à l'époque des films épiques du 'Golden Age' Hollywoodien, lorsque des compositeurs comme Miklos Rozsa n'hésitaient à faire des recherches sur la musique de l'époque lorsqu'il composait par exemple pour un film épique comme 'Ben-Hur'. Mais la mentalité vis-à-vis des films et de la musique a aujourd'hui bien changé à Hollywood, et on ne parle plus désormais que d'efficacité et de recette. C'est pour cette raison que dans ce contexte de médiocrité ambiante, il est bon de pouvoir encore entendre un compositeur maîtriser pleinement son sujet malgré un large problème d'originalité et de recettes déjà bien éculées. Un score recommandé, tout simplement!

Quentin Billard

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