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La Jeune fille de l'eau   (2006)

Lady in the water • M. Night Shyamalan • En salle le 23-08-2006

• Musique composée par James Newton Howard

Après Sixième Sens (1999), Incassable (2000), Signes (2002) et Le Village (2004), quatre chefs d'œuvre de subtilité et d'émotion, le grand James Newton Howard revient sur un film de M. Night Shyamalan. Et encore fois, il signe un sans-faute, avec une partition intriguante, mystérieuse et magnifique.

[© Texte : Cinezik] • 0060251703629

La Jeune fille de l'eau

Sortie de la BO

Decca Records (18 juillet 2006) - 0:59:48

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Prologue (2:52)
2. The Party (6:41)
3. Charades (5:50)
4. Ripples In The Pool (1:50)
5. The Blue Word (4:26)
6. Giving The Kii (1:49)
7. Walkie Talkie (2:08)
8. Cereal Boxes (2:33)
9. Officer Jimbo (3:31)
10. The Healing (4:04)
11. The Great Eation (4:42)
12. End Titles (1:44)
13. The Times They Are A-Changin (A Whisper in The Noise) * (6:00)
14. Every Grain Of Sand (Amanda Ghost) * (4:16)
15. It Ain't Me Baby (Silvertide) * (3:46)
16. Maggie's Farm (Silvertide) * (3:36)

* Chansons écrites par Bob Dylan

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Autour de cette BO


Nos articles sur cette BO

Avec La Jeune Fille de l'Eau, la fusion entre les images de Shyamalan et la musique de Howard fonctionne encore une fois de plus avec une limpidité ahurissante, nous prouvant (si besoin était) à quel point l'alchimie entre image et musique peut donner sens à un film. En l'occurence, cet opus du cinéaste américain, dans la droite lignée du Village (qui explorait déjà les failles d'un système humain au travers d'un mythe, avec un écho évident au monde actuel), bouleverse la vision hollywoodienne du cinéma de divertissement (et le fameux "twist final" auquel le cinéaste nous avait habitué), avec ce conte pour enfants à la fois pessimiste (remise en doute du sens de l'écriture, de raconter des histoires) et optimiste (chacun a un rôle dans le monde, et les histoires sont peut-être la base des belles choses). Un conte merveilleux à plusieurs niveaux de lecture, difficile à admettre pour les habitués du cinéma traditionnel comme pour ceux qui auraient attendus un véritable "film-analyse" de la part de son auteur, mais qui est, il faut le reconnaître, un nouveau tour de force de mise en scène, où l'émotion surgit à chaque instant ou presque, et où la musique, une fois encore, est l'un des acteurs principaux de cette réussite.

Le compositeur James Newton Howard joue le jeu du merveilleux dès les premières minutes en développant un superbe thème d'ouverture ("Prologue"), mystérieux et lumineux (avec célesta et voix féminines), qui deviendra rapidement le thème de la nymphe. Il symbolise une forme d'espoir venue d'un pays oublié qui surgit dans le monde des hommes. On y retrouve le style répétitif du musicien déjà développé dans Signes et Le Village, et ses marques de fabrique habituelles qui font toujours mouche (piano solo et orchestrations lumineuses, denses et subtiles).

Le second morceau du CD, "The Party", permet de nous rendre compte que les pistes de l'album ne sont pas dans l'ordre du film, puisqu'il s'agit ici de la musique qui illustre la scène de la fête autour de la piscine (qui survient aux trois quarts du film et non au début). Le musicien y développe pendant six minutes une ambiance sombre, d'attente, où la menace peut survenir à tout moment.

"Charades" est probablement l'une des pièces les plus intéressantes de l'album (elle apparaît dans le film dès la première attaque du monstre). James Newton Howard développe un morceau répétitif avec bois et cordes qui rappelle en tout points le style des pièces cinématographiques de Philip Glass (Kundun, The Hours), l'utilisation des bois (flûtes notamment) y étant très similaire. Mais rapidement le morceau évolue vers un lyrisme dénué de tout second degré, où le retour du thème principal suggère la pureté absolue du personnage de Bryce Dallas Howard. L'émotion éclate. Une merveille.

"Ripples in the Pool" correspond à la rencontre entre Cleveland (Paul Giamatti) et Story, la nymphe (Bryce Dallas Howard). Entre deux ambiances sombres et mystérieuses et ses envolées lyriques uniques, James Newton Howard nous livre quelques morceaux d'action courts mais trépidants (à l'instar de Signes), rappellant par moment la saveur raffinée du Golden Age américain (dans "The Blue World" ou "Walkie Talkie"). "Cereal Boxes" permet de retrouver une certaine candeur propre au cinéma de Shyamalan (un enfant déchiffre des boîtes de céréales) avec le retour du motif répétitif entendu dans "Charades" et du thème principal, évoquant la part mystique de l'histoire, qui prend peu à peu la tournure d'un mythe, tandis que "The Heatling" permet au compositeur de développer une nouvelle fois son talent pour les mélodies répétitives au piano, devenues l'une de ses marques de fabrique les plus facilement identifiables.

Avec "The Great Eatlon", James Newton Howard clôt le film avec grandeur, en signant une impressionnante pièce d'action pour la scène finale du film, intense et spectaculaire (l'écriture des cuivres rappelant King Kong). Il n'hésite pas à doubler l'orchestre d'un choeur puissant qui reprend massivement le superbe thème principal, provoquant ainsi dans le film un sommet d'émotion rarement vu au cinéma. Le traditionnel "End Title", doux et raffiné, permet de clore paisiblement cette histoire simple et merveilleuse qu'un auteur a voulu nous transmettre après de nombreux doutes et réflexions.

L'album se clôt sur quatre chansons écrites par Bob Dylan, dont seulement une seule est réellement dans le film (au générique de fin), "The Times They Are A-Changin" (interprété par A Whisper in The Noise), qui prolonge l'ambiance du film avec une certaine naïveté (avec des choeurs d'enfants), bien que l'ensemble ne soit pas aussi inspiré que les compositions d'Howard. Les trois chansons suivantes sont des reprises modernisées de chansons de Dylan par des groupes de hard-rock indé dénués de subtilité, qui amène à s'interroger sur les raisons de leur présence sur ce disque.

Pour résumer à propos de l'album :
- Point fort : un score exceptionnel de James Newton Howard, une fois de plus immanquable et inspiré, plus émouvant que jamais.
- Point faible : l'album de Decca, où les morceaux du score sont présentés dans le désordre par rapport au déroulement du film, ne permettant pas d'apprécier l'évolution de la musique au fil de l'histoire. Et d'où sortent ces trois chansons qui ne sont pas dans le film ?

Sylvain Rivaud

Le film est d'entre tous ceux du cinéaste le plus radical, le plus réflexif, le plus déconcertant. La musique est des plus minimales et des plus émouvantes. La première piste débute par des voix chorales puis les cordes jouent le thème repris par les voix en arrière plan. James Newton Howard se fait maître dans les harmonies, en jouant sur la superposition des cordes et des voix de manière très émouvante. Le piano intervient pour parachever cette pièce grandiose. Les voix et les cordes s'assombrissent à la fin de la piste, et le thème rejaillit de plus belle en emportant un instant de manière plus lyrique les cordes. Dans cette première piste, la progression, le thème, l'atmosphère, tout y est. Chacune des pistes de ce disque est une merveille de ce type. Un côté "herrmannien" dans le mystère des cordes rendues ambigües par leurs harmonies en demi-teinte (ton impressionniste), le romantisme de Miklos Rozsa dans le piano et les voix, Howard s'avère le digne successeur d'un golden age révolu.

Benoit Basirico

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James Newton Howard a signé la musique d'autres films de M. Night Shyamalan : Incassable (2000) • Le Sixième Sens (2000) • Signes (2002) • Le Village (2004) • Phénomènes (2008) • Le Dernier maître de l'air (2010) • After Earth (2013) •

James Newton Howard a également écrit la musique de : Une vie cachée (2019) • Dinosaure (2000) • King Kong (2005) • Batman Begins (2005) • Alerte (1995) • Waterworld (1995) • La Couleur du Crime (1995) • L'Interprète (2005) • Blood Diamond (2007) • Michael Clayton (2007) • La Guerre selon Charlie Wilson (2008) • Le Dragon des Mers - la dernière légende (2008) • Je suis une légende (2007) • Batman : The Dark Knight (2008) • Les Insurgés (2009) •

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