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La Ligne Rouge  (1999)

The Thin Red Line

RCA Records (janvier 1999) - 0:58:49 - en digital | Original Score [musique originale]


Avec La Ligne Rouge, Hans Zimmer marque un tournant dans sa carrière en collaborant avec l'un des cinéastes les plus géniaux de son époque, Terrence Malick. Il compose non seulement une musique de film lente et subtile (genre qu'on ne lui connaissait pas avant) mais aussi une véritable symphonie, profonde, mélancolique et méditative. Un incontournable absolu qui en fait un compositeur mûr et respecté.

[© Texte : Cinezik]
La Ligne Rouge

Tracklist

1. The Coral Atoll (8:00)
2. The Lagoon (8:37)
3. Journey To The Line (9:22)
4. Light (7:19)
5. Beam * (3:44)
6. Air (2:21)
7. Stone In My Heart (4:28)
8. The Village (5:53)
9. Silence (5:05)
10. God Yu Tekem Laef Blong Mi (1:59)
11. Sit Back and Relax (2:06)

* Composé par John Powell
* Composé et interprété par Francesco Lupica

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Autour de cette BO

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« La musique est inhabituelle. On a introduit un certain nombre d'éléments pour accentuer le côté orchestral. Etant dans les îles Sullivan, on a enregistré de la musique polynésienne. Ils ont des choeurs merveilleux, et on s'en est servi parcequ'ils sont d'une grande pureté. La musique utilise l'idée du destin. On voit (dans une séquence) un rayon de lumière qui traverse les nuages, une sorte de note divine qui est antinomique avec les scènes où des gens s'entretuent »
- Grant Hill, producteur du film. -

 

Hans Zimmer a composé une musique méconnaissable pour ce film. Effectivement, il a abordé un style musical totalement nouveau en rapport à sa carrière jusque là, délaissant le synthé et les percussions de Rock ou du Pacificateur pour décrire ici dans un climat résolument triste et calme la sensibilité de l'histoire et l'humanité de ses personnages. Pour cela, il convoque l'orchestre symphonique, en utilisant des éléments dans le style du folklorique indonésien/polynésien, comme le choeur de la plage 10 par exemple, dérivé du chant magnifique que l'on entend d'ailleurs dans la bande-annonce du film, représentant le personnage de Witt, joué magnifiquement à l'écran par James Caviezel. Il est d'ailleurs honteux que ce morceau soit absent du disque.

Il y a plusieurs thèmes, qui ne sont pas évident à repérer dès la première écoute, mais qui contribuent à donner une force générale à la musique du film. Dès la première plage, on plonge tout de suite dans l'atmosphère douce de la musique et de son aspect tragique. A plusieurs moments apprait le thème dramatique du film, d'une très grande tristesse, symbolisant la cruauté de la guerre et la souffrance. Mention particulière à cet incroyable thème que l'on entend lorsque les américains envahissent le village japonnais pour faire un carton dans le tas. A ce moment là, la monté dramatique de la musique est exceptionnelle. Ceux qui ont vu Platoon vont retrouver plus d'un point commun avec cette scène, probablement la plus dûre du film. Les cris, les tirs de balles, les explosions augmentent tellement, dans un déluge de tirs et de massacre, la musique monte en intensité, répétant inlassablement ce thème magnifique, puis, vers le paroxysme de la scène, il arrive une chose incroyable : on n'entend plus aucun bruit, seule la musique éclate et couvre tous les bruitages, la musique, lumière du film, lumière de la scène. La musique crit la douleur de la scène : des hommes s'entretuant, se mutilant entre eux, alors que les hommes sont tous "frères", plusieurs corps mais une seule âme, l'âme humaine. C'est sur cette réflexion profonde et la terrible scène de massacre que la musique exprime elle même sa propre douleur dans cette scène magnifique, qui nous montre qu' il n'y a aucun méchant ni aucun gentil dans une guerre : les américains sont aussi barbares que les japonnais... Il n'y a pas de héros dans une guerre, pas de vainqueur...

Zimmer a parfaitement su trouver toute l'émotion du film, sa lumière. Sa musique est d'une très grande tristesse, non seulement parce que la guerre est une chose cruelle, mais parce que des hommes meurt dans des souffrances atroces. Lle thème du capitaine Staros (Elias Koteas) et moins dur que celui du thème principal, mais est toujours aussi calme, exposant une mélodie assez froide aux cordes, un thème symbolisant le tourment du capitaine, qui ne cesse de penser à sa femme qu'il a dû quitter pour partir à la guerre (ce thème n'est qu'en fait l'arrangement de "christian race", un hymne du folklore américain, que l'on trouve aux plages 1 et 4).

Zimmer offre quelques passages de suspense, notamment dans des morceaux comme dans "Beam", morceau d'ailleurs composé par John Powell, où des sons très sombres expriment la peur des hommes face à une mort certaine, ou dans le morceau "Air"... Mais Zimmer privilégie surtout le calme et la tristesse, sans oublier l'aspect exotique de la musique. Le thème de Witt en est le parfait exemple d'ailleurs.

« Un musicien a un bon sens du rythme, et parfois, certaines répliques, la voix du narrateur, la narration, devraient être une chanson. Terry se considère comme mon parolier. Quand on a pas les tirs au mortier et que l'on crée cette atmosphère silencieuse, d'une certaine manière, j'ai tenté de créer un silence, une inertie, quelque chose qu'on peut observer et dans lequel on peut rentrer. »
- Hans Zimmer -

"Silence". Justement, une pièce de l'oeuvre de Zimmer porte ce nom. C'est bien là l'énorme différence avec les oeuvres précédentes de Hans Zimmer : c'est bel et bien la première fois qu'il arrive à créer cette inertie, ce silence pour un film, marque d'une mâturité musicale évidente, d'une réflexion musicale appuyant le pouvoir des images sublimes du film de Terrence Malick. Zimmer a compris le film de Malick, et il a tenu à retranscrir ce qu'il avait compris dans sa musique : il ne s'est pas trompé. Rarement, on aura entendu une musqiue créer une telle ambiance dans un film.

Souvent catalogué compositeur de musique d'action "bruyante", Zimmer a composé ici une musique qui est à des centaines d'années lumières de ces musiques bruyantes : The Thin Red Line est une musique profonde, silencieuse, méditative... Silencieuse ne veut pas dire que l'on ne la remarque pas. Rentrer dans la musique de ce film, c'est faire un voyage méditatif, dans la pensée, dans l'esprit de l'homme, dans la réflexion, un voyage émouvant, reposant, bouleversant... Le voyage de l'autre côté de la ligne rouge !

Avant ce film, beaucoup considéraient Zimmer comme un compositeur peu subtil. Zimmer a composé une musique calme, très lente (peu de passages enlevés, pas de gros rythmes de guerre...), une musique d'une tristesse profonde, une véritable méditation musicale. Zimmer a su aborder un style totalement nouveau et le disque s'écoute parfaitement bien. Un chef d'oeuvre !

Quentin Billard

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