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Loubia Hamra  (2017)

Versatile Records (7 avril 2014) | Original Score [musique originale]



Le groupe français d'electro-pop Zombie Zombie (et ses membres Etienne Jaumet et Cosmic Neman) signe sa première BO pour le premier film de la réalisatrice algérienne Narimane Mari.

[© Texte : Cinezik] •

Loubia Hamra

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1 - Complainte pour Marcienne - 1:00
2 - La danse des ombres - 5:16
3 - Le dernier bain - 1:30
4 - L'esprit du cimetière, pt. 1 (Thème principal) - 3:46
5 - Chuchotements - 0:38
6 - Loubia hamra (Générique) - 4:38
7 - Vive l'Algérie ! - 0:44
8 - L'esprit du cimetière, pt. 2 (Thème principal) - 6:26
9 - Debout minable - 0:50
10 - Egyptienneries - 0:34
11 - Mort sur le sable - 1:38

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Autour de cette BO

Propos de la réalisatrice

La musique des Zombie Zombie est le flux sanguin des images. Forte, sourde, pleine de bruits étranges, intérieure ou surgissante, harmonieuse ou troublée par des désordres qui donnent à lire bien au delà du récit visuel. On se retrouve dans les entrailles de l'enfance et dans ce qui nous secoue encore quand on se laisse prendre par le vivant: la profusion. Avec cette dimension et même si mon film est écrit pour ça, ce ne sont définitivement plus la psychologie et la raison qui règnent et dominent. Ce film peut se vivre avec le corps et c'est eux qui ont rendu ça possible, cette totale immersion. Sinon je les ai appelé, je leur ai montré les images et ils ont aimé et composé, spontanément. Ils sont très forts.

Narimane Mari

Propos des musiciens

Cosmic Neman : Narimane a vraiment aimé l'énergie de notre musique sur scène et nous a ensuite contacté. Nous venons d'univers très différents, mais dans la manière de travailler on a quelque chose de commun. Elle n'a pas eu peur de nous laisser libre de faire ce qu'on voulait, alors qu'on ne se connaissait pas du tout, et que ça ne doit pas être évident de laisser d'autres personnes s'approprier tes images.

Etienne Jaumet : C'était vraiment une carte blanche. Elle nous a fourni un montage provisoire et nous a demandé ce que ça nous inspirait. Elle nous a suggéré quelques endroits où placer la musique, mais a surtout tenu à nous dire que nous étions libre d'intervenir où bon nous semblait. Ca a été très agréable, très inspirant pour nous.

C.N: La première version qu'on a vue n'avait pas de sous-titres et durait plus de deux heures. On a été très sensibles à la beauté des images. Je crois que c'est ce qui nous a convaincus. Les scènes de nuit à la lampe, l'eau, les vagues, les ombres, tout ça nous a marqué. Et bien sûr l'agressivité sonore des jeux des enfants. Il faut accepter d'entrer dans leurs jeux et se laisser faire. Ce jeu de contraste entre notre musique et les sons du film était intéressant.

E.J: Narimane a un rapport charnel au monde qu'elle filme, et nous aussi avons un rapport très physique à nos instruments. C'est là où on se rejoint. Le fait d'intervenir très à l'avance a permis de construire un vrai dialogue avec l'image. Ce n'était pas "tiens, on a un morceau de cinq minutes qui collerait bien". On a cherché la rencontre, pas le collage.

C.N : Ce qui nous a intéressé était de faire la BO d'un film qui n'est pas du tout lié à l'univers du cinéma d'horreur auquel on nous rattache parce qu'on s'appelle Zombie Zombie et qu'on a fait un maxi de reprises de John Carpenter (Zombie Zombie Plays John Carpenter). Ç'aurait été cool, mais un peu évident. On était plus excité de travailler sur un film comme celui là, qui n'évoque pas directement notre musique.

E.J: Il s'agissait de confronter son propre univers à un autre, à partir d'une connivence pas forcément musicale, plutôt de l'ordre de l'intention.
Par exemple pour la dernière scène à la plage, un des enfants chante une mélodie dont les notes nous ont inspiré une ambiance. A partir de là, on s'est lancés. Tout va ensuite très vite, intuitivement.

C.N : On a essayé à chaque fois de travailler et d'improviser à partir des images. C'est toujours notre façon de fonctionner, on n'écrit pas la musique.

E.J: Il y avait des allers-retours constants entre les images et la musique, sur la base d'intuitions plus que de la raison. On a utilisé un synthé modulaire, joué une sorte de cliquetis quand ils se reposent, utilisé des petits grelots en bois. Ce sont des idées qui viennent comme ça naturellement. Et puis on a ensuite passé du temps à penser l'articulation des scènes, à poser des moments de respiration musicale lorsque les enfants parlementent, des moments où il faut apaiser les choses.

C.N : Le début du film pose un contexte, une histoire. Quand les enfants parlent on ne peut pas leur contester ce moment, il faut les laisser. Ce sont des moments où la musique n'a pas vraiment sa place. Et puis je trouve que c'est d'autant plus surprenant d'entamer de grandes séquences musicales aussi tard, au point qu'on peut avoir soudainement l'impression de se retrouver dans un clip. C'est intéressant, peu de films fonctionnent de cette manière. On peut se dire que c'est la musique qui donne du temps aux images. Et quand elle se déploie avec la scène de l'escalier, les enfants ont l'air d'entrer dans une temporalité différente, on ne les prend plus du tout comme de simples enfants algériens d'aujourd'hui mais peut-être comme des divinités, ou des fantômes.

E.J : Et la musique devient une sorte de personnage. Narimane disait qu'elle était très intéressée par la manière dont la musique peut accentuer les limites ou à l'inverse étendre l'espace.
Ensuite bien sûr, la montée des escaliers nous a évoqué une marche militaire, mécanique, où tout le monde est aligné, en rang, ça nous a tout de suite parlé, compte tenu de l'influence des musiques répétitives sur notre musique. La musique se construit lentement et revient régulièrement comme un leitmotiv, comme chez Carpenter. Il y a en même temps dans la musique et dans le film une dimension exploratoire, géographique, qui fait davantage penser à Herzog. Je déplore que la musique soit souvent bâclée sur les long-métrages. Même de grands réalisateurs se contentent de mettre des morceaux à la mode ou des choses très bateau, des violons romantiques... Il y a pourtant beaucoup de choses à faire. La musique est toujours le parent pauvre du cinéma. Pour une fois qu'on nous donne cette chance, on est ravis, très peu de réalisateurs prennent ce genre de risque.

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