Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O Actus Podcasts

EN

VOIR

PLUS

Manta Ray  (2019)

Kraben Rahu

Gizeh (15 mars 2019) | Original Score [musique originale]



Mathieu Gabry et Christine Ott (tandem réuni sous le nom "Snowdrops") signent la musique de ce drame thailandais, premier film de Phuttiphong Aroonpheng, avec une quadrature de claviers de différentes générations (Ondes Martenot, Mel- lotron, MS2000 et Electroniques). La couleur est parfois sombre («The mangrove», «Losing a friend to death»), parfois surréaliste («Lights in the deep»), alors que «Weird Dance» suggère le thème queer sous-jacent entre les deux personnages principaux au rythme d’une électro-pop aérienne. Le duo français a également réarrangé une composition de la chanteuse thaïlandaise Rasmee, jouant également le rôle d’actrice dans le film («Hot Springs») tout en s'impliquant dans le design sonore (la musique se confond souvent avec les autres éléments auditifs comme une peinture organique).

[© Texte : Cinezik] • @Christine_Ott_ #MantaRay

Manta Ray

Lien d'achat :

Autour de cette BO

Propos des compositeurs

Pour Manta Ray, Phuttiphong avait essentiellement le désir de ne pas vouloir faire appel à de la musique thaïlandaise ou asiatique. Il nous a quasiment laissé carte blanche, ce qui est une chance incroyable et ce qui nous a permis de ressentir et de vibrer de façon spontanée à l'image, avec cependant, des endroits precis où il savait ce qu'il voulait ou bien dans certains cas ce qu'il ne voulait pas. Mais, en tous cas, il nous a laissé beaucoup de libertés et surtout celle de proposer des choses, des thèmes, de la matière, mais aussi des timbres très particuliers d'instruments. Il nous a également proposé de participer au sound design ce qui à mon avis a également permis de donner à la musique une grande cohérence. Lorsque nous avons découvert le film, le montage était déjà bien avancé. En tous cas, la direction était claire, même s'il y a eu quelques changements assez essentiels sur la place des voix des Rohingyas, à plusieurs reprises, sur cette scène essentielle et très forte, celle des "The Harmony of Rohingyas" vers la fin du film.

On a assez vite déterminé la couleur instrumentale du film avec Aroonpheng. Apres de premières propositions, de premiers enregistrements, cela confirme que de travailler en duo, de travailler avec Snowdrops était la bonne orientation. Et de travailler dans la part du spectre de notre musique la plus expérimentale plutôt que la part mélodique, certainement... "The Mangrove" est peut être un point central pour cela, un des premiers morceaux que l'on a enregistrés sur lequel on s'est trouvé avec le réalisateur. En tout cas, cela répondait à une certaine attente de sa part en terme d'énergies, de timbres, de fréquences..

Il y a pas mal de choses dans ce morceau qui sont déclinées dans le film. Un choix d'instruments, ici les ondes Martenot et le Mellotron. Une composition à deux voix, qui respirent, s'accordent ou se désaccordent, un peu en miroir avec la relation entre les deux personnages principaux du film. C'est ici dans un registre sombre, qui accompagne la découverte par le pêcheur du corps laissé pour mort de Thongchai, dans la mangrove, au début du film... Il y aussi dans ce morceau une typologie de boucle que l'on retrouve ailleurs comme un leitmotiv, cette idée primaire de cycles que l'on présente aussi sous d'autres formes. Des boucles, des lignes mélodiques, des arpèges, des renversements d'accords ou des renversements de timbres... Manta Ray a une construction scénaristique symétrique et elliptique: notre B.O. est de manière générale un peu à cette image je crois.

Après... pour en revenir à la question, pour parler du processus, de la façon de travailler avec Phuttiphong... Il y avait sans doute quelques difficultés. La barrière de la distance, entre Strasbourg et Bangkok, de la langue, cet anglais intermédiaire entre nous qui parfois nous échappe, ou encore de travailler avec quelqu'un qu'on ne connait absolument pas, à la culture qui nous est étrangère... Mais bon... une chose est sûre, ce qui était tris agréable pour nous, c'est qu'on a vraiment travaillé sur une version quasi-définitive du montage. Et que c'était surtout très très inspirant !! Finalement pas besoin de beaucoup de mots... On a même commencé à enregistrer tête baissée, sans aucune indication. Et on pouvait donc aller dans le détail avec ce montage, que la musique "colle" à l'image, que la musique "fasse corps" avec l'image. Pour un film comme Manta Ray, c'est je crois essentiel...

On a travaillé de façon très autonome, dans notre propre studio à Strasbourg. Le fait de travailler juste avec Snowdrops nous a sans doute permis de garder un grande part de liberté dans la création. De pouvoir proposer beaucoup en s'échangeant des fichiers à distance avec la Thailande. Et donc de préciser ensemble le propos musical. Je pense que les sessions d'enregistrements se sont déclinées de février à avril 2018, à peu de chose près. Après on a enfin rencontré Phuttiphong Aroonpheng au moment du montage, qui a été réalisé aux studio Poly-son à Paris en mai 2018.

Mathieu Gabry, Christine Ott (Snowdrops)  

Nos articles sur cette BO

Boutique


En achetant cette BO sur Amazon par ce lien, vous apportez un soutien à notre site.

Voir toutes les dernières ventes

Vos avis