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Le Mari de la Coiffeuse  (1990)

Discmedi (3 juillet 2000) | Réédition



Michael Nyman retrouve Patrice Leconte après "Monsieur Hire" (1989).

[© Texte : Cinezik] •

Le Mari de la Coiffeuse

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Pour Le Mari de la Coiffeuse, un film sur la vie d’un homme amoureux des coiffeuses, la musique est surprenante à plus d’un titre. D’abord, Patrice Leconte utilise plusieurs chansons Maghrébines qui viennent apporter une touche de raffinement et de dynamisme très efficace, ensuite la musique de Nyman beaucoup plus chaude et lumineuse que d’habitude semble dégagée d’une certaine froideur formelle répétitive que l’on pouvait trouver dans certaines de ses premières compositions. (Vertical Features Remake notamment) Le 4e morceau (Michael Nyman 4 sur la b.o.) très vaporeux, possède une belle couleur harmonique des bois subtilement mêlés au piano. Michael Nyman 3 est lui aussi un superbe motif lyrique enveloppé par des cordes sensuelles. La gracieuse présence de la comédienne Anna Galiéna (la coiffeuse) et le léger parfum oriental des chansons qui accompagnent les danses irrésistibles de l’acteur Jean Rochefort (le mari) ont certainement dû y être pour quelque chose ! La lumière douce-orangée du chef opérateur Eduardo Serra va également dans ce même esprit rayonnant, à mille lieues de l’éclairage pâle et bleuté de Monsieur Hire. 

Par la suite, pour l’inauguration de la Grande exposition de Seville en 1992, Michael Nyman tentera avec succès un mariage réussit entre la musique arabo-andalouse et occidentale dans The Upside Down Violin
Dans Le Mari de la Coiffeuse il ne compose pas les chansons orientales et sa musique est assez discrète. Le film est un souvenir narré par la voix off de Jean Rochefort et les thèmes mélancoliques de Nyman collent parfaitement aux nombreux flashs backs du film comme lorsque le mari se remémore son enfance à la plage ou dans le salon de coiffure. Patrice Leconte utilise la musique avec modération sans en abuser. Les premiers émois érotiques que l’enfant éprouve auprès de la coiffeuse sont illustrés seulement par les sons lointains de l’orage. La scène n’est même pas surlignée par une musique. 
Anna Galiena, la coiffeuse que Jean Rochefort épouse plus tard est un personnage plus terre à terre est moins rêveuse que son mari, comme elle l’avoue "Je n’ai gardé aucune photo de moi enfant. Je n’aime pas me voir enfant. Le temps passe trop vite."
La scène où Jean Rochefort la rencontre pour la première fois est mordante : "Bonjour", lui dit-il en rentrant dans le salon de coiffure avec son air de ne pas y toucher "vous pouvez me prendre ?" Certains passages sont parfois tellement incongrue (ahh ! cette scène érotique dans le salon avec le client) que le film semble être sortit tout droit des divagations du cerveau de Rochefort. Peut-être que dans ses souvenirs il "arrange" une certaine partie de la réalité. Le traitement de l’histoire, un peu simpliste par moment aurait pu donner lieu à un film plus réussit mais l’ensemble est tout de même fort agréable grâce notamment à la formidable prestation de Jean Rochefort… La scène où il chante en play-back sur Wadana-Wadana (on nous as envoûtés) de Ragheb Alame et sa danse saugrenue à la fin du film sur Saffak Alik (je t’applaudis) chanté par Rabab sont un grand moment !
Patrice Leconte espérait que Michael Nyman fasse la musique de son film suivant, Le parfum d’Yvonne mais après le succès de La Leçon de Piano, il s’avéra que les tarifs du compositeur devinrent assez exorbitants et le réalisateur dû se retourner vers Pascal Estève.

JULIEN MAZAUDIER

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