Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusPodcasts

EN

VOIR

PLUS

The Painted Veil  (2007)

Deutsche Grammophon (26 février 2007)
Durée : 0:51:35 | Original Score [musique originale]



Alexandre Desplat retourne aux Etats-Unis et compose pour cette fresque romantique réalisée par John Curran, avec Naomi Watts et Edward Norton.

[© Texte : Cinezik] •

The Painted Veil

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Painted Veil (3:14)
2. Gnossienne N°1 (3:19) *
3. Colony Club< (2:04)br> 4. River Waltz (Piano & Orchestra) (2:19)
5. Kitty's Theme (3:03)
6. Death Convoy (2:46)
7. The Water Wheel (6:17)
8. The Lovers (1:22)
9. Promenade (2:01)
10. Kitty's Journey (2:46)
11. The Deal (3:18)
12. Walter's Mission (3:52)
13. The Convent (0:47)
14. River Waltz (piano solo) (2:22)
15. Morning Tears (1:44)
16. Cholera (3:00)
17. The End of Love (4:31)
18. The Funeral (0:48)
19. From Shangaï to London (2:02)

* composed by Erik Satie, played by Lang Lang

Nos articles sur cette BO

Le compositeur de Jacques Audiard est en pleine ascension, avec sa nomination aux Oscars pour The Queen, puis avec son projet ambitieux Les Royaumes du Nord (trilogie de fantasy adaptés des romans de Philip Pullmann), à paraître en décembre 2007.

Alexandre Desplat signe sur ce film américain une partition de cordes légères jouant sur des atmosphères subtiles. Pour ce mélodrame situé en Chine dans les années 20, le Français a malicieusement évité la Chine, et les années 20, pour signer une musique universelle et intemporelle, qui lui a valu le Golden Globe.

Benoit Basirico

Alexandre Desplat frappe fort dès les premières secondes ("The Painted Veil") avec un motif répétitif au piano qui rappelle The Queen, avant de développer un thème sensible et sensuel aux bois. L'orchestration est éblouissante, dense et subtile. Superbe introduction pour un film romantique qui ne demandait qu'une partition intemporelle. Après la "Gnossienne n°1" d'Erik Satie, très joli morceau de piano qui s'accorde parfaitement avec le score de Desplat, le compositeur se fait plus lyrique et classique dans "Colony Club" avec un nouveau motif répétitif de cordes et de piano : Desplat joue sur les atmosphères tout en restant très classique dans cette approche hollywoodienne du film dramatique romanesque.

Dans "River Waltz", Desplat joue avec le style d'Erik Satie avec un nouveau thème de piano qui évoque ses premières partitions pour Audiard (Regarde les hommes tomber) : preuve que même au coeur d'Hollywood, Alexandre garde sa personnalité musicale. Mais progressivement, le thème est envenimé par des cordes en arrière-plan, évoquant un malaise : Desplat ne se contente donc pas de morceaux d'ambiance mais demeure dans une problématique dramatique, proche du film. "Kitty's Theme" en revanche, bien que doux et délicat, est un motif bien banal qui évoque l'ennui plus qu'autre chose, de même que "Death Convoy" reste un morceau d'ambiance sombre et inquiétant mais peu évolutif (bien que le thème d'ouverture revienne en filigranne) : après de belles entrées en matières et de nombreux thèmes esquissés, Desplat les oublie un peu rapidement ou les place en arrière-plan. Un peu dommage.

"The Water Wheel" cependant est un superbe morceau rythmé, tout en volutes, ou Desplat rythme d'abord le morceau de notes de piano effrénées avec des bois et des cordes : il évoque ici le voyage, l'émerveillement, la découverte, tout en évitant soigneusement la "musique du monde" (bien que "Morning Tears" illustre la Chine par des cordes typiques) et la musique d'époque. Desplat y introduit ensuite d'impressionnantes percussions qui permettent enfin à la la partition de prendre un peu de relief. Car du relief, c'est un peu ce qui manque précisément sur la fin du disque. Alexandre reprend parfois son thème d'ouverture de manière encore trop classique pour susciter l'intérêt de l'auditoire, s'effaçant trop souvent derrière une ambiance, même si celle-ci demeure efficace, comme dans "The Deal" et ses nappes de cordes sombres et tendues qui évoquent l'inquiétude. Heureusement, "Cholera" sort l'auditeur de sa torpeur avec un impressionnant morceau dramatique et rythmé illustrant l'épidémie, l'urgence et la fuite. Ce qui n'empêche pas l'écoute du disque d'être assez longue et fastidieuse dans son ensemble (les 50 minutes du CD ne passent pas vite).

Pour résumer, cette nouvelle partition hollwoodienne d'Alexandre Desplat est à la fois un ravissement et une déception. Ravissement d'abord parce que l'orchestration s'y fait de plus en plus subtile, et les thèmes toujours très délicats. Mais déception aussi parce que le développement dramatique est un peu paresseux et les thèmes sous-exploités sous le prétexte d'une atmosphère. La faute au film, lui-même paresseux, ou la faute à Alexandre, qui a préféré l'atmosphère à un approfondissement mélodique ? Réponse peut-être dans une prochaine interview ! En attendant, ce score se savoure avec plaisir pour tout amateur de musiques romantiques : l'ensemble reste d'excellente facture, même si on était en droit d'attendre quelque chose de plus original de la part d'Alexandre Desplat.

A mentionner tout de même : l'interprétation des parties au piano de Lang Lang, pianiste chinois surdoué, qui donne à la partition une vivacité assez exceptionnelle, très agréable à l'écoute.

Sylvain Rivaud

Fier de son succès outre-atlantique et des audaces musicales, voilà le nouveau Alexandre Desplat. The Painted Veil – le Voile des Illusions en français – est l'adaptation d'un roman de W. Somerset Maugham qui plonge un couple d'européens dans le doute et l'amour, avec comme toile de fond l'Asie des années 20.

The Painted Veil offre à Desplat un film de choix pour ses cordes tendues, ses mélodies éthérées et ses orchestrations étranges. Dès le début du CD ("The Painted Veil"), il se lance sur un morceau rythmé et puissant mélangeant percussions asiatiques et piano. Des cordes, reprenant un motif déjà vu dans Hostage, complètent le tout. On se sent en terrain connu dès l'ouverture : Desplat s'applique à créer un sentiment de malaise, tout en évitant les clichés asiatiques et romantiques d'un tel film.
Le piano reste l'instrument de prédilection du score : interprété par Lan Lan, un brillant pianiste chinois, l'instrument apparaît à de nombreuses reprises, (on pense notamment à une version solo de "The River Waltz") la plupart du temps soutenu par une nuée de cordes tantôt lyriques, tantôt rythmées. L'ambiance qu'installe Desplat est assez remarquable, que ce soit par des morceaux lents et beaux ("The River Waltz" ou "The Deal"), soit par des pistes plus rapides où prédominent les percussions et les cuivres.

The Painted Veil a le malheur de représenter assez bien le style de Desplat : pas de thème mémorable mais plus un motif qu'il dissémine sur sa partition (comme dans Syriana par exemple) et des orchestrations osées qui malheureusement, ont déjà été entendues auparavant. On peut citer par exemple Birth ou The Upside of Anger, qui sont les grosses inspirations de The Painted Veil.
Sans être des copies conformes, on retrouve des des motifs entiers et des orchestrations chers à Desplat : gammes au piano, harpe qui scande les mêmes trois notes, cuivres aériens, crescendo brutalement arrêté en pleine ascension. Ce qui dérange moins, c'est la richesse des instruments : l'orchestre est très présent, le piano est sublime et l'ajout d'instruments asiatiques sans tomber dans le cliché permet de faire passer la pilule.

Le CD faisant plus de cinquante minutes, il est évident que tout n'est pas parfait. Des morceaux comme "The Painted Veil" ou "The Water Wheel" sont de petits bijoux et les pivots de l'album. L'adjonction d'électronique, très discrètement, permet à Desplat de créer une troisième force entre la musique européenne (piano, orchestre) et la musique asiatique (violon chinois, percussions, cloches). On pense particulièrement au morceau "Cholera" où un étrange son vient créer un sentiment d'inconnu, de tension.

Sans être le score le plus original ou intéressant de Desplat, The Painted Veil offre des orchestrations brillantes qui dépeignent avec talent le drame et la douleur qui déchire le couple interprété par Naomi Watts et Edward Norton, sans tomber dans les clichés qui jalonnent la route des bonnes intentions.

Anthony Jauneaud

Autres BO du compositeur

Vos avis